1. Droit : "C’est presque une autre langue"
Enquête

Droit : "C’est presque une autre langue"

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 // © Manu Boisteau
// © Manu Boisteau

La L1 de droit correspond à l’apprentissage des bases en droit public et droit privé. On y étudie également des notions historiques, économiques, sociologiques et de sciences politiques.

Le droit, une voie plurielle

Pascaline, en L2 de droit à l'université de Dijon, n'avait pas d'idée après son bac S mention très bien. "Les matières scientifiques ne me plaisaient pas, explique-t-elle. Et le droit permettait d'aller dans la police ou la magistrature : ça m'a plu."

Acquérir de nouvelles méthodes

Morgane, en L2 de droit à l'université d'Évry-Val-d'Essonne, a suivi le même parcours : un bac S et un désamour des sciences. Elle s'est vite aperçue de la charge de travail que demandait cette licence : "En première année, j'avais 12 heures d'amphi et une dizaine d'heures de TD. Cela n'était pas énorme, mais il faut vraiment s'investir chez soi."

"Nous devons approfondir les cours, lire des bouquins, etc., décrit Pascaline. Pour 1 heure de cours en amphi, je consacre 45 minutes chez moi. Et pour chaque TD, c'est de 6 à 10 heures de préparation." D'autant que le droit est une matière nouvelle pour tout bachelier.

"Au début, je ne comprenais pas grand-chose, admet Pascaline. Le droit, c'est presque une autre langue où les mots ne signifient pas la même chose que lorsqu'on les utilise au quotidien."

S'adapter aux cours en amphi

La découverte d'un nouveau lieu et de nouvelles habitudes de travail sont d'autres caps à franchir. "Au lycée, on ne nous prépare pas à la fac, à être autonome, à ne pas être obligé d'aller en amphi... Puis, on est vraiment nombreux, et les professeurs parlent vite", raconte Morgane.

En outre, l'organisation des cours laisse parfois à désirer. "Des heures de cours sont supprimées, des professeurs sont absents, des salles pas libres...", sourit Morgane. Pascaline confirme : "La première année fut difficile, car on est seuls, et c'est parfois compliqué de ne pas se laisser aller à trop de liberté. Je ne connaissais personne et c'est très dur, dans ces grands amphis, de créer des liens.

Les TD, un point de repère

"Les professeurs de TD forcent à travailler, à être assidu, et on sait que si on ne va pas en amphi, on sera perdus en TD", souligne Morgane. "En TD, les enseignants sont là pour répondre à nos questions, et cela ressemble davantage aux cours du lycée, relève Pascaline. C'est aussi plus facile pour rencontrer des gens, puisque nous sommes peu nombreux."

Désormais en deuxième année, Pascaline se sent plus à l'aise. "En début de L1, l'ambiance était assez tendue, c'était un peu la compétition entre nous. C'était sûrement dû au fait qu'on nous a très vite annoncé que c'était dur de passer en deuxième année... Mais aujourd'hui, cela va beaucoup mieux : je ne suis pas seule. Et puis, j'ai acquis une méthode de travail. Je peux maintenant me concentrer sur les connaissances."

À savoir
La licence de droit est l'une des plus demandées par les bacheliers. Près de la moitié des étudiants en L1 sont titulaires d'un bac ES, 15 % d'un bac L et 15 % d'un bac S. Mais la filière connaît un fort taux d'abandon en cours de première année.

Sommaire du dossier
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