1. Lettres, langues, droit : les valeurs sûres de l’université

Lettres, langues, droit : les valeurs sûres de l’université

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Points forts, points faibles, qualité de l’insertion… Nous avons décrypté les principales disciplines enseignées à l’université, regroupées en quatre grandes familles.

Lettres : l’enseignement mais pas seulement.
Sur les quelque 11.000 inscrits en première année, une large majorité est satisfaite de son choix : seuls 12 % changent de filière universitaire en fin d'année. Les cours de linguistique, l’étude du fonctionnement et de la structure du français, confèrent aux étudiants une réelle capacité d’analyse.
Bon nombre des étudiants en master de lettres choisissent la voie de l’enseignement… avec un certain succès. Deux possibilités : l'enseignement du français en collège et lycée ou la voie du professorat des écoles. Dans les deux cas, l'accès au concours de l'enseignement se fait à bac +5. Hors de l'enseignement, on retrouve les diplômés en lettres dans les carrières de l'information et de la communication : journaliste, chargé de communication, assistant parlementaire (chargé de rédiger les discours d'un élu)...

Langues : deux filières pour deux profils
À l’université, les langues se déclinent en deux grands cursus. La licence LLCE (langues, littérature et civilisations étrangères), très littéraire, est tout indiquée pour les étudiants souhaitant préparer après le master les concours de l’enseignement : l’agrégation ou le CAPES. La licence LEA (langues étrangères appliquées) exige quant à elle un excellent niveau sur au minimum deux langues vivantes, dont l’une doit être l’anglais ou l’espagnol. Le programme comprend du droit, de l’économie, de la gestion, des statistiques… Du commerce international à l’interprétariat ou la traduction en passant par le tourisme, les masters professionnels de cette filière préparent à des métiers dans l’entreprise.

Droit : motivation obligatoire
Fini le temps où les bacheliers s’inscrivaient en droit à la fac avec l’idée que "ça mène à tout pourvu qu’on en sorte" ? Une enquête publiée par le ministère de l’Éducation nationale consacrée aux nouveaux inscrits à l’université, montre que les étudiants en licence de droit (49.800 à la rentrée 2008) sont parmi ceux qui affichent la plus forte motivation sur un projet professionnel précis. Plus de la moitié ont opté pour ce cursus en toute connaissance des débouchés visés.
Conséquence, la filière, qui a longtemps fait figure de lanterne rouge en termes de résultats, connaît les plus forts taux de réussite en troisième année de licence : 81 %. Une fois passé ce cap, environ 60 % des étudiants en droit travaillent en entreprise : 30 % d’entre eux s’insèrent au niveau licence (assistant juridique, collaborateur juridique, chargé sinistres dommages…) et 30 % au niveau d’un master (juriste d’entreprise, conseiller juridico-financier, juriste d’assurance, conseiller en droit social, fiscaliste…). Environ 25 % s’orientent vers la fonction publique… mais seuls environ 10 % deviennent auxiliaires de justice (avocat, magistrat, greffier, substitut du procureur…).

Histoire/géographie : un enseignement différent du lycée !
À l’université, l’enseignement de l’histoire ou de la géographie est bien plus complet que celui connu depuis le primaire. Abordant toutes les périodes, de l’Antiquité à la période contemporaine, le programme d’histoire vise à dépasser la stricte chronologie et l’enchaînement des événements. Il s’agit désormais de faire preuve d’analyse critique et de s’interroger, par exemple, sur les sources ou sur le contexte de production d’un document.
Quant à la géographie, l’enseignement universitaire ouvre sur toute la palette de ses sous-disciplines : géomorphologie, climatologie, démographie…. Si les deux matières sont enseignées séparément, la plupart des facs proposent un enseignement associé (option histoire en géo et vice versa) pour les étudiants qui visent le CAPES d’histoire-géo.
Pour le professorat des écoles, en revanche, les candidats sont plus souvent issus d’une filière histoire que d’une filière géographie. Côté taux de réussite, les historiens comptent quelques points d’avance sur leurs collègues géographes. Quant au CAPES d’histoire-géographie, non seulement il reste plus sélectif que la moyenne (15,3 % de réussite en 2009 contre 20 %) mais surtout, il a vu le nombre de postes offerts baisser de 30 % sur les 6 dernières années.

Maths : débouchés garantis aux bac +5
La licence de maths et d’informatique se déroule en deux temps : les premiers semestres sont consacrés à l’acquisition des notions fondamentales (algèbre, géométrie, probabilités, statistiques…), suivis généralement, à partir du troisième semestre, d’un parcours d’application de la discipline : programmation informatique, gestion, enseignement.
Du côté des masters, les débouchés sont garantis. Il en existe plus de quatre-vingts, formant au métier d’ingénieur-mathématicien dans l’industrie et les services, avec des taux d’insertion proches de 70 % selon l’APEC (Association pour l’emploi des cadres). Les cursus consacrés aux probabilités et aux statistiques sont les plus nombreux, suivis des profils dits de "modélisation et de simulation de phénomènes complexes", qui trouvent des déclinaisons dans l’industrie mécanique ou l’imagerie médicale. Enfin, dans l’univers des masters appliqués à l’informatique, les spécialités en cryptologie et sécurité des systèmes sont parmi les plus demandées des étudiants.

Mathieu Oui
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