1. Diplôme, labos, recrutement… Les promesses de Supinfo

Diplôme, labos, recrutement… Les promesses de Supinfo

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SUPINFO, école pionnière dans la formation de bac + 5 en informatique, connaîtrait-elle de sérieux bugs ? 2 de ses 32 sites régionaux, en conflit avec la direction de l’école, conseillent aux étudiants de ne plus s’inscrire sur le portail centralisé. La mise en place à la rentrée 2009 du e-learning à une large échelle, sans tutorat, est vivement critiquée par des étudiants sur plusieurs forums. Le président de Supinfo est par ailleurs en procès pour des contentieux financiers et sur l’utilisation abusive de la marque avec 3 des 6 franchises signées récemment. Que se passe-t-il exactement à SUPINFO ? Pour vous aider à y voir plus clair, l’Etudiant a enquêté.

L’école a-t-elle toujours les moyens de tenir ses promesses vis-à-vis des étudiants ?
Formant des informaticiens à bac +5, l’école Supinfo [via l’association Supinfo, loi 1901] délivre un titre certifié au niveau I. Il est enregistré au RNCP jusqu’en mars 2011. Une certification dont elle devra demander le renouvellement au-delà de cette date. Depuis fin 2008, la marque Supinfo n’est plus portée par l’association mais par la société Educinvest.

Autre pilier de la réputation de l’école auprès des recruteurs : ses partenariats avec les grandes entreprises informatiques (Oracle, Microsoft, IBM…). "Aujourd’hui, ces partenariats sont remis en question, constate un ancien directeur de centre. Certains partenaires les ayant dénoncés et certains autres étant vides de sens". Une inquiétude partagée par un ancien étudiant : "Le labo Microsoft n'est plus là que par sa renommée. Il n'y a plus aucun réel contenu. Les labos Java (en partenariat avec Sun) et Linux (en partenariat avec Mandriva) ont attiré peu de monde. Le laboratoire sécurité, l'an passé, a été l'un des rares à autoriser la publication d'un seul article, tandis que le laboratoire Cisco consiste en 1 ou 2 routeurs donnés par le constructeur".

Des critiques qu’Eric Le Marois, le directeur éducation et recherche de Microsoft France, balaie concernant les deux laboratoires développant ses technologies : "800 étudiants sont impliqués dans le laboratoire dotnet. Et ils utilisent la dernière version de nos plateformes SharePoint 2010. C’est un signe de dynamisme. En février 2010, sur le salon TechDays, Supinfo était très présent, avec une trentaine d’étudiants experts. Il ne faut pas se reposer sur ses lauriers, mais les laboratoires fonctionnent avant tout sur l’animation que peuvent donner les étudiants eux-mêmes."
Côté insertion, pour la directrice de Supinfo Marseille, par ailleurs sur le départ, le recrutement attendu des diplômés après leur stage reste de "100 %", avec "20 % recrutés à l’étranger". Une conséquence de la forte mobilité internationale encouragée par l’école : 500 étudiants français seraient inscrits sur ses sites étrangers.

SUPINFO, une croissance exponentielle
SUPINFO a connu ces 5 dernières années un développement très important de ses effectifs – 6.900 étudiants déclarés – et de ses implantations en France et à l’étranger (Chine, Californie, Maroc, Italie, Belgique, Royaume-Uni, Canada). Elle affiche plus d’une trentaine de sites et compte en proposer "60 à l’horizon 2012" sur son site Internet. L’école n’entend pas en rester là. Son portail annonce que "d'autres développements régionaux et internationaux sont en cours au Brésil, au Costa Rica, aux Emirats Arabes Unis, en Russie, au Danemark, au Mexique, en Espagne et en Italie."

Droit de réponse de Supinfo

A la suite de la publication de notre dossier « Que se passe-t-il à Supinfo ? », Supinfo nous a adressé le droit de réponse qui suit.

« Supinfo est un établissement d’enseignement supérieur privé fondé en 1965. L’école reconnue par l’Etat français depuis 1972, délivre un titre d’expert en informatique et systèmes d’information. Monsieur Alick Mouriesse, ancien élève de Supinfo, en est devenu le président en 1999.

Supinfo est devenue la première école d’informatique en France, à la fois par le nombre d’étudiants qu’elle forme et sa couverture nationale.

Elle innove en matière de pédagogie et d’enseignement, à travers ses laboratoires pédagogiques, son corps professoral et ses solutions technologiques comme Campus-Booster.

Nous nous développons à l’international et avons ouvert des écoles notamment en Chine, au Royaume-Uni et au Canada. L’école encourage en effet la mobilité internationale.

Une enquête TNS-Sofres d’août 2007 classe Supinfo à la troisième place des écoles d’informatique préférées des recruteurs et dans le top 20 national de toutes les écoles d’ingénieurs. Suprinfo jouit d’une excellente image auprès des entreprises, comme en témoigne le président de Microsoft France, parrain de la promotion 2006, qui la qualifie d’ « école prestigieuse ».

Depuis 2009, les établissements sont gérés en France par des entreprises franchisées, selon une répartition géographique. Si nous sommes effectivement en procès avec certains franchisés, nous démentons avoir tenu à leur égard les propos qui nous sont imputés dans cet article. »

La réponse de l’Etudiant

Letudiant.fr a bien contacté Monsieur Alick Mouriesse, président de Supinfo, avant publication de son enquête, et confirme la totalité de son enquête ainsi que les propos qui lui sont imputés.

Si nous laissons à M. Mouriesse la responsabilité de la présentation de son école au sein de ce « droit de réponse », nous devons néanmoins préciser que Supinfo n’est pas une école d’ingénieurs habilitée par la CTI (Commission des titres d’ingénieur).

Fabienne Guimont, avec Sylvie Lecherbonnier
Février 2010
Sommaire du dossier
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