Le CPES, un cursus pluridisciplinaire entre la prépa et la licence

Par Malika Butzbach, publié le 21 Mars 2022
5 min

Cette formation sélective de trois ans, qui se déroule dans un lycée et à l’université, conduit à des masters d’excellence et aux grandes écoles.

Il y a moins de deux ans, une seule formation CPES (cycle pluridisciplinaire d’études supérieures) apparaissait sur Parcoursup. Aujourd’hui, elles sont plus d’une trentaine. Cette licence hybride, entre l’université et le lycée, permet aux étudiants de se spécialiser progressivement. "Si l’on hésite entre une classe préparatoire et l’université, le CPES mêle le meilleur des deux mondes", estime Rachel Schurhammer, directrice de la faculté de chimie à l’université de Strasbourg (67) et responsable du CPES de l’établissement qui a ouvert à la rentrée 2021.

70% des cours au lycée et 30% à l'université

Ce cursus s’inspire de celui lancé en 2012 entre Paris Sciences et Lettres et le lycée Henri IV. Les élèves suivent une partie des cours dans un lycée auprès de professeurs qui enseignent en CPGE (classe préparatoire aux grandes écoles), et l’autre à l’université. C’est ce qui a plu à Guillaume, qui fait partie de la première promotion strasbourgeoise. "D’un côté, au lycée Kléber, on suit des cours avec un encadrement important, cela rassure. De l’autre, avec les cours à l’université, on découvre la faculté de géosciences."

Une entrée à petit pas dans l’enseignement supérieur qui est appréciée. Dans la plupart des cursus, en première année, 70% des cours s’effectuent au sein d’un lycée contre 30% à l’université. En deuxième année, cela s’équilibre pour finalement aller vers une majorité, voir la totalité, des enseignements qui se déroulent à la fac en troisième année.

Au sein du CPES ouvert en septembre 2021 par l’université de Paris et le lycée Janson de Sailly, cette dualité permet aux étudiants d’appréhender diverses pédagogies, souligne Charbel Massaad, directeur-adjoint de la faculté des sciences fondamentales et biomédicales de l'université de Paris. "Ils ont des heures de khôlles, comme en prépa mais également des cours pratiques où ils mènent des projets en groupe à l’université."

Lire aussi

Le CPES fait la part belle à la pluridisciplinarité

L’autre atout du CPES réside dans sa pluridisciplinarité. À l’université de Côte d’Azur (06), en première année, les étudiants s’inscrivent dans deux parcours "Humanités, lettres et société" ou "sciences et société", puis ils choisissent deux enseignements majeures et enfin une spécialisation. "Un peu comme sur le modèle de la réforme du lycée", souligne Ali Douai, maître de conférences en sciences économiques, également responsable du cursus qui ouvrira en 2022.

D’autres sont à dominante scientifique mais proposent des parcours distincts, comme au sein de l’université de Paris avec un parcours innovations biomédicales et pharmaceutiques et un parcours environnement et énergies nouvelles.

À l’université de Bordeaux (33), qui ouvre son CPES à la rentrée prochaine, la formation se compose d’enseignements disciplinaires "mais aussi transverses, qui permettent de développer les soft skills (compétences relationnelles, NDLR), et pluridisciplinaires, abordant des enjeux contemporains sous l’angle de plusieurs disciplines", explique Samuel Maveyraud, vice-président des finances de l’établissement.

Lire aussi

Choisir des spécialités en sciences recommandé

Ce cursus exigeant et sélectif s’adresse aux lycéens ayant un solide niveau. Pour évaluer cela, les notes du lycée seront scrutées dans Parcoursup. "On fera davantage attention aux notes des enseignements de spécialités qu’au choix de ces enseignements : il n’y a pas de doublettes obligatoires", prévient Samuel Maveyraud.

Toutefois, pour les parcours scientifiques, il est préférable de suivre des spécialités en lien avec les sciences, préviennent les responsables de formations. "Mais ce que l’on recherche surtout, c’est l’originalité et la curiosité du candidat, prévient Charbel Massaad. Pour cela, le projet de formation motivé sera très important."

L’objectif des CPES est de permettre d'accroître la diversité sociale dans les formations élitistes, d’où un pourcentage de boursiers élevés dans ce cursus. À la fin, les étudiants peuvent s’orienter vers les concours de grandes écoles (commerce, ingénieurs ou IEP), mais également dans des formations universitaires d’excellence.

Après avoir été diplômée du CPES PSL – Henri IV, Mégane est entrée dans une école de journalisme. "Pour continuer d’apprendre", sourit-elle. Parmi ses camarades de promotion, plus de la moitié ont intégré un master sélectif en France ou à l’international, les autres sont entrés dans une grande école.

Articles les plus lus

A la Une Université

Partagez cet article sur les réseaux sociaux !