Une licence pro en informatique : pour s’adapter à un secteur en mutation

Par Emmanuel Vaillant, publié le 08 Mars 2013
3 min

Des spécialités dans la spécialité, telle est la tendance de l'offre parmi les 340 licences professionnelles qui touchent aux métiers de l'informatique, de l'administration de bases de données à la sécurité des réseaux. “Mais si ces licences correspondent à des métiers identifiés, pas question d'hyperspécialisation, prévient Marie-Agnès Peraldi-Frati, maître de conférences en informatique à l'IUT de Nice-Sofia-Antipolis. Le contenu des formations doit permettre aux étudiants d'évoluer dans un secteur informatique toujours en mutation. Pour cela, nous leur apprenons à apprendre."

 
Ouvertes à tous les cursus scientifiques

 

Les étudiants en licence pro sont issus en majorité d'un bac+2 : BTS et surtout DUT. S'ils sont les plus nombreux à venir de la spécialité informatique, le recrutement de profils scientifiques non spécialisés est courant. “Comme la plupart des cursus scientifiques, y compris les licences générales, intègrent de l'informatique, les étudiants n'ont pas de difficultés à s'adapter à notre programme”, note Bernard Lickel, directeur de l'IUT Robert-Schuman de l'université de Strasbourg.

 
Cap vers des PME en informatique

 

“La qualité de l'insertion tient vraiment à notre capacité à nous adapter aux besoins des entreprises”, souligne Marie-Agnès Peraldi-Frati, qui cite en exemple l'option imagerie et jeux vidéo de la licence en systèmes informatiques, laquelle a été abandonnée, faute d'insertion suffisante, au profit de l'option développement d'applications multimédia, en forte croissance avec l'essor des tablettes numériques.

En outre, en s'adressant à des PME en informatique, ces licences professionnelles en alternance ou via des stages servent à repérer les candidats à recruter une fois qu'ils ont été diplômés.

Adrien, 26 ans : “Voir l'application de ce qu'on apprend, c'est très gratifiant”
Titulaire de la licence professionnelle développeur d'applications nouvelles technologies au CFA de l'UPMC (université Pierre-et-Marie-Curie) à Paris, Adrien est aujourd'hui développeur Web dans une start-up.
Son orientation. Après un bac S, Adrien a d'abord suivi sa passion pour la montagne en préparant une licence de... géologie : “J'ai pris mon temps pour passer cette licence, car j'avais d'autres priorités que les études. Et un jour, je me suis dit qu'il était temps de me lancer dans un métier et de gagner de l'argent.” Sur les conseils d'un enseignant, il choisit une licence pro en développement d'applications. “J'ai toujours apprécié l'informatique. J'avais même déjà fait de la programmation en réalisant des petits jeux, façon un peu geek.”
Sa formation. “J'ai tout de suite apprécié les cours qui associent des points théoriques avec des projets à réaliser très concrets. Voir l'application de ce qu'on apprend, c'est très gratifiant. Et l'alternance de trois semaines en entreprise, trois semaines en cours était intéressante.”
Son métier. Une réponse à quatre annonces, quatre entretiens et trois propositions de poste : à sa sortie de licence pro en juin 2012, Adrien n'a pas connu la crise : “J'ai choisi le poste le plus intéressant, très motivant intellectuellement, pas forcément le mieux payé, dans une start-up en forte croissance développant une application sur tablettes et smartphones pour des mix musicaux.”
Son salaire brut mensuel : environ 3.000 €.

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