Après un bac L : les dispositifs d’insertion professionnelle de la fac

Par Catherine Petillon, publié le 25 Avril 2013
5 min

Généralement, les filières littéraires offrent une formation généraliste, sans visée professionnelle immédiate. Bacheliers, c’est donc à vous de construire et d’affiner peu à peu votre projet professionnel, grâce notamment aux dispositifs d’insertion proposés dans les universités.

Mais les diplômés de l'université s'insèrent plus difficilement sur le marché du travail que ceux issus d'une grande école. Depuis la loi relative aux libertés et responsabilités des universités (loi LRU), l'orientation et l'insertion professionnelles des étudiants est l'une des missions à part entière de ces établissements.

Le texte prévoit la création dans chaque fac d'un bureau d'aide à l'insertion professionnelle des étudiants (BAIP), notamment chargé de diffuser les offres de stages et d'emplois. Ces services vous aideront et vous conseilleront dans vos recherches, mais c'est à vous d'aller vous renseigner.

Le dispositif ELSA

Pour favoriser les liens avec le monde de l'entreprise, un dispositif porté par le Centre national des arts et métiers (CNAM) et Sciences po Paris, et baptisé ELSA (étudiants en lettres et sciences humaines en alternance) propose aux diplômés (licence 3, masters 1 et 2) de ces filières des contrats de professionnalisation. Il s'appuie sur l'idée que la modification des cursus littéraires ne doit pas être l'unique réponse aux difficultés d'insertion de ces diplômés : l'objectif ici est plutôt de rapprocher deux mondes.

L'opération Phénix

Autre initiative, l'opération Phénix a été initiée en 2007 par l'entreprise PricewaterhouseCoopers et le Medef (Mouvement des entreprises de France). Par ce partenariat, de grandes entreprises s'engagent à recruter des diplômés d'un master 2 en lettres, en sciences humaines ou sociales.

Tous les étudiants inscrits en 2013 en master 2 LSHS (lettres, sciences humaines et sociales) parcours recherche dans une université française (ou ayant obtenu ce diplôme en 2011 ou 2012 dans une université française) peuvent être candidats à l'opération Phénix. Si elle illustre une volonté d'ouverture, cette opération ne concerne que quelques étudiants par an. Pour 2012, 14 ont été recrutés.

Atout jeunes universités

Sur le même modèle, le projet Atout jeunes universités a été lancé en 2011. Il s'agit d'un partenariat associatif entre cinq universités (Paris-Est Marne-La Vallée, Paris-Nord, Paris-Est Créteil Val-de-Marne, Jean-Monnet, à Saint-Étienne, et Cergy-Pontoise) et trois entreprises (Danone, L'Oréal, Auchan) pour favoriser le recrutement d'universitaires.

Il est destiné en particulier aux étudiants en arts, lettres, langues et SHS (sciences humaines et sociales) dès la troisième année de licence. Ce programme prévoit la découverte des métiers de l'entreprise, la rencontre entre étudiants et professionnels, ou encore des ateliers de simulation d'entretiens.

Les modules d'enseignement

Vous pouvez également, dans le cadre de votre cursus, choisir l'un des modules d'enseignement consacrés au "projet professionnel". Dans la plupart des parcours, ils restent optionnels – mais recommandés, surtout si vous avez une idée peu claire de ce que vous voulez faire. À Lyon-2, ce module "est l'occasion de participer à des tables rondes réunissant des professionnels autour de thèmes généraux (le journalisme, l'humanitaire, la finance…). Les étudiants doivent rendre des dossiers sur la 'découverte d'un métier'", détaille Didier Christin, coordinateur du SCUIO de la fac.

Les stages sous contrôle

Les pratiques des entreprises en matière de stage sont de plus en plus encadrées par la loi. Dernier texte en date, la loi Cherpion (juillet 2011) sur le développement de l'alternance et la sécurisation des parcours professionnels. Le texte transpose dans la loi un certain nombre d'articles de l'accord national interprofessionnel du 7 juin 2011 encadrant les stages.

Désormais, "un stage ne peut avoir pour objet d'exécuter une tâche régulière correspondant à un poste de travail permanent de l'entreprise". Il s'agit d'empêcher les entreprises de confier aux stagiaires des missions qui devraient être assurées par des salariés. C'est pour aller dans le même sens que la durée des stages effectués par un stagiaire dans une même entreprise est limitée à six mois par an. Il existe des dérogations pour les stages réalisés lors d'une "année de césure".

Le statut des stagiaires a été lui aussi un peu amélioré. Il est obligatoire de "gratifier" les stages à partir de deux mois même non consécutifs dans la même année universitaire. En 2012, son montant devait être égal à 436,05 € mensuels pour 35 heures par semaine. Vous pourrez aussi accéder aux activités sociales et culturelles du comité d'entreprise.

De plus, votre expérience en tant que stagiaire peut être comptabilisée. Si vous êtes embauché dans l'entreprise dans les trois mois qui suivent la fin de votre stage, ce dernier pourra être déduit de la période d'essai. Enfin, si votre stage est supérieur à deux mois, sa durée est prise en compte pour l'ouverture et le calcul des droits liés à l'ancienneté.

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