1. Accompagnement vers l’emploi des étudiants : où en sont les facs ?
Enquête

Accompagnement vers l’emploi des étudiants : où en sont les facs ?

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Qui dit études à l’université ne dit pas forcément – et de moins en moins – absence de contact avec les recruteurs. Avec la loi LRU (relative aux libertés et responsabilités des universités), les facs ont une mission d’orientation et d’insertion professionnelle. Concrètement, que proposent-elles aux étudiants pour mieux se préparer à l’entrée sur le marché du travail ?

La première enquête nationale d’insertion professionnelle rendue publique en octobre 2010 par le ministère de l’Enseignement supérieur l’affirme : 91,4 % des titulaires d’un master occupent un emploi 30 mois après le diplôme. De son côté, l’APEC (Association pour l’emploi des cadres), dans sa dernière enquête*, constate que l’insertion des étudiants en lettres, langues et sciences humaines et sociales (a priori les moins professionnalisés) est plutôt satisfaisante : 1 an après leur master, 65 % des diplômés en sciences humaines sont en emploi, presque autant que les diplômés en informatique, télécommunications, technologies multimédia (70 %). Jacky Chatelain, directeur général de l’APEC, est effaré par ce qu’il entend sur l’insertion professionnelle à l’université. "La télévision et la radio donnent une vision apocalyptique de la situation des jeunes diplômés. C’est n’importe quoi, ils ne sont pas lâchés dans la nature après l’université. Ils doivent avoir confiance dans les études qu’ils font."

 

L’obligation d’avoir un BAIP prise au sérieux

 

Toutes les universités préparent-elles aussi bien à l’insertion professionnelle de leurs étudiants ? "Depuis la loi LRU (libertés et responsabilités des universités) et la nouvelle mission des universités, il n’y a plus une seule université qui ne bouge pas. C’est positif, se réjouit Christian Darantière, directeur délégué de l’AFIJ (Association pour faciliter l’insertion professionnelle des jeunes diplômés). Certaines se contentent du minimum, mais c’est toujours mieux que de ne rien faire du tout." Les BAIP (bureaux d’aide à l’insertion professionnelle) foisonnent. Pour les universités qui proposaient déjà de véritables structures dédiées à l'emploi, leur mise en place a été une simple formalité, car leur politique de professionnalisation et leurs partenariats avec des entreprises ne datent pas d’hier.

 

L’appui de l’APEC et de l’AFIJ
 

Dans leur recherche de liens avec les entreprises, les universités font appel à des partenaires extérieurs, comme l’APEC ou l’AFIJ. "Nos rapports ont bien changé avec les universités", se réjouit Jacky Chatelain. Au total, l’association gère près de 40 partenariats.


Des partenariats "à la carte". "Nous avons établi des conventions avec les universités et nous travaillons à la carte, explique Christian Darantière de l’AFIJ. Nous proposons notamment des ateliers de rédaction de CV et de lettres de motivation. Nous mettons en place des interfaces entre jeunes diplômés et recruteurs. Nous pouvons également proposer des formations spécifiques pour la recherche d’un emploi grâce aux nouvelles technologies…"

Motiver en formalisant un projet réaliste. Ainsi, l’AFIJ a mis en place, par exemple, le Darup (Dispositif d’accès à la réussite universitaire et professionnelle) dans le centre universitaire Jean-François Champollion, rattaché aux universités toulousaines. "Nous intervenons en L1 (licence) sur la construction d’un projet de formation et d’un projet professionnel, en L2 sur l’élaboration d’un portefeuille de compétences et en L3 sur les techniques de recherche d’emploi, déclare Anne Malaval responsable de l'AFIJ Aveyron-Lot-Tarn. C’est obligatoire la 1ère année et facultatif à partir de la 2e année, mais beaucoup d’étudiants continuent. C’est motivant pour eux d’avoir un projet réaliste, de savoir ce qu’ils vont faire quand ils arriveront en fin de L3 ".
Un accompagnement pendant les études, voire, parfois, après. Le BES (Bureau emploi-stages) de Lyon 3, qui dépend directement du SCIUO-IP (service commun universitaire d'information et d'orientation - insertion professionnelle), possède également des conventions avec l’APEC et l’AFIJ. C’est par son intermédiaire que Cyndie Bouloir, diplômée d’un M2 (master) de science politique à Lyon 3, a trouvé l’emploi de coordinatrice CLSPD (conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance) à la mairie de Villefranche-sur-Saône. "Après 2 mois de recherches infructueuses, j’ai contacté un de mes anciens professeurs qui m’a orientée vers le BES, raconte-t-elle. J’ai eu un 1er rendez-vous individuel avec une conseillère pour reformaliser mon CV, puis un 2e pour ma lettre de motivation et pour apprendre à me positionner en entretien. Ça m’a aidé à décrocher plusieurs entretiens et à trouver un emploi en parfaite adéquation avec mon diplôme."
Le cas de Cyndie n’est pas isolé. Mais, pour l’instant, la mission des BAIP semble s’arrêter à l’accompagnement des étudiants jusqu’au 1er emploi. Rares sont les universités qui opèrent un suivi de leurs diplômés, et qui sont en mesure de les retrouver. Des annuaires d’anciens se mettent en place, mais il leur faudra attendre quelques années avant d’atteindre l’objectif affiché : concurrencer les annuaires des grandes écoles.


*Enquête sur les jeunes diplômés de 2009 : situation professionnelle en 2010

Sommaire du dossier
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