1. Ma vie d’étudiante en sociologie à la fac de Bordeaux : Marylène, des larmes à la passion

Ma vie d’étudiante en sociologie à la fac de Bordeaux : Marylène, des larmes à la passion

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Si Marylène est entrée à reculons en licence de sociologie à l’université de Bordeaux, c’est par passion qu’elle a choisi d’y rester. Avec pour objectif de devenir journaliste. Zoom sur le parcours de cette étudiante de 20 ans, aujourd’hui en troisième année sur le campus de la Victoire.

Ma vie d’étudiante à l’université de Bordeaux : Marylène, en L3 de sociologie

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  •  // © Camille Stromboni
    // © Camille Stromboni
  •  // © Camille Stromboni
  • Apprentie sociologue

    À 20 ans, Marylène suit sa troisième année de sociologie à l'université de Bordeaux, sur le site de la Victoire.

  • Un campus "labyrinthe"

    Un plan n'est pas de trop pour se repérer sur le campus de la Victoire, à Bordeaux. C'est en effet un enchevêtrement de petites cours extérieures et de multiples patios qu'il vous faut traverser pour trouver votre amphi ou salle de TD.

  • Un site majestueux

    Situé en plein coeur de Bordeaux, le campus réunit des bâtiments historiques, pour les étudiants suivant un cursus en sciences de l'homme (anthropologie, psychologie, sciences de l’éducation, sociologie). Il s'agissait auparavant de la faculté de médecine et de pharmacie.

  • Look décontract'

    Côté style, "on a plutôt l’image de 'roots', assez 'décontract', confie Marylène, en L3 de sociologie, qui se dit d'ailleurs peu représentative, avec sa robe et ses talons. "J’ai mon côté petite Bordelaise, sourit-elle, plutôt le look d'une juriste... Mais il n’y a pas de regards bizarres sur la façon dont on s’habille ici, c'est libre !"

  • Amphis en bois

    Plusieurs amphis de la Victoire sont très... escarpés ! De forme circulaire et avec des escaliers bien raides pour atteindre les bancs les plus hauts, ces derniers étaient en effet conçus pour les étudiants de médecine, explique Marylène. L'objectif étant que chacun puisse voir les expériences du professeur.

  • La cour d'honneur

    En pierre rose, cette grande cour permet aux étudiants de flâner l'été. "Quand il fait beau on mange dehors, mais l'hiver, c'est plutôt mort", décrit Marylène. De manière générale, les étudiants s'attardent peu sur le campus, en dehors des heures de cours ou pour travailler à la bibliothèque. "Nous sommes en plein centre-ville et tous les bars sont à côté", explique l'étudiante de sociologie.

  • L'escalier d'Harry Potter

    "On a l'escalier d'Harry Potter", sourit Marylène. Pour rejoindre la bibliothèque du site de la Victoire, il faut en effet emprunter un escalier que l'on croirait tout droit sorti de Poudlard.

  • La bibliothèque

    En rejoignant une licence de sociologie, Marylène a découvert une discipline passionnante. Et les lectures d'enquêtes et d'ouvrages de sociologues ne lui apparaissent pas comme une contrainte. "Quand on rentre dedans, on n’a plus l’impression de travailler", décrit l'étudiante.

undefinedL'UNIVERSITÉ DE BORDEAUX EN IMAGES : accédez au diaporama.

"Ce n’était pas du tout mon premier choix !" Lorsque Marylène est arrivée en première année de sociologie à la fac de Bordeaux, en septembre 2012, c’était par défaut. La bachelière ES, sortie d’un lycée bordelais, n'avait en effet pas été admise dans le cursus d'info-com' qu'elle souhaitait rejoindre. "À chaque session sur le site APB [Admission-postbac.fr], je pleurais, se rappelle-t-elle aujourd’hui avec le sourire. Quand je suis arrivée en licence 1, je pensais en repartir au plus vite. Et l’inscription m’a encore plus dégoûtée, c’était totalement impersonnel et je n’y comprenais rien."

Fac : surmonter les craintes des débuts

Une première approche effrayante de l’université… vite dépassée. "Ce n’est pas si terrible en fait, on n'est pas vraiment tout seul, les profs sont là. On a par exemple un enseignant référent, ce qui ressemble un peu à un prof principal. Et aussi des étudiants 'tuteurs'", raconte l’étudiante de 20 ans. "En revanche, il faut être curieux et aller chercher les informations", souligne-t-elle.

Et ne pas s’attendre à une ambiance très amicale tout de suite… "Cela prend du temps. Les premières années, je ne connaissais pas grand monde. Je voyais surtout mes amis du lycée. La fac, ce n’est pas forcément convivial, ça peut décourager, mais ça permet de grandir un peu", prévient Marylène.

À voir à ce propos : VIDÉO. Première fois à l'université : comment réussir sa licence.

D’autant que la jeune fille, dont les parents habitent le Médoc, a au moins une heure de bus matin et soir. En deuxième année, elle prend un job d’une dizaine d’heures par semaine à Auchan et emménage à Bordeaux. "Ce n’est que depuis la L3 que je commence à avoir une vraie vie amicale à la fac, reconnaît l’étudiante. Il y a une véritable entraide dans la promo, qui est passée d’environ 200 étudiants au début, à une centaine maintenant".


Caféteria (site de la Victoire). Marylène reconnait qu'au début à l'université, ce n'est pas forcément très convivial. Il faut du temps pour se créer une bande d'amis.Caféteria (site de la Victoire) : Marylène reconnaît qu'au début à l'université, ce n'est pas forcément très convivial. Il faut du temps pour se créer une bande d'amis. // © Camille Stromboni (janvier 2015).

Un cursus qui la passionne

Mais c’est avant tout la sociologie qui a séduit Marylène. "Quand on rentre dedans, on n’a plus l’impression de travailler, ce n’est plus une contrainte, c’est passionnant", se réjouit-elle. "Au début, c’est assez théorique. Il faut s’habituer à la façon de parler des enseignants, c’est un nouveau langage, avec beaucoup de concepts", explique-t-elle. Avec pour matière principale la sociologie générale, mais aussi des cours de sociologie thématique : sur l’éducation, la famille, la santé, l’action publique...

C’est l’enseignement sur le "genre" [Femme-Homme] qui l’a vraiment enthousiasmée. "Le prof était un vrai spectacle à lui seul. Et ce sont des sujets qui nous touchent, c’est aussi ça qui me plaît en socio", avance-t-elle. "Nous avons aussi eu la chance d’avoir des enseignants 'stars' comme le grand sociologue François Dubet, ajoute-t-elle. Son cours était super-intéressant et accessible."


Ce qui plaît à Marylène, en licence de sociologie à l'université de Bordeaux, c'est d'étudier des sujets qui la touchent, comme le genre ou l'éducation - janvier 2015Ce qui plaît à Marylène en sociologie, c'est d'étudier des sujets qui la touchent, comme le genre, l'école ou la famille. // © Camille Stromboni (janvier 2015).

Des apprentis sociologues

Au fur et à mesure qu'elle avance dans ses études en licence, elle choisit de plus en plus ses options. Avec une surprise : "On a eu des cours de maths ! Je ne m’y attendais pas. Mais ce sont de statistiques, donc ce n’est pas insurmontable", rassure-t-elle. Autre découverte : "Il y a pas mal de boulot, contrairement à ce que je pensais", sourit la Bordelaise, qui a une vingtaine d’heures de cours hebdomadaires et un important travail personnel à fournir en plus.

À lire sur le sujet : Réussir en licence de sociologie : "La socio n'est pas qu'une discipline littéraire".

Ce sont aussi les travaux de recherche qui prennent de plus en plus de place dans sa formation, à son plus grand plaisir. "Les profs nous disent : vous êtes des bébés sociologues !" glisse-t-elle. Cette année, l'étudiante prépare ainsi un mémoire sur les femmes politiques et les médias. Au programme : des entretiens avec des femmes politiques, des retranscriptions, des analyses…

Le journalisme en ligne de mire

Un exercice justement très proche du métier dont elle rêve : journaliste. "Moi, je sais ce que je veux faire, mais sinon, c’est un peu le point faible de la sociologie : souvent, on ne sait pas trop ce qu’on va devenir après…", admet la jeune femme. Pendant sa L3, elle suit un module de préparation aux concours des IEP (instituts d’études politiques) et écoles de journalisme proposé par la fac, tandis qu’elle a déjà fait un stage à France 3 Aquitaine.

Et c’est désormais sur les salons d’orientation que la demoiselle va présenter la fac aux futurs bacheliers. "Je suis rentrée en pleurant, et je me retrouve à faire la promo de la fac sur les salons de l’Etudiant !" lâche-t-elle dans un éclat de rire. Un faux paradoxe !

Aller plus loin
- Le livret de la licence de sociologie de l'université de Bordeaux (détail des matières).
- Sur EducPros.fr : Portrait d’université. La formule de la fusion bordelaise

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