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Etudiants décrocheurs : comment raccrocher ?

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Ils décrochent leur bac puis décrochent de la fac. Pas forcément mauvais élèves ou paresseux, nombreux sont ceux qui quittent l’université sans diplôme. Certains reprennent le chemin des études. Le plus souvent par une autre voie. Enquête, témoignages et conseils.

Un chiffre donne une idée du phénomène : 20 % des jeunes sortent de l’enseignement supérieur sans diplôme, selon la dernière enquête "Génération" du Céreq (Centre d’études et de recherches sur les qualifications). Mais combien parmi ces étudiants ont abandonné dès la première année de licence sans passer les examens ? Impossible de le dire précisément. Les "décrocheurs" sont souvent perdus dans les statistiques sur l’échec en premier cycle. Difficiles à dénombrer et difficiles à détecter. "Ces étudiants ont tendance à se renfermer sur leurs problèmes et à disparaître avant même que nous ayons pu les aider", note Marie-Louise Azzoug, responsable du SCUIO (service commun universitaire d’information et d’orientation) de Paris 8. Pour certains, le décrochage a lieu dès les premières semaines. Les plus tenaces s’accrochent jusqu’aux partiels de février.
 

Décrocheurs, pas forcément "glandeurs"

 
Contrairement aux idées reçues, la figure de "l’étudiant décrocheur" est à géométrie variable. L’image du "glandeur", inscrit par hasard, par dépit ou pour bénéficier du statut étudiant et de ses avantages – Sécurité sociale, réductions ciné... – ne correspond pas à la réalité. Et si certains, en fonction de leur bac d’origine, n’ont effectivement pas le niveau minimum requis pour suivre un cursus, la plupart se révèlent studieux. Ils sont en fait découragés après s'être pourtant investi dans leurs études. À l’exemple de Jihane, une étudiante actuellement en licence professionnelle d’échanges internationaux après un passage en première année de licence d’espagnol. Très motivée par ses études d’espagnol, la jeune femme avait entamé son année avec l’idée de "pratiquer les langues". Elle a vite déchanté d’avoir à les apprendre "de manière très littéraire, dans les bouquins". Autre difficulté pour elle, le rapport "pas du tout personnalisé" aux profs. "La principale cause du décrochage n’est pas scolaire, confirme Sandrine Collette, responsable du CREFOP (Centre de relations avec les entreprises et de la formation permanente). Ce sont plutôt des problèmes d’insertion dans l’université, de relationnel, de règles du jeu qui ne sont pas comprises."

 

Studieux, mais perdus

 

En effet, "le point commun des décrocheurs est de s’être souvent orientés vers l’université par défaut et de se heurter, une fois inscrits, au difficile apprentissage du métier d’étudiant", souligne Gérard Boudesseul, sociologue et coauteur d’une enquête sur le décrochage étudiant, publiée en 2009 par le Céreq. C’est le cas d’Oussama, un étudiant inscrit "sans conviction" en LEA (langues étrangères appliquées). Parce qu’il n’avait pas été pris en BTS (brevet de technicien supérieur) malgré le dépôt d’une douzaine de dossiers. "Certains étudiants en errance traversent un moment de grande fragilité car ils cherchent leur voie en même temps qu’ils se cherchent, précise Gérard Boudesseul. D’autres se retrouvent en fac, face à des problèmes qu’ils ne maîtrisent pas : peu d’heures de cours, beaucoup de travail personnel exigé, une incapacité à travailler en bibliothèque faute d’avoir été accompagné, etc." Zohra Redjem, responsable de l’expérimentation "Rebond" à l’AFIJ (Association pour faciliter l’insertion professionnelle des jeunes diplômés), renchérit : "Trop d’autonomie, un environnement mal connu, la nécessité de s’organiser seul dans son travail, l’absence de vision d’un futur professionnel, une filière qui les intéresse peu, des échecs aux examens… Les jeunes qui ont décroché de l’université en L1, L2 ou L3 citent souvent ces difficultés-là." D’où l’intérêt d’assurer un soutien méthodologique pour accompagner les nouveaux arrivants à l’université.
Sommaire du dossier
Des initiatives pour aider au raccrochage 5 conseils pour raccrocheurs