1. L’UPPA joue la carte de la proximité
Reportage

L’UPPA joue la carte de la proximité

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Le domaine des lettres, langues, sciences humaines et sport de l'UPPA. // © Isabelle Dautresme
Le domaine des lettres, langues, sciences humaines et sport de l'UPPA. // © Isabelle Dautresme

À 80% originaires du "pays", les étudiants de l’UPPA (université de Pau et des Pays-de-l’Adour) se plaisent beaucoup dans leur fac de petite taille où ils ne sentent pas noyés. Et l’établissement fait tout pour les garder sur le campus, une fois la journée de cours terminée…

"On ne vient pas à l'UPPA par hasard", lâche Maxime, étudiant en master 2 dynamique des écosystèmes aquatiques à Anglet. Structurée autour de deux pôles – Pau et la Côte basque – et cinq sites, l'université joue la carte de la proximité : un recrutement local, une offre de formation large répartie en trois grands domaines (lettres, langues, sciences humaines et sociales, sport ; droit, économie, gestion ; sciences et technologies), des partenariats avec l'Espagne et des pôles de recherche connectés au territoire.

La majorité des étudiants viennent du pays

"Notre recrutement est très local : 8 étudiants sur 10 sont originaires de Pau et des Pays de l'Adour et plus de 50%, du département des Pyrénées-Atlantiques [64]", souligne Mohamed Amara, le président de l'UPPA. Thierry, étudiant en L3 physique-chimie sur le campus de la Côte basque confirme (Photo-UPPA-Thierry) : "Je suis très attaché à ma région, il n'est pas question pour moi de la quitter même pour mes études. Pau, c'est déjà trop loin !" Un discours que les étudiants de l'UPPA sont nombreux à tenir.

Université -UPPA-Site BayonneLe site de Bayonne // © Isabelle Dautresme

Il faut dire que la région ne manque pas de charme et les deux principaux sites de l'université, d'attraits. Situé au pied des Pyrénées et à 10 minutes du centre de la capitale du Béarn, le site palois s'étend sur un vaste campus verdoyant. Les bâtiments en briques rouges au charme suranné s'articulent autour de pelouses et patios. À quelque 200 kilomètres : la Côte basque. Changement de décor. "Le campus de Bayonne est situé en plein centre-ville, sur l'ancien fort militaire, à deux pas du petit Bayonne, là où se déroulent les célèbres fêtes estivales", s'enthousiasme Marie, doctorante en droit.

La transition lycée-fac facilitée

Université -UPPA-Jocelyn-_L3 Sciences de la terreEn plus d'être une université de proximité, l'UPPA se distingue par sa petite taille. "Nous sommes très peu nombreux en cours, ce qui autorise une réelle proximité avec les enseignants et, par voie de conséquence, la recherche", se réjouit Maxime, en M2 dynamique des écosystèmes aquatiques. Même son de cloche du côté de Thierry. "À 49 par promo, la transition avec le lycée est plus facile." C'est pour cela que Jocelyn (photo ci-contre), en L3 sciences de la Terre, a quitté sa Toulouse natale. "Ici, les enseignants sont davantage disponibles. Cela m'a beaucoup aidé, surtout la première année".

À lire les statistiques du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, les petites universités font effectivement mieux que les plus grandes en matière de résultats en licence. L'UPPA fait ainsi partie des huit universités les plus à même de faire réussir leurs élèves.

Une insertion professionnelle satisfaisante

Université -UPPA-Marie-DroitMais le taux de succès à lui seul ne suffit pas, encore faut-il que le diplôme soit reconnu. Or, qu'en est-il de la valeur des diplômes "estampillés petite université" ? Marie (photo ci-contre) est catégorique : "Dans le cadre de notre master de droit, nous avons participé à des concours d'éloquence. Cela a été l'occasion de constater que nous n'avions rien à envier aux universités parisiennes, mêmes les plus prestigieuses", martèle la doctorante.

Dans l'enquête d'insertion des diplômés 2010 de master du ministère de l'Enseignement supérieur, l'UPPA n'a visiblement pas à rougir de son statut de petite université. Avec un salaire net mensuel médian de 1.680 € et un taux d'insertion de 92%, 30 mois après l'obtention du diplôme, elle se trouve en milieu de liste.

Des équipements au top !

Autre atout du site palois : l'offre culturelle et sportive. "Une superbe salle de spectacles – la Centrifugeuse – au programme éclectique et de qualité, des projections de films d'art et essai, le plus grand mur d'escalade universitaire d'Europe…", énumère Jocelyn, vice-président étudiant de l'université. Une offre dont les étudiants peinent, pourtant, à s'emparer.

"Sitôt les cours terminés, les locaux se vident", déplore-t-il. Et Pierre Mary, fondateur de Radio Campus Pau, d'ajouter : "Les étudiants ? On ne les voit pas sur le campus mais n'allez pas croire pour autant qu'on les retrouve en ville. C'est comme s'ils se volatilisaient ", ironise le jeune homme.

Université -UPPA-La CentrifugeuseAu programme de la Centrifugeuse : des projections de films d'art et essai, le plus grand mur d'escalade universitaire d'Europe… // © Isabelle Dautresme

Une vie associative à inventer

Un constat que partage Mohamed Amara qui a fait de la vie étudiante l'une des priorités de son mandat. Un poste de vice-président délégué à la vie de campus a été créé en 2012, et les initiatives se sont multipliées. À titre d'exemple, pour bien commencer l'année et faire découvrir aux nouveaux étudiants le potentiel sportif et culturel de l'université, un pique-nique est organisé au mois de septembre. "Un après-midi de concerts, de manifestations sportives, une sorte de lancement de la saison culturelle et sportive de l'UPPA", explique Sylvie Drageou, la vice-présidente déléguée à la vie de campus.

Autre initiative, depuis 2012, le jeudi après-midi, les cours laissent la place à l'opération "Enfin jeudi !". Au menu : rencontres sportives (touch rugby), cafés débats, conférences… Le programme est alléchant, mais "on ne s'y bouscule pas encore", reconnaît Sylvie Drageou.

Des étudiants trop bien chez eux

Pour quelles raisons la vie associative de l'UPPA a-t-elle tant de mal à décoller, sur la côte comme à Pau ? "Revers de la médaille d'un recrutement de proximité", répond Mohamed Amara. "Après les cours, les étudiants retrouvent leurs amis et les activités qu'ils avaient au lycée. Ils n'éprouvent pas le besoin de rester sur le campus."

Laura, en licence professionnelle adjoint de direction, en témoigne. La jeune fille a quitté le Lot-et-Garonne (47) pour Bayonne, attirée par la réputation festive de la cité basque. Cinq mois après la rentrée, elle ne se sent toujours pas vraiment intégrée. "Les gens ont leurs habitudes ici. Ils vont à la mer, à la montagne, ils ne voient pas l'intérêt de participer à la vie de l'université".

Université -UPPA-Pau_Etudiants
Dans les locaux de l'UPPA // © Isabelle Dautresme

Un avis que Marie tient toutefois à nuancer : "Si, jusqu'en licence, le sentiment d'appartenance des jeunes à l'université est faible, c'est nettement moins vrai après. À partir du master, les étudiants viennent de partout. Ils ont davantage envie de s'investir dans la vie universitaire", assure-t-elle. Et, avec l'opération "Enfin jeudi !", les choses bougent… Simple frémissement ou vraie renversement de tendance ? Seul l'avenir le dira.

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