Après l’internat de médecine, les concours continuent

Par Virginie Bertereau, publié le 20 May 2009
3 min

Christophe Vidal, 27 ans, est en troisième année d’internat de médecine. Sa spécialité : la chirurgie orthopédique. De l’examen classant national aux responsabilités d’interne de garde, il nous fait vivre le parcours et le quotidien des médecins en devenir.

Quel étudiant croit que tout est réglé une fois passé le PCEM1 ? Même après l’ECN (examen classant national), même après leur thèse de médecine, pas question pour les médecins de se reposer sur leurs lauriers. "L’apprentissage ne s’arrête jamais. Même à 50 ans, on apprend toujours", assure Christophe. A l’hôpital, la suite logique pour les internes consiste à devenir chef de clinique : un poste de médecin et de professeur à l’université. Et là encore, il faut batailler. "Il est de plus en plus difficile d’obtenir un poste car le nombre d’internes augmente quand celui de chefs de clinique stagne ou baisse. En attendant, on peut occuper un poste de praticien contractuel ou d’attaché (ce qui signifie que l’on ne donne pas de cours)". Qu’est-ce qui peut jouer en votre faveur ? "La qualité de votre travail, bien sûr, mais aussi votre réseau. Tout se joue très longtemps à l’avance, dès la première ou la deuxième année d’internat", confie Christophe. Du reste, celui-ci a demandé et obtenu une promesse pour un poste en 2012.

Une parenthèse dédiée à la recherche


Auparavant, le jeune homme doit encore effectuer deux années d’internat. Ensuite, il a décidé de prendre un an pour faire de la recherche fondamentale. "Je vais travailler sur des cellules souches et leur interaction avec des biomatériaux destinés au comblement des grandes pertes osseuses. C’est de l’ingénierie cellulaire". Cette parenthèse présente plusieurs avantages : faire avancer la science, s’ouvrir des portes vers une carrière hospitalo-universitaire et souffler un peu le temps d’une année. Inconvénient : le travail n’est pas rémunéré. "Il existe des bourses de recherche (18 000 € par an) pour compenser", indique Christophe.

Privé ou public ?


Après chef de clinique (un poste de deux ou quatre ans), deux voies s’offrent aux médecins. "Si on veut rester à l’hôpital, on passe un concours pour devenir praticien hospitalier. C’est une compensation pour tout le temps passé à l’hôpital, le travail fourni en tant que cheville ouvrière". Il faudra ensuite passer un ultime concours et l’agrégation de médecine pour atteindre le sommet de la pyramide dans un CHU (centre hospitalo-universitaire) : le poste de PU-PH (praticien universitaire - praticien hospitalier) et obtenir le titre de professeur. Autre possibilité : partir dans le privé. "Ce n’est pas plus calme ! Dans le privé, vous devez payer 70 % de charges et du matériel (coûteux) , tout en essayant d’être rentable. Il faut donc travailler intensément pour gagner sa vie…". Conclusion : Christophe le reconnaît volontiers : "chirurgien est un métier passionnant mais très prenant. Il faut vivre avec une personne compréhensive…". Et de citer une statistique effrayante : "deux tiers des chirurgiens franciliens divorcent". Ce qui n’empêche pas le jeune homme de s’être marié.


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