1. « J'hésite entre géographie et psychologie »

« J'hésite entre géographie et psychologie »

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En terminale ES, spécialité sciences économiques et sociales, Damien hésite entre deux filières universitaires : géographie ou psycho. Laquelle de ces deux voies lui permettrait de se préparer au concours de lieutenant de sapeurs-pompiers, tout en se gardant des portes ouvertes ?

« Depuis l’âge de 6 ans, je suis fasciné par le métier de pompier, et ce rêve de petit garçon s’est peu à peu transformé en véritable vocation », raconte Damien, 18 ans. D’abord jeune sapeur-pompier (JSP) pendant quatre ans, le jeune homme a effectivement prolongé son engagement en devenant sapeur-pompier volontaire.
Lorsqu’il se projette dans l’avenir, Damien reste ouvert à des professions éloignées de sa passion comme prof d’histoire-géo ou conseiller principal d’éducation, mais, au fond, il espère pouvoir devenir lieutenant de sapeurs-pompiers professionnels. « J’aimerais beaucoup encadrer une équipe et diriger les interventions. Je n’ai pas peur des responsabilités et je suis organisé. » Mais pour réaliser ce projet, Damien, récemment entré de justesse en terminale ES, au lycée Saint-Étienne à Sens (89), doit d’abord avoir son bac. Il est parfaitement conscient des efforts à fournir cette année, surtout en mathématiques, sa bête noire…

Aider les autres

Malgré des résultats moyens, Damien est un élève sérieux.  « J’aime bien ce qu’on étudie au lycée, déclare-t-il. En plus, dans ma classe, les profs sont sympas et l’ambiance est bonne, alors ça motive ! » Pour le jeune homme, la vie sociale est essentielle. « Je n’hésite jamais à prendre le temps d’écouter un ami et j’essaie toujours de le comprendre. » Un altruisme très utile pour la carrière qu’il envisage…
Le concours externe de lieutenant de sapeurs-pompiers est accessible à bac + 3. Damien, qui comptait entrer en DUT HSE (diplôme universitaire de technologie hygiène, sécurité, environnement) ouvert aux bacheliers S, STL ou STI, a dû revoir ses plans lorsque ses demandes d’admission en première STI et STL ont été refusées. « Je n’avais pas un mauvais dossier, mais je n’étais pas prioritaire, commente-t-il. J’ai donc poursuivi dans une filière générale et ça me plaît beaucoup ! » Après son bac, Damien hésite maintenant entre deux cursus généralistes : une licence de géographie ou une licence de psychologie.

Psycho : une formation pluridisciplinaire

Selon Damien, ses lectures de magazines ou d’ouvrages ayant trait à la psychologie ou à la psychanalyse ont motivé son envie de faire des études de psycho. De plus, il a l’habitude de jouer le rôle de confident et pense aussi détenir certaines qualités utiles pour réussir dans la filière. Mais il s’est pour l’instant peu renseigné sur le contenu réel des cours et sur les débouchés.
À l’université Paris 5, beaucoup d’étudiants de première année « mal informés sur la filière ont une grosse surprise en prenant connaissance du programme, déplore Jean-Yves Bertholet, directeur de la licence à Paris 5. Ils ont tendance à se représenter la psychologie telle qu’elle est véhiculée dans les médias et à la limiter à leurs cours de philo de terminale sur la psychanalyse. » La licence de psychologie est en fait une véritable formation pluridisciplinaire qui recouvre divers courants (psychologie clinique, cognitive, différentielle, sociale ; psychopathologie, psychologie du développement) et comporte aussi des statistiques, de l’informatique, de la neurobiologie et de l’anglais.

Très peu de débouchés

Si aucune sélection n’est pratiquée à l’entrée, les résultats des étudiants mettent en lumière certaines réalités. Les titulaires d’un bac techno ou professionnel essuient ici un fort taux d’échec alors que ceux qui ont un bac général s’en sortent bien, y compris les littéraires. « À Paris 5, on constate que les titulaires du bac S suivis des ES ont le meilleur taux de réussite en L1, note Jean-Yves Bertholet. Mais en L3, les L reprennent l’avantage. »
L’objectif des études de psychologie est de mener au bout de cinq ans d’études (licence + master) au titre de psychologue. Or, Damien songe plutôt à s’arrêter à la licence pour passer des concours. De plus, la licence de psycho ne figure pas dans les diplômes recommandés pour tenter le concours de lieutenant. « Même si je peux faire valoir mon expérience professionnelle, je serai moins bien préparé. »
La licence sciences humaines et sociales, mention géographie – un des diplômes requis pour passer le concours de lieutenant de sapeurs-pompiers –, ne présente pas cet inconvénient. « En plus, ces études me permettent de combiner mes matières préférées : l’histoire-géo et l’économie », ajoute Damien. L’université de Bourgogne (Dijon) compte une centaine d’étudiants en première année. « Les plus nombreux sont les bacheliers ES (50 %) et les S (25 %). Ensuite, viennent les STT (15 %), alors que les L sont de plus en plus rares », signale Bruno Jeannelle, responsable de la cellule statistiques à l’université de Bourgogne.

Moins d’échecs en géographie

Au programme, géographie physique (climats, reliefs…), géographie humaine et de l’aménagement (population, organisation de l’espace, urbanisme…) et une langue vivante. À ce tronc commun s’ajoutent les options aménagement et développement local, et enseignement géographie-histoire. Autre atout pour Damien : les effectifs réduits permettent de donner une place essentielle aux travaux dirigés.
Finalement, c’est le degré de sélectivité de la filière qui finit par le convaincre. À Dijon, environ 58 % des étudiants de géographie entrés en 2004-2005 sont passés en deuxième année après une seule année de L1 (contre 52 % en psychologie), et près de 51 % devraient obtenir leur licence au bout de trois ans d’études contre à peine 40 % en psychologie. « J’ai déjà de bonnes bases en géographie et en économie alors que tout est nouveau en psycho, explique Damien. Et puis, la géo me donne toutes les chances de devenir lieutenant ! »

Ses notes

Bac de français : 12/20 à l’écrit, 10/20 à l’oral. Je suis un peu déçu.
Épreuves anticipées, enseignement scientifique : 9/20. Je n’ai pas répondu à l’une des questions, notée sur six points.
Sciences économiques et sociales : 10/20. Ça me permet de comprendre de nombreux sujets d’actualité.
Maths : 6/20. Je ne suis jamais tombé aussi bas.
Histoire-géo : 10,5/20. Je préfère la géo qui aborde des sujets liés à l’aménagement du territoire.
Anglais : 11,5/20. Je préfère l’oral.


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