1. Un fablab dans mon école ou dans ma fac : mais au fait, ça me sert à quoi ?
Enquête

Un fablab dans mon école ou dans ma fac : mais au fait, ça me sert à quoi ?

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Qu'ils s'appellent fablab, campuslab ou autres faclab, ils fleurissent sur les campus. Mais que s'attendre à trouver quand on pousse la porte de ces "laboratoires de fabrication", concept né dans les années 1990 à l’initiative du prestigieux MIT (Massachusetts Institute of Technology) avec pour règle absolue le partage de connaissances ? Bien plus qu'à de simples ateliers de bidouille réservés aux geeks… Voici quatre raisons de vous convaincre d'y aller.

Fablabs : 4 raisons d'y aller

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  • Le fablab de Centrale Marseille. // © PXC-Marseille
    Le fablab de Centrale Marseille. // © PXC-Marseille
  • Au FacLab de l’Université de Cergy-Pontoise. // © Bertrand Desprez pour L'Étudiant
    Au FacLab de l’Université de Cergy-Pontoise. // © Bertrand Desprez pour L'Étudiant
  • Au fablab de l’IUT de Bordeaux, les collégiens et lycéens sont reçus régulièrement. // © Association Cohabit
    Au fablab de l’IUT de Bordeaux, les collégiens et lycéens sont reçus régulièrement. // © Association Cohabit
  •  // © Pole Léonard-de-Vinci
    // © Pole Léonard-de-Vinci
  • Fablab de l’Université Pierre-et-Marie-Curie // © PMClab
    Fablab de l’Université Pierre-et-Marie-Curie // © PMClab
  • Au CampusFab de l’Université Paul-Sabatier de Toulouse. // © Campus Fab
    Au CampusFab de l’Université Paul-Sabatier de Toulouse. // © Campus Fab
  • Fablab à Telecom Bretagne // © Télécom Bretagne
    Fablab à Telecom Bretagne // © Télécom Bretagne
  • Le fablab de Centrale Marseille. // © PXC-Marseille
  • Au FacLab de l’Université de Cergy-Pontoise. // © Bertrand Desprez pour L'Étudiant
  • Au fablab de l’IUT de Bordeaux, les collégiens et lycéens sont reçus régulièrement. // © Association Cohabit
  •  // © Pole Léonard-de-Vinci
  • Fablab de l’Université Pierre-et-Marie-Curie // © PMClab
  • Au CampusFab de l’Université Paul-Sabatier de Toulouse. // © Campus Fab
  • Fablab à Telecom Bretagne // © Télécom Bretagne
  • À Centrale Marseille

    L’école d’ingénieurs marseillaise dispose de son fablab, situé au cœur de l’établissement. Le lieu accueille les étudiants, mais aussi des personnes extérieures, qui peuvent utiliser les machines à condition de payer une petite location. Une façon de financer la structure.

  • À l’université de Cergy-Pontoise

    Tous les projets sont possibles, dans un fablab ! Au FacLab de l’université de Cergy-Pontoise, on planche aussi bien sur un système autonome d’arrosage de plantes que sur une nouvelle veste intelligente pour faire du vélo en toute sécurité.

  • À l’IUT de Bordeaux

    Au fablab de l’IUT de Bordeaux, les collégiens et lycéens sont reçus régulièrement. Le but : les ouvrir aux matières scientifiques de manière ludique et concrète.

  • Au Pôle Léonard-de-Vinci

    Machine phare des fablabs, l’imprimante 3D permet d’imprimer en trois dimensions un objet préalablement dessiné sur ordinateur. Le nouveau fablab du Pôle Léonard-de-Vinci, qui réunit une école de commerce (l'EMLV), une école d’ingénieurs (l'ESILV) et une école d’informatique (l'IIM), en dispose ainsi de plusieurs.

  • À l’université parisienne Pierre-et-Marie-Curie

    Créé en 2013, le fablab de l'UPMC sert aussi bien aux enseignants qu’aux étudiants. En 2014, le lieu a accueilli une compétition de drones, baptisée "Game of Drones".

  • À l’université Paul-Sabatier de Toulouse

    Au CampusFab de l’université Paul-Sabatier de Toulouse, des chercheurs en archéologie utilisent régulièrement les imprimantes 3D dans le cadre de leurs travaux pour reconstituer entre autres des ossements de primates.

  • À Télécom Bretagne

    À l’école d’ingénieurs Télécom Bretagne, les étudiants les plus impliqués dans le projet fablab peuvent se voir attribuer des crédits ECTS.

undefinedAu fablab de l'école d'ingénieurs Centrale Marseille. // © PXC-Marseille

undefinedLES FABLABS EN IMAGES : cliquez ici pour accéder au diaporama

Avez-vous "l'esprit fablab" ? Depuis quelques années apparaissent partout en France des ateliers de fabrication numérique, dits fablabs, où chacun peut aller fabriquer ses propres objets ou tout simplement apprendre à manipuler une imprimante 3D, une découpe laser ou encore une machine à coudre.

Si ces structures sont souvent associatives, les établissements d'enseignement supérieur sont de plus en plus nombreux à ouvrir leur propre espace, pour permettre à leurs étudiants de se confronter à de nouveaux outils et de parfaire leurs connaissances de manière moins académique qu'au cours de leur formation. Voici de quoi vous convaincre d'en pousser la porte.

1. Un lieu où règne l'ouverture d'esprit

Vous voulez concevoir un drone ? Fabriquer un nouveau guidon pour votre vélo ? Créer une table basse pour votre studio ? Le fablab est fait pour vous ! Hébergé au cœur des établissements, souvent dans une ancienne salle de classe réaménagée pour l'occasion, l'atelier de fabrication abrite tout un lot de machines, allant de la scie circulaire à la fraiseuse à commande numérique, en passant par la très courue imprimante 3D. Cet outil "tendance" permet de fabriquer rapidement un objet en trois dimensions grâce à du plastique chauffé et déposé sur un socle grâce à un bras guidé par ordinateur. Le premier fablab de l'enseignement supérieur a été créé à l'université de Cergy-Pontoise en 2012. Depuis, d'autres universités et écoles d'ingénieurs se sont lancées dans l'aventure, offrant à leurs étudiants du matériel de pointe.

Mais au-delà de tout l'équipement technique mis à votre disposition, vous découvrirez avant tout dans ces lieux un esprit particulier, incarné par une charte écrite par le MIT. La célèbre université scientifique américaine a tenu à rappeler plusieurs principes, pour structurer le phénomène. Ainsi, le fablab doit être un lieu ouvert à tous. De plus, les projets qui y sont menés doivent être documentés et accessibles au public. Si vous concevez une cafetière, les plans de cette dernière devront être mis en ligne sur le site du fablab. Le but ? Qu'un utilisateur installé à l'autre bout du monde puisse fabriquer lui-même l'objet. Voire l'améliorer !

2. Ici, vive le "learning by doing" !

Dans un fablab, pas de cours théorique ou académique. Ici, place au "learning by doing" (apprendre en faisant). Grâce à des horaires d'ouverture très souples, les étudiants peuvent venir travailler sur leurs projets à n'importe quelle heure du jour... ou de la nuit ! À l'UTC (Université technologique de Compiègne), les portes sont ouvertes de 9 heures à 22 heures. "Certains étudiants viennent réparer une paire de chaussures de course, d'autres une pompe à vélo, énumère Killien Dalle, président de la structure et élève-ingénieur inscrit en troisième année. D'autres viennent travailler sur des petits prototypes pour apprendre à manipuler les machines."

Certains enseignants intègrent quant à eux les équipements du fablab dans leurs cours. C'est le cas à Télécom Bretagne, où les futurs ingénieurs doivent créer eux-mêmes une antenne relais, pour bien comprendre toute la théorie apprise en cours autour du concept de transmission des ondes. À l'UPMC (Université Pierre-et-Marie-Curie), le fablab, baptisé PMClab, est utilisé dans le cadre de plusieurs UE (unités d'enseignement). En première année, les ARE (ateliers de recherche encadrés) donnent accès à 6 crédits ECTS (European Credit Transfer System). "Le but est vraiment d'apprendre en créant, atteste Nil Samar, étudiant en biologie et l'un des responsables du fablab. À l'université, les connaissances théoriques sont immenses. Ce lieu permet aux élèves de trouver des applications concrètes à ces savoirs, pour mieux se les approprier."

3. On y fait des rencontre enrichissantes

Au CampusFab, installé au coeur de l'université Paul-Sabatier de Toulouse (31), les étudiants peuvent rencontrer des chercheurs. Ainsi, une jeune doctorante est venue imprimer en 3D une oreille interne de primate, dans le cadre de sa thèse. "Partager des choses, provoquer les rencontres, mélanger les personnes aux horizons différents... C'est là tout l'intérêt d'un fablab, note Véronique Gaildrat, chargée du projet au sein de l'établissement. Il m'est déjà arrivé qu'un étudiant m'apprenne à utiliser une machine. Je trouve ça très enrichissant, et les relations qui se créent sont très respectueuses."

Au FacLab de l'université de Cergy-Pontoise, il n'est pas rare de voir se croiser des amateurs de couture et des férus de sculpture sur bois. "L'imprimante 3D est loin d'être la seule machine présente dans un fablab", rappelle Laurent Ricard, cofondateur des lieux et responsable pédagogique de la licence professionnelle développeur web et web mobile. La structure propose régulièrement des ateliers organisé par les habitués. "C'est tout l'intérêt du lieu : chacun vient apprendre mais doit accepter en échange de transmettre son savoir, de donner un peu de son temps", note Laurent Ricard.

4. De quoi participer à la vie étudiante de votre établissement

Si certains fablabs ont été créés à l'initiative des directions d'établissement, d'autres sont gérés directement par les élèves, comme le sont les associations sportives et culturelles. C'est le cas à l'École centrale de Marseille : le fablab est né grâce à un projet étudiant de troisième année... Puis a perduré : chaque année, les élèves de première année ont en charge la gestion et le développement des lieux. "L'esprit de notre fablab se veut très bricolage, explique Romain Vallon, président de la structure. La direction nous soutient, mais elle nous laisse très libres quant à nos envies et nos ambitions."

Les jeunes apprennent à gérer un budget, à répondre à un appel à projets pour trouver des fonds mais aussi à démarcher les entreprises pour créer des partenariats... "Cette organisation est une force, reconnaît Killien Dalle, de l'UTC. Les élèves qui sont impliqués dans le projet sont extrêmement motivés." Et pour récompenser cette implication et cette motivation, certains établissements vont même jusqu'à délivrer des crédits ECTS aux étudiants. C'est le cas à Télécom Bretagne.

Les fablabs et la charte MIT
Pour définir un fablab et permettre aux structures de rejoindre le réseau créé par le MIT, l’établissement américain a établi une charte, qui liste les grands principes devant être respectés par les lab se revendiquant fablabs. Parmi les points essentiels :
• l’ouverture à tous les publics, sans aucune restriction.
• l’apprentissage par les pairs. Les utilisateurs se forment entre eux, en fonction de leurs propres connaissances et compétences.
• les objets développés dans les fablabs doivent pouvoir être reproduits à l'identique à l'autre bout du monde, grâce aux plans mis en ligne et disponibles pour tous.

À lire aussi sur EducPros : Les faclabs ou la pédagogie de la bidouille.

DIAPORAMA :
UN FABLAB, ÇA RESSEMBLE À QUOI ?