1. L'université ULCO : une vigie pour le bien-être de ses étudiants
Reportage

L'université ULCO : une vigie pour le bien-être de ses étudiants

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Denis Theunynck, médecin à l'ULCO, dans le cadre de la campagne annuelle du dispositif  "Univers santé - c'est ma vie". // © ULCO
Denis Theunynck, médecin à l'ULCO, dans le cadre de la campagne annuelle du dispositif "Univers santé - c'est ma vie". // © ULCO

Avoir des étudiants bien dans leur corps et dans leur tête : voilà l'une des préoccupations de l'université du Littoral-Côte-d'Opale, qui s'appuie pour cela sur son dispositif "Univers santé - c'est ma vie", dans lequel les élèves de STAPS jouent un rôle prépondérant.

Sur les quatre sites de l'ULCO, il est possible de pratiquer et d'étudier le sport : en licence STAPS (sciences et techniques des activités physiques et sportives) à Boulogne-sur-Mer, Calais et Dunkerque et en DEUST (diplôme d'études universitaires, scientifiques et techniques) animation et gestion des activités physiques et sportives ou culturelles à Saint-Omer.

Les étudiants de ces filières "sportives" représentent 37 % des effectifs étudiants – à part quasi égale avec les juristes et les économistes. Surtout, ils n'ont pas à rougir de leurs performances. En mai 2014 : les deux équipes de volley-ball de l'ULCO (filles et garçons) ont remporté le titre de champion de France lors des championnats universitaires. Selon le journal local "Nord Littoral" : "C'est la première fois qu'un tel exploit est réalisé par une université française !"

Sonder la santé des étudiants 

Au-delà des nombreuses coupes remportées, les étudiants en STAPS sont aussi connus pour leur participation à l'opération "Univers santé - c'est ma vie", organisée, une fois par an, par le service de médecine préventive et de prévention de la santé de l'université. Pendant une journée, sur chacun des quatre sites de l'université (ainsi qu'à Berck-sur-Mer où se trouvent des instituts de formations paramédicales), ils proposent aux étudiants volontaires de remplir un questionnaire sur leur santé (avec des questions sur leur habitudes alimentaires, leur sommeil, leur vie sociale, leurs addictions éventuelles, etc.), de se prêter à un rapide examen médical (taille, poids, tension, etc.) et de passer quelques épreuves de mesures physiques : force du poignet, vitesse de coordination, course sur un tapis, etc.

"L'originalité, c'est que le résultat est immédiatement communiqué aux étudiants sous la forme d'un diagramme. Si nous détectons une anomalie, une prise en charge par un professionnel de la santé, médecin ou psychologue, est immédiate", explique Denis Theunynck, médecin à l'ULCO et responsable du laboratoire RELACS (Recherche littorale en activités corporelles et sportives). Environ un quart des étudiants qui remplissent le questionnaire sont dans ce cas. "Un autre quart va, lui, avoir besoin de conseils en santé délivrés également dans la foulée du test. Reste une moitié qui ne présente pas de problème particulier", détaille Denis Theunynck.

Les modes de vie et le bien-être auscultés

Pauline, étudiante en master 1 de droit à Boulogne-sur-Mer, a pris le temps, cette année, de remplir le questionnaire et d'effectuer tous les tests. "Il faut prévoir au minimum deux heures. C'est un peu long et je ne voyais pas bien l'intérêt avant de participer, mais ça vaut le coup. J'étais inscrite dans une filière sports-études au lycée et j'ai l'habitude des bilans de santé, mais cette fois, c'était différent. Beaucoup de questions portent sur nos façons de vivre et notre bien-être."

Portrait de fac ULCO : Pauline, étudiante en M1 droit à Boulogne // © Céline ManceauPauline, étudiante en M1 de droit à Boulogne et qui a bénéficié du dispositif "Univers santé", qui lui a permis de comprendre ses problèmes de sommeil… // © Céline Manceau.

Pauline découvre alors avec surprise... qu'elle dort trop ! "C'est vrai que j'ai toujours eu du mal à me lever le matin, mais je ne savais pas que c'était parce je dormais plus que la moyenne. Un chercheur spécialisé dans les troubles du sommeil m'a expliqué que les premières heures de la nuit étaient les plus importantes. J'ai aussi appris que se souvenir de ses rêves au petit matin est un signe que le cerveau est très actif : il vaut donc mieux se lever plutôt que de se rendormir."

Pauline se dit prête à recommencer les tests l'an prochain car les questions sont bien conçues et jouent le rôle d'une sonnette d'alarme. "La fille juste devant moi avait un diagramme complètement déformé, qui révélait une addiction aux jeux vidéo", se souvient Pauline.

Des données utiles aussi aux chercheurs de l'ULCO

Toutes les informations recueillies lors des journées "Univers santé - c'est ma vie", constituent une base de données sur laquelle travaillent les chercheurs du laboratoire RELACS de l'ULCO. L'un d'entre eux est spécialisé sur les troubles du sommeil, récurrents chez les étudiants, notamment les élèves infirmiers, un autre sur la nutrition. "Boulimie et anorexie vont souvent de pair et notre questionnaire permet de repérer ces troubles qui touchent environ 35 % des étudiants qui ont déjà passé nos tests", relève Denis Theunynck.

Les travaux du labo intéressent d'autres universités en France et à l'étranger avec l'idée, à terme, de monter un observatoire sur la santé des étudiants. "La principale difficulté reste de convaincre les jeunes – comme le personnel de l'université, qui est aussi concerné – de venir aux journées, surtout ceux qui ne sont pas en STAPS", indique Denis Theunynck. Pour éviter que nombre d'étudiants passent au travers des mailles du filet, l'ULCO dispense de la visite médicale ceux qui ont participé au dispositif et, parallèlement, inclut dans la visite médicale à l'université les tests d'Univers santé-c'est ma vie.

Un passeport à bord

Denis Theunynck compte aussi sur un nouveau dispositif de l'ULCO pour motiver les étudiants à s'intéresser à leur santé : un passeport conçu pour les inciter à s'ouvrir au sport, mais aussi à la culture ou à la vie étudiante sur les quatre campus. Le principe : chaque participation à au moins une activité dans un domaine, au cours des trois années de licence, donne lieu à un tampon. Au bout de quatre tampons, les étudiants obtiennent un bonus de points pour leur diplôme. "Univers santé-C'est ma vie" est l'une des activités qui fait bénéficier d'un tampon.

"Les étudiants restent généralement dans leur domaine d'études et l'ambition, a minima du passeport est, par exemple,de faire venir un juriste à la Nuit du sport ou d'inciter un étudiant de STAPS à assister, une fois dans l'année, à un concert", complète Agnès Noyer, professeur de physique, chargée de mission vie et réussite étudiante. L'idée seconde, c'est aussi de mélanger les étudiants de plusieurs filières et de les inciter à rester après les cours, à l'ULCO, pour que leur fac ne soit pas un lieu de transit, mais un endroit où l'on fait escale.

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