Journées du patrimoine : dans les coulisses d’une visite guidée à Bordeaux

Par Séverine Mermilliod, publié le 17 Septembre 2022
6 min

Les Journées du patrimoine 2022, c’est ce week-end des samedi 17 et dimanche 18 septembre. Aline, Marie, Léa et Lorena, étudiantes en master 2 patrimoine et musées à l’université de Bordeaux-Montaigne, ont préparé des médiations autour de différents lieux culturels de la ville. Elles nous racontent comment elles ont préparé ces visites.

Dimanche 18 septembre 2022, à 11 h, Aline sera devant la flèche Saint-Michel de la basilique du même nom, à Bordeaux (33), la deuxième plus haute de France. Avec elle, un groupe d’une quinzaine de personnes, venues écouter sa visite guidée conçue spécialement pour les Journées du patrimoine qui se tiennent ce week-end partout en France.

Des étudiantes en master patrimoine sur le pont

Aline, 22 ans, est étudiante en master 2 patrimoine et musées à l’université de Bordeaux-Montaigne et membre de l’association Archimuse qui regroupe les étudiants et anciens de ce master. "L’association est divisée en différents groupes : régie, médiation, communication, etc.", présente la jeune femme.

Lorena, 24 ans, a été la première en contact avec les différents lieux et partenaires. "On doit aussi savoir ce qu’ils veulent de nous", souligne celle qui a construit les plannings de chaque étudiant, qui vont se répartir sur cinq différents lieux pour ces Journées du patrimoine.

Lire aussi

Des Journées du patrimoine préparées depuis le mois de mars

Cette année, Archimuse, qui compte 23 membres étudiants, est responsable de la valorisation du chantier de la flèche Saint-Michel. Des médiations auront également lieu à l’espace Beaulieu, qui se situe dans un ancien cloître, à l’hôpital Saint-André ou encore dans la chapelle du Crous, rappelle Marie, 26 ans et présidente de l’association.

Pour Léa, 22 ans, la médiation, "c’est avant tout un échange avec le public".
Pour Léa, 22 ans, la médiation, "c’est avant tout un échange avec le public". // © Photo fournie par le témoin

"D’abord, il y a un gros travail de documentation", explique Aline. Travail qui a commencé en mars pour la flèche Saint-Michel. "Pour la logistique, dès le mois de mai, nous avons pris contact avec la mairie pour faire part de nos besoins de matériel, de bénévoles supplémentaires, etc., et tout l’été on a travaillé la médiation, c'est-à-dire qu'on écrit une trame, poursuit Marie. Ensuite, les plannings sont réalisés, chacun a un horaire et un lieu associé et on doit aussi tenir le stand de l’association, avec des médiations à peu près toutes les heures."

Préparer et anticiper les médiations et les visites guidées

Vient ensuite l’apprentissage du texte, et à chacun sa méthode. "Il faut se mettre à la place des gens quand on explique. Ensuite, je répète. Je fais subir la répétition à toute ma famille !", s’amuse Aline.

"Des fois, ce qu'on explique nous paraît clair et ça ne l’est pas du tout. Par exemple, je voulais parler du fait que la flèche était ancrée dans le port de la Lune de Bordeaux, et en fait il n’y a que les Bordelais qui connaissent… C’est important de recontextualiser, de définir certains mots. C’est aussi important d’en savoir un peu plus que ce qu’on va dire si on nous pose des questions", poursuit Aline.

Lire aussi

Léa, elle, aime bien travailler la trame dans son coin. L’étudiante de 22 ans commence par la médiation d’une exposition à l’université Bordeaux-Montaigne sur l’histoire du campus, avant de faire la visite de la flèche samedi soir.

"J’ai commencé à relire et à apprendre le week-end dernier. On a ajouté une partie sur des questions qui pourraient nous être posées, sur le coût du chantier, le nombre de visiteurs, quels travaux vont être réalisés, etc. Et puis il faut s’adapter à son public : si on a des enfants en face de nous, on ne peut pas employer des mots trop compliqués ou alors il faut les expliquer", raconte la jeune femme.

Repérer et s'imprégner des lieux historiques

Aline s’est ensuite rendue en amont sur le terrain, "pour s’entraîner et voir où on peut se placer avec les groupes" pour la visite qui dure environ 45 minutes. "Il est aussi important de rencontrer des professionnels ou des gens qui sont sur le chantier, comme les habitants, pour avoir un avis extérieur. Mercredi, on a rencontré un professionnel et on a pu avoir des anecdotes", raconte-t-elle.

Ce week-end, Marie est chargée des visites à l’espace Beaulieu, où elle s'est rendue en amont pour "rencontrer les artistes et s'imprégner du lieu".
Ce week-end, Marie est chargée des visites à l’espace Beaulieu, où elle s'est rendue en amont pour "rencontrer les artistes et s'imprégner du lieu". // © Photo fournie par le témoin

"La flèche Saint-Michel est en travaux et il y a un périmètre de sécurité autour, des nuisances sonores… On s’est rendu compte qu’il n’était pas facile d’entendre et de se faire entendre, donc on est forcé de se décaler un peu pour trouver les endroits les plus audibles. J’ai pris des points de repère, pour voir où me mettre", ajoute Léa.

Quant à Marie, qui fera la visite de l’espace Beaulieu, elle a déjà rencontré les artistes présents et s’est imprégnée du lieu, même si elle le connaissait déjà. "C’est toujours intéressant de faire un petit repérage, pour savoir où il faut que je me mette avec mon groupe pour qu’il puisse observer tel ou tel détail. J’ai l’habitude de lire plusieurs fois mon texte et quand je me suis imprégnée du lieu, ça devient plus facile car visualiser m’aide énormément."

Lire aussi

Vivre des échanges avec le public

"Une visite optimale, c’est un quinzaine, vingtaine de personnes", ajoute finalement Léa. Pour elle, cette médiation va "vraiment être une première", mais elle le "sent plutôt bien, car c’est avant tout un échange avec le public".

"Chaque groupe est différent, abonde Marie. Selon l’énergie qu’on a face à nous, on va orienter, s’adapter, certains vont poser des questions très très ciblées… La médiation, c’est un travail collaboratif.”

Articles les plus lus

Contenus supplémentaires

A la Une Université

Partagez cet article sur les réseaux sociaux !