Les universités catholiques délivrent-elles les mêmes diplômes que les universités publiques ?

Par Céline Manceau, publié le 28 Octobre 2013
3 min

Les universités catholiques sont sélectives et… payantes. Une première année de licence peut coûter jusqu'à 5.000 € (c'est moins de 200 € dans une université publique). Et pourtant ! Elles attirent de plus en plus les bacheliers. Vous hésitez à vous inscrire dans l’une d’entre elles ? Pour mieux connaître ces établissements, voici les réponses à toutes les questions que vous vous posez.

Les universités catholiques préparent aux mêmes diplômes que les universités publiques (licences et masters) mais… n’ont pas la possibilité de délivrer ces diplômes. Deux solutions existent pour que leurs étudiants puissent les obtenir.

 
Signer une convention ou passer par un jury rectoral

 

Pour signer une convention, l’établissement doit se mettre d’accord avec une université, c'est souvent la plus proche géographiquement. Et pratiquement renégocier à chaque changement de président, puisque la durée des conventions est de 3 ans.

La mise en place d’un jury rectoral est une démarche parfois plus simple, même si le ministère de l’Enseignement supérieur préconise la première solution. Une première solution à la fois morale et financière. Morale car les cours et examens se déroulent dans l’université catholique, sous le contrôle d’une commission composée en général de représentants des deux universités. Et financière car les universités catholiques reversent de l’argent à l’université publique partenaire (30 € par étudiant à Lille, 81 € par étudiant à Angers, le coût d’une inscription à l’université par étudiant à Lyon, soit 183 € à la rentrée 2013).

La part de conventions et de jurys rectoraux est très variable d’une université à l’autre. À Angers, presque tous les diplômes de licences et masters font l’objet d’une convention, tout comme à Lille où les partenaires sont les universités régionales pour la médecine (Lille 2 ), pour les sciences et l'économie (Lille 1) et pour les sciences humaines et sociales (Artois et Littoral) ; seul le droit est sous convention avec Toulouse. De son côté, l'université catholique de La Roche-sur-Yon, passe par un jury rectoral pour toutes licences, hormis celles de sciences (maths/physique, biologie), sous convention avec l'université de La Rochelle.

À noter, si une université catholique veut créer une nouvelle licence originale (comme une bi-licence), elle va négocier directement avec le ministère de l'Enseignement supérieur, mais si elle veut ouvrir une licence dans un domaine existant déjà (une filière droit par exemple), elle devra soit signer une convention avec une université publique, soit passer par un jury rectoral.

Des cursus canoniques et profanes
Si elles ne délivrent pas, en leur nom, des licences, des masters, ou des doctorats, les universités catholiques peuvent délivrer, si elles le souhaitent, leurs propres diplômes (non reconnus par l’État).
Ces diplômes peuvent être délivrés pour des cursus dits profanes (en lettres, sciences économiques, etc.) qualifiés ainsi car ils se différencient des cursus canoniques proposés par les facultés de théologie. Ces cursus canoniques débouchent sur 3 diplômes reconnus par l’église : le baccalauréat canonique (qui se prépare en 5 ans) suivi de la licence canonique (2 ans), puis du doctorat canonique.
Ces 3 diplômes sont également reconnus par l'État français depuis décembre 2008, suite à un accord signé entre le ministère des Affaires étrangères et le Saint-Siège.


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