1. Enseignement supérieur : quelles sont les filières les plus sélectives ?
Décryptage

Enseignement supérieur : quelles sont les filières les plus sélectives ?

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On compte plus de places disponibles en première année de licence que de premiers vœux : l'inverse d'une formation sélective. // © Phovoir
On compte plus de places disponibles en première année de licence que de premiers vœux : l'inverse d'une formation sélective. // © Phovoir

On mesure le niveau de sélection d'une formation en comparant la quantité de candidatures reçues et le nombre de places disponibles. En tête : les BTS pour les formations courtes, les écoles d'architecture et d'art pour les bac+4/5. L'analyse de Séverine Maestri, extraite de son ouvrage “Réussir sa candidature pour entrer en filière sélective”.

“Élitiste” pour certains, “issue du bon sens” pour d'autres : la sélection existe dans toutes les filières de l'enseignement supérieur. Admise depuis toujours dans notre esprit pour les écoles privées, elle existe aussi dans les filières publiques : dans les écoles spécialisées postbac (d'architecture, d'art…), les BTS et les DUT en deux ans après le bac, les licences professionnelles (après un bac+2), les masters 2 (après un bac+4), les grandes écoles (de commerce, d'ingénieurs, les IEP [Institut d'études politiques], etc.). La sélection peut avoir lieu sur dossier scolaire, entretien, tests, concours.

On mesure le niveau de sélection au “taux de pression”, un indicateur de la difficulté à intégrer une formation. Il s'agit du nombre de formations demandées en premier vœu sur APB par rapport aux places disponibles dans cette même formation. Cela donne un pourcentage de chances d'être admis. “Pour moi, une formation qui reçoit 150 candidatures et en accepte 120 n'est pas une formation sélective, explique une responsable de DUT. Cela contraint à accepter tous ceux qui se présentent.”

Les écoles d'architecture sont les plus difficiles à intégrer

À bac+2/3, les BTS sont les formations les plus sélectives avec une trentaine de places en moyenne. Viennent ensuite les DUT et les classes prépa. La première année de licence est accessible à tous ceux qui s'inscrivent (on compte même plus de places disponibles que de premiers voeux).

Pour les formations longues, à bac+4/5, la palme de la sélectivité revient aux écoles d'architecture, puis aux écoles d'art, d'ingénieurs, de commerce et aux autres formations (formations universitaires, écoles diverses…).

De nombreux paramètres sont également à prendre en compte car le nombre de dossiers peut varier de quelques dizaines à plusieurs milliers selon la popularité de la formation. Logiquement, plus la formation est reconnue, plus les critères de sélection sont drastiques.

La sélection est aussi financière

Le premier mode de sélection est financier. Les frais de scolarité des écoles privées les plus chères peuvent dépasser les 10.000 € par an, ce qui constitue un investissement pour les familles et demeure inaccessible pour certains boursiers. Cela ne signifie pas pour autant qu'il n'y ait aucune autre sélection, et coût élevé ne rime pas forcément avec excellence. Une chose est sûre : un prix élevé constitue une bonne motivation pour réussir ensuite ses études !

À l'inverse, certaines formations universitaires réputées n'excèdent pas 500 € l'année (auxquels s'ajoutent un peu plus de 200 € de Sécurité sociale).

Valorisante pour les écoles et stimulante pour les étudiants

La sélection est valorisante pour les formations comme pour les étudiants, les critères sont les mêmes pour tous et chacun part avec un potentiel de réussite identique.

Pouvoir choisir ses candidats parmi les plus motivés et les plus brillants est un luxe pour de nombreuses formations, ce qui leur assure une réputation d'excellence. Et pour un étudiant, faire partie des 120 reçus dans un DUT que 3.000 candidats espéraient intégrer est source de fierté. Fini la peur d'échouer, d'être écarté de la formation ; la sélection devient, non plus un obstacle, mais une chance permettant d'accéder à la formation choisie.

“La seule question qui taraude un examinateur (qui est aussi un enseignant de la formation) est celle-ci : ‘Est-ce que ce jeune va progresser et a des chances d'obtenir son diplôme si je le choisis ?’”, explique Corinne Rouvier-Desportes, responsable d'un DUT TC en apprentissage à l'université de Montpellier. Sélectionner un élève tout en sachant qu'il va échouer, c'est risquer de briser sa confiance en lui, tout en faisant perdre la place à quelqu'un qui aurait peut-être réussi.

Sélectionner n'est pas piéger

Les responsables de formation n'ont qu'un seul désir : mener leurs étudiants jusqu'au diplôme. Ces derniers doivent prouver qu'on a eu raison de les choisir et les enseignants mettent tout en œuvre pour assurer leur réussite. Comme le souligne Thierry Dupuich, responsable du développement et des concours du programme Bachelor à Montpellier Business School (groupe Sup de Co Montpellier) : “Nous ne sommes pas là pour les déstabiliser, nous sommes là pour retirer un maximum d'informations et nous les plaçons dans une situation de confort car ce n'est pas en les déstabilisant que l'on va réussir à être constructif avec eux.”

“Le jour où j'ai été convoquée à l'entretien oral pour l'admission à l'EBP International, raconte Julie, 17 ans (qui a intégré cette école), j'ai été accueillie par des élèves de première, deuxième et troisième années. Ils m'ont prise, comme tous les autres candidats, sous leur aile et m'ont accompagnée jusqu'à la salle d'entretien après m'avoir proposé du thé et du café.”

Les examinateurs cherchent à déceler des profils à potentiel et proposent parfois des aides pédagogiques ou méthodologiques une fois les étudiants admis dans la formation. Laurence Falgoux, responsable d'un BTS tourisme au lycée de Chamalières, explique qu'en raison de la diversité des profils recrutés pour ce BTS, tous ne sont pas au même niveau : “Nous mettons en place pour les bacs pro des heures supplémentaires en français et méthodologie pour leur apprendre à s'organiser dans leur travail. Et puis si certains obtiennent leurs BTS en trois ans ce n'est pas grave, l'essentiel est qu'ils réussissent.”

POUR ALLER PLUS LOIN
À découvrir aux Éditions de l'Etudiant :
Réussir sa candidature pour entrer en filière sélective”,
par Séverine Maestri.