1. Élections législatives 2017 : qui sont les étudiants candidats ?
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Élections législatives 2017 : qui sont les étudiants candidats ?

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Elles sont étudiantes mais veulent devenir députées. Leur destin se joue les 11 et 18 juin 2017 aux élections législatives. (de gauche à droite : Thyphanie, Doriane et Émilie) // © Photos fournies par les témoins
Elles sont étudiantes mais veulent devenir députées. Leur destin se joue les 11 et 18 juin 2017 aux élections législatives. (de gauche à droite : Thyphanie, Doriane et Émilie) // © Photos fournies par les témoins

267 étudiants sont candidats à un siège de député pour les élections législatives des 11 et 18 juin 2017. Pour l'Etudiant, trois d'entre eux évoquent leur parcours et leurs projets s'ils étaient élus.

La future Assemblée nationale prendra-t-elle un coup de jeune ? 267 candidats inscrits sous le statut d'"étudiant" ont été investis pour les élections législatives des 11 et 18 juin 2017. Soit 3,4 % de l'ensemble des 7.882 prétendants députés. Ce chiffre est en progression par rapport aux dernières législatives où les étudiants représentaient 2,8 % des candidats.

La parité est presque atteinte puisque 48 % des candidats étudiants sont des étudiantes. Par ailleurs, 45 % le sont sous la dénomination "divers", qui regroupe des candidats sans étiquette aux sensibilités très diverses comme le Parti pirate, le Parti socioprofessionnel, mais aussi Allons Enfants, parti des jeunes de 18-25 ans.

Du côté des formations politiques plus "traditionnelles", La France insoumise a investi 27 candidats étudiants, les divers droite 20, les Écologistes 18, les Républicains 3 et le Parti socialiste 2. Le FN a investi 6 % d'étudiants avec 16 candidats. En revanche, le MoDem et l'UDI n'en présentent aucun. Et petite surprise : La République en marche ne présente qu'une seule candidate étudiante. À noter : aucun des candidats étudiants n'exerçaient jusqu'ici de mandat de député.

LREM : Typhanie Degois, les problématiques étudiantes, mais pas que

Pour Typhanie Degois, candidate La République en marche en Savoie, la politique n'est pas complètement une nouveauté. Il y a quelques années, en parallèle de ses études de droit à Assas, l'étudiante de 24 ans a adhéré à l'UDI le temps d'une année. Puis en 2015, convaincue par le projet de loi "assez révolutionnaire" sur l'économie d'Emmanuel Macron, la jeune femme s'investit dans le collectif Les jeunes avec Macron.

Typhanie revient alors en Savoie où elle achève son master de droit international, effectue son stage, entame la préparation de l'examen d'avocat. En janvier, elle apprend "avec surprise" son investiture dans la première circonscription de Savoie face au poids lourd Dominique Dord, député sortant Les Républicains, le maire d'Aix-les-Bains et président de la Communauté d'agglomération.

Depuis, tout est question d'organisation, même si elle a dû mettre son stage et la préparation au concours entre parenthèses ces dernières semaines. "Je suis bénévole dans des associations donc j'ai l'habitude de faire 1.000 choses à la fois ! Mais cela fait quand même trois semaines que je n'ai pas ouvert un livre de droit", sourit-elle.

Souhaite-t-elle porter les problématiques étudiantes durant son mandat ? Elle les poussera sans s'y cantonner, dit la jeune femme qui est la seule étudiante investie de LREM. "À l'université, par exemple, on doit former des personnes qui savent pourquoi elles font telles ou telles études, elles doivent connaître les débouchés derrière. Trop souvent les formations ne correspondent pas aux attentes sur le marché du travail." Et si elle n'est pas élue ? "J'aurai appris plein de choses sur le droit électoral, dit-elle en riant. L'avantage quand on vient de la société civile, c'est qu'on reprend sa vie là où on l'a laissée !"

La France insoumise : Émilie Chalard veut lutter contre la précarité étudiante

Étudiante en deuxième année de master en arts plastiques à distance à Montpellier 3 (Paul-Valéry), Émilie Chalard est, à 25 ans, la candidate de La France insoumise pour les législatives sur la quatrième circonscription de la Dordogne. Si Émilie est née dans une famille d'une sensibilité très à gauche, son engagement auprès du parti de Jean-Luc Mélenchon est très récent. "J'ai un ami militant qui m'a dit que qu'ils cherchaient une jeune femme pour être candidate. J'ai lu le programme de Mélenchon et je me suis dit, c'est carrément moi ! J'ai mis un mois et demi à déposer ma candidature en décembre 2016, essentiellement à cause de mes études."

Son atout face à ses adversaires : son expérience de la précarité étudiante. "J'ai souvent eu à choisir entre manger et me soigner, dit-elle. Contracter des prêts bancaires, travailler en parallèle des études, c'est une cause d'échec, tout le monde le sait", dit-elle, plaidant pour la mise en place de l'allocation d'autonomie pour les jeunes proposée par La France insoumise. Autre point positif pour Émilie : "Ce que je vis actuellement nourrit mes recherches, j'ai même trouvé l'ouverture de mon mémoire en tractant sur un marché !"

Front national : Doriane Albarao milite pour la réussite au mérite

À 21 ans, Doriane Albarao, candidate FN dans la deuxième circonscription du Tarn, n'en est pas à sa première campagne. En 2015, à tout juste 18 ans, sa carte d'adhésion en poche, elle était candidate aux élections départementales sur le canton de Mazamet, avant d'être à nouveau candidate quelques mois plus tard sur la liste FN aux élections régionales en Occitanie. "J'avais un membre de ma famille au FN (son grand-père, Jean-Paul Piloz, est secrétaire départemental dans le Tarn), mais au début de l'adolescence, je ne m'y intéressais pas particulièrement. En 2015, voyant qu'il n'y avait personne pour représenter les jeunes, je me suis lancée."

Actuellement en L2 de droit à l'Institut universitaire Champollion à Albi, la jeune femme de 21 ans se dit préoccupée par "l'avenir des jeunes". Très opposée au tirage au sort, la candidate milite pour une sélection au mérite ou sur dossier à l'entrée à l'université, et une revalorisation des filières "sous-évaluées où pourtant il y a du travail" évoquant le secteur de l'hôtellerie.

Autre proposition qui lui tient à cœur : la suppression du numerus clausus, pour cette étudiante qui a échoué en PACES (première année commune aux études de santé), avant ses études de droit. Si Doriane est élue, elle poursuivra ses études, mais prévoit d'effectuer sa licence sur quatre ans. "Il y a de plus en plus de jeunes qui se lancent en politique, et tout comme pour les jeunes qui travaillent à côté de leurs études, il faudra trouver des aménagements pour concilier les deux !", souhaite-t-elle.