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Décryptage

Formations dans le social : ce qui change avec la réforme

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Le contenu des formations du secteur social évolue légèrement avec la réforme. // © Peter Muller/plainpicture/Cultura
Le contenu des formations du secteur social évolue légèrement avec la réforme. // © Peter Muller/plainpicture/Cultura

Inscription sur Parcoursup, rapprochement avec l’université, nouveaux cours... L’Etudiant récapitule les transformations liées à la réforme des études de cinq métiers du secteur social.

Si vous envisagez de devenir travailleur social, soyez vigilant. Depuis la rentrée 2018, cinq diplômes d’État qui préparent à des métiers du secteuréducateur technique spécialisé, conseiller en économie sociale familiale (diplôme accessible à bac+2), assistant de service social, éducateur de jeunes enfants et éducateur spécialisé ont été touchés par une réforme. L’Etudiant vous explique ce qui va changer pour vous.

L’entrée sur Parcoursup

Pour les formations postbac, les traditionnelles épreuves écrites d’admissibilité des concours des écoles disparaissent. Depuis janvier 2019, les candidats doivent s’inscrire sur Parcoursup, qu’ils soient futurs bacheliers ou étudiants en réorientation. Ils sont alors évalués sur dossier et doivent passer un entretien.

Soignez donc votre dossier scolaire et votre lettre de motivation. Mais surtout, préparez-vous au mieux pour l’oral qui sera encore plus décisif. "Nous allons organiser des entretiens avec chacun des candidats positionnés sur Parcoursup", explique Nathalie Segura, la directrice adjointe à l’IMF (Institut méditerranéen de formation et recherche en travail social).

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Chaque établissement détermine ses propres modalités et critères de sélection. À l’École supérieure de travail social, à Paris, l’entretien dure 45 minutes maximum et les candidats se présentent devant un jury composé d’un formateur et d’un professionnel du champ social.

À l’Apradis, à Amiens, l’élève devra se rendre à l’oral avec son CV et un "récit autobiographique" de trois ou quatre pages, retraçant son parcours scolaire, extra-scolaire, voire professionnel, et faisant part de sa motivation.

À l’École normale sociale, l’entretien se décompose en deux parties : vous aurez d’une part à échanger avec le jury sur un article de presse et, d’autre part, à exposer votre projet professionnel et expliquer pourquoi vous souhaitez entrer dans l’établissement.

Le rapprochement avec l’université

Jusqu’à présent, seules deux des trois années des formations postbac étaient reconnues au RNCP (Répertoire national des certifications professionnelles). Désormais, la troisième l’est également. Les cinq diplômes concernés par la réforme sont ainsi passés du niveau III (bac+2) au niveau II (bac+3).

"Désormais, on admet officiellement que la troisième année que les étudiants ES [éducateur spécialisé] passent essentiellement sur leur lieu de stage est une année d'étude à part entière. L'alternance est ainsi pleinement reconnue comme une modalité de formation", assure Nathalie Segura.

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Ces diplômes ont obtenu le grade de licence permettant à leurs étudiants d’accéder plus facilement à un master s’ils le souhaitent, sans "perdre" une année à valider une licence 3. Les écoles dispensant les formations dans le domaine du social concluent des accords avec les universités qui participent d’ailleurs à l’élaboration ou à l’enseignement des modules.

De nouveaux cours

Le contenu des formations, désormais organisé en blocs de compétences, n’évoluera qu’à la marge. Il s’enrichira surtout de nouveaux enseignements. Par exemple, la réforme impose la mise en place de l’apprentissage d’une langue étrangère – même si de nombreux établissements le proposaient déjà – et des cours d’informatique et de numérique.

La réforme instaure par ailleurs un socle commun de connaissances aux cinq formations pour des personnes souvent amenées à travailler ensemble durant leur vie professionnelle. Les élèves étudient plusieurs thématiques telles que "l’histoire du travail social et des métiers", "l’éthique et les valeurs du travail social", "l’accès aux droits" ou encore "la participation et la citoyenneté des personnes accompagnées." Les élèves suivent par ailleurs des cours d’initiation à la démarche de la recherche.

De la même façon, la réforme prévoit l’apprentissage de "compétences partagées". À la fin de leur formation, les futurs travailleurs sociaux devront ainsi savoir "concevoir une intervention", "accueillir, favoriser l’expression et l’autonomie des personnes" ou encore "analyser la demande et les besoins".