1. Travailler dans le Big Data : quelles formations choisir ?

Travailler dans le Big Data : quelles formations choisir ?

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"Recherche spécialistes en Big Data". Face aux besoins croissants des entreprises, les cursus dédiés au traitement et à l’analyse de données massives fleurissent dans le supérieur. Mais quelles filières privilégier ? Nos pistes pour trouver la bonne formation.

Big Data - Réseaux informatiqueLe Big Data est aujourd'hui avant tout une spécialisation qui vous sera proposée en fin de cursus.

Si les formations bac+2 et bac+3 type BTS (brevet de technicien supérieur) et licences professionnelles continuent d'être prisées par le secteur, le Big Data fait également l'objet de spécialisations proposées aux élèves en fin de cursus, lorsque les fondamentaux ont été acquis.

"Avant de modifier les cours, le conseil d'école et le comité d'enseignement se réunissent pour valider toutes les décisions, rassure Pascal Chevalier, directeur de l'école d'ingénieurs spécialisée en statistiques Ensai. Tout en maintenant une base solide en début de formation, il est aussi de notre devoir d'introduire dans nos cursus des enseignements qui permettront à nos élèves d'être très vite opérationnels sur le marché du travail." L'établissement propose en dernière année de son cursus ingénieur une spécialisation "Statistique et ingénierie des données", particulièrement adaptée au domaine du Big Data.

L'autre grande école de statistiques, l'Ensae ParisTech, a créé à la rentrée 2013 une filière Data Science, elle aussi proposée aux élèves de troisième année. Preuve de son succès, elle concurrence les spécialités actuariat et finance de marché, traditionnellement très prisées des étudiants. "Sur six filières proposées, ‘Data Science’ réunit à elle seule un tiers de notre promotion", constate Julien Pouget, directeur de l'établissement.
 

Des spécialisation en dernière année

Autre école d'ingénieurs à avoir franchi le pas, Télécom Nancy propose depuis janvier 2014 un nouvel approfondissement dédié au Big Data. Là encore, les 500 heures de cours sont accessibles aux élèves de troisième année du cursus ingénieurs.

"Nous avons créé la maquette de cette filière en tenant compte de plusieurs éléments, explique Adrien Coulet, responsable de l'approfondissement au sein de l'établissement. Tout d'abord, quelles sont les demandes des entreprises ? Ensuite, quelles sont les compétences techniques dont doivent disposer nos élèves. Et enfin, y'a-t-il des débouchés pour eux ?" Cette dernière question n'inquiète pas l'enseignant : les étudiants ayant des compétences en analyse des données massives s'arrachent à prix d'or sur le marché du travail.

"Il n'y a aucun doute, nous faisons face à une tendance de fond"

"Il n'y a aucun doute, nous faisons face à une tendance de fond", certifie Nicolas Glady professeur associé à l'Essec et titulaire de la Chaire Accenture Strategic Business Analytics. L'établissement a intégré dans son programme Grande Ecole des cours dédiés au Big Data. "Les entreprises s'arrachent nos diplômés, assure Nicolas Glady. Ces derniers ont une double compétence, devenue aujourd'hui essentielle : à la fois technique et managériale."


Des formations spécialisés pour les jeunes pros

Pour les étudiants qui souhaiteraient aller plus loin que le bac+5, les établissements créent depuis un an des formations spécialisées. Principalement dédiées aux professionnels, elles peuvent être accessibles après deux à trois années d'expérience.

C'est le cas par exemple du mastère spécialisé Big Data : gestion et analyse des données massives (BGD) de Télécom ParisTech, créé en septembre 2013. 50 % étudiants de la première promotion sont des diplômés ingénieurs en poste depuis deux à trois ans. Les autres sont des quarantenaires en reconversion. "Il faut bien reconnaître qu'en matière de Big Data, les besoins se portent clairement sur des profils très spécialisés", reconnaît Yves Denneulin, directeur de l'Ensimag.

L'école d'ingénieurs de Grenoble INP lance à la rentrée 2014 un mastère spécialisé Big Data en partenariat avec Grenoble EM (via son école EMSI). "La nature même de ce diplôme, plus malléable et rapide à mettre en place, permet de répondre aux besoins actuels du marché, poursuit Yves Denneulin. Le diplôme d'ingénieurs, soumis à l'habilitation de la Commission des Titres d'ingénieurs est quant à lui plus rigide."
 

La recherche, pour aller jusqu'au bac+8

Pour les étudiants intéressés par la recherche, le Big Data ne manque pas de ressources. Dans un monde où tout est encore à inventer, les laboratoires et les entreprises joignent leurs efforts pour créer de nouveaux outils, toujours plus performants. Ainsi, il est possible de poursuivre ses études après un bac+5 en préparant un doctorat. La thèse Cifre, qui permet au doctorant d'être salarié d'une entreprise pendant la durée de ses recherches – et inscrit au sein d'une école doctorale – est une solution intéressante.

À l'Insa Toulouse, cette initiative est fortement soutenue par les enseignants-chercheurs. Depuis janvier 2014, un doctorant prépare sa thèse au sein de l'entreprise Dataview, qui évolue dans le secteur du e-commerce. "C'est à mon sens l'outil le plus adapté au sujet, car il permet de créer une bonne interaction entre école et entreprise, argumente Philippe Besse, enseignant au sein de l'école. Les cinq années d'études d'ingénieurs sont souvent un peu justes pour se pencher sur des sujets de pointes. Le doctorant peut attaquer quant à lui de vrais problèmes de fond."