Les étudiants en parcours "Oui si" réussissent-ils à l’université ?

Par Amélie Petitdemange, publié le 18 Mai 2021
5 min

Une étude du SIES publiée en avril 2021 se penche sur la réussite des étudiants en parcours aménagé dans l'enseignement supérieur. Moins d’un tiers d’entre eux passe en deuxième année de licence.

Dans le cadre de la loi ORE de 2018, les nouveaux bacheliers entrant en licence peuvent bénéficier d’une individualisation de leur parcours afin d’améliorer leurs résultats en première année post-bac.

Les universités peuvent ainsi vous proposer une entrée en licence conditionnée par une modulation spécifique de la formation, les fameux parcours "oui si". L’aménagement de parcours en licence peut prendre deux formes. Soit un accompagnement pédagogique particulier : vous suivez des enseignements spécifiques, en complément de ceux de la licence (cursus avec compléments parallèles). Soit un parcours en licence de plus de trois ans (cursus allongé).

Vous acceptez ou non la proposition après avoir pris connaissance de l’engagement demandé par l’établissement. En 2019, 29.900 candidats ont accepté une proposition "oui si", dont 65% de néo-bacheliers, soit 41% de candidats supplémentaires par rapport à 2018, selon un rapport publié en avril 2021.

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Moins d’un tiers des étudiants "oui si" passent en deuxième année

Moins de 30% des nouveaux bacheliers inscrits avec un aménagement pédagogique sont passés en deuxième année de licence en 2019. A titre de comparaison, c’est le cas de 45% des néo-bacheliers inscrits en première année de licence. Les nouveaux bacheliers inscrits en licence avec des compléments pédagogiques sont aussi plus nombreux à redoubler la L1 que l’ensemble des néo-bacheliers de licence (36% contre 27%).

Parmi les 7.000 bacheliers inscrits en licence avec compléments parallèles en 2018, sept sur dix ne sont pas inscrits en deuxième année à la rentrée suivante (71%).

Il faut cependant prendre en compte que ces aménagements de parcours en licence sont proposés aux étudiants qui rencontreraient le plus de difficultés à suivre leur première année de licence sans accompagnement spécifique. Ils concernent les bacheliers qui ont des antécédents scolaires moins favorables à une réussite dans l’enseignement supérieur que ceux de l’ensemble des néo-bacheliers entrant en licence.

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Les bacheliers généraux tirent leur épingle du jeu

Les bacheliers généraux, moins concernés par les parcours aménagés, sont par ailleurs plus susceptibles de passer en deuxième année que les bacheliers technologiques et professionnels. Les bacheliers généraux représentent en effet 81% des inscrits en L1 en 2018 mais 95% des inscrits en L2.

Cette tendance est nettement plus marquée pour les nouveaux bacheliers suivant un cursus aménagé. Parmi les néo-bacheliers qui suivent un cursus de plus de trois ans qui sont passés en deuxième année de licence, 81% sont des bacheliers généraux (+41 points en 2019), 16% des bacheliers technologiques (-26 points) et 2% des bacheliers professionnels (-16 points).

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Un quart des étudiants accompagnés obtiennent les ECTS attendus

L’étude s’intéresse par ailleurs à la validation des ECTS, c'est-à-dire la validation des unités d'enseignement choisies par l’étudiant. Parmi ceux qui bénéficient d’un aménagement de la durée de la licence, un quart ont acquis le nombre d’ECTS attendus, dont 5% sont passés en L2. Parmi les étudiants qui n’ont pas atteint l’objectif fixé pour cette première année, 62% sont réinscrits en L1.

Contrairement au passage en deuxième année, l'acquisition des ECTS attendus parmi les étudiants qui ne sont pas inscrits en L2 dépend peu du type de baccalauréat. La part de néo-bacheliers en cursus allongé non-inscrits en deuxième année qui n’ont pas acquis les ECTS attendus est de 78% pour les bacheliers technologiques, 80% pour les bacheliers généraux et 84% pour les bacheliers professionnels.

Il n’en est pas de même pour la mention obtenue : 18% des bacheliers qui n’ont pas eu de mention acquièrent les crédits attendus, cette part atteint 29% pour les bacheliers avec mention.

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Des bilans différents selon les universités

Le bilan des parcours "oui si" est cela dit inégal selon les universités, qui ont diversement déployé ces dispositifs. L’université Paul-Valéry (Montpellier) se distingue par exemple par un fort accompagnement : jusqu’à 8h supplémentaires par semaine avec des TP, des cours de méthodologie et des sorties culturelles.

Certaines universités ont par ailleurs rebaptisé le dispositif afin de ne pas stigmatiser les étudiants et de les intégrer davantage. C'est le cas de l’université de Bordeaux, qui parle plutôt de "parcours réussite" ou "parcours adapté". D’une manière générale, les universités sont de plus en plus nombreuses à mettre en place ces parcours, passant de 46 à 62 entre 2018 et 2019.

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