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Portrait

Un interne explique l’internat de médecine

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Christophe Vidal, 27 ans, est en troisième année d’internat de médecine. Sa spécialité : la chirurgie orthopédique. De l’examen classant national aux responsabilités d’interne de garde, il nous fait vivre le parcours et le quotidien des médecins en devenir.

De PCEM1 à DCEM4, il faut au minimum (c’est-à-dire sans redoubler) six ans d’études avant de devenir interne. L’internat dure ensuite de trois (pour les médecins généralistes) à cinq ans (pour les chirurgiens par exemple). "On change de lieu de formation à chaque semestre. Selon l’une des règles, il faut effectuer un stage dans la sous-spécialité visée (dermatologie, chirurgie cardio-vasculaire, rhumatologie, ORL, etc.) au cours des quatre premiers semestres de l’internat. Dans mon cas, je devais obligatoirement passer dans un service de chirurgie orthopédique de CHU (centre hospitalo-universitaire). Une autre règle nous impose des passages obligés dans certains services, comme en chirurgie pédiatrique ou en centre hospitalier non universitaire (dit "centre périphérique")", indique Christophe, interne en troisième année. Problème : en trois ans, les externes ne réalisent que douze stages. Parfois insuffisant pour découvrir toutes les facettes de la médecine et se décider. Les étudiants ont donc finalement peu de temps pour choisir leur voie…
 

La loi du classement et de l’ancienneté

 
Deux facteurs de poids entrent également en ligne de compte dans l’attribution des stages : le classement à l’ECN (examen classant national) et l’ancienneté. "Il y a un pool de postes d’internes au choix. Le premier à choisir, c’est le mieux classé de la plus ancienne promotion puis le deuxième classé de la plus ancienne promotion, etc. L’ancienneté compte en priorité sur le classement", précise Christophe. Petit clin d’œil : "la chirurgie orthopédique est moins demandée que l’ophtalmologie ou l’ORL (où le rythme est peut-être plus cool), mais c’est grave mieux, comme disent les jeunes", prêche-t-il.
  

90 % de pratique, 10 % de théorie

 
Ces règles du jeu complexes mises à part, que signifie être interne ? "C’est associer un parcours universitaire à un parcours hospitalier, bénéficier d’une formation à 90 % pratique (grâce aux stages) et à 10 % théorique". Un peu comme en alternance. La théorie comprend les articles à écrire dans sa spécialité, la participation au staff (ce moment de la journée où les médecins se penchent sur les dossiers des patients traités ou à traiter) ou encore les cours pour le DESC (diplôme d’études spécialisées complémentaires). "Les cours ont lieu une fois par mois, toute la journée. Tous les internes de chirurgie orthopédique de Paris se retrouvent. On peut s’y inscrire à partir du cinquième semestre", explique Christophe.
 

Etudiants rémunérés

 
Les internes touchent une rémunération pour le travail effectué en stage. Celle-ci est croissante en fonction des années. "On touche 1 200 € net en première année, 1 400 € en deuxième année, 1 600 € en troisième année, etc. Les gardes permettent de toucher plus : comptez environ 100 € par garde en semaine, plus le week-end et les jours fériés. Au total, je gagne donc environ 2 500 € par mois car je prends deux gardes par semaine. On y apprend beaucoup". Pour le nombre d’heures passées (de dix à douze les jours sans garde), cela peut paraître maigre. Mais les internes sont encore des médecins en formation…

Pour aller plus loin : Études de médecine : le top des villes et des spécialités selon les internes / "Internez-nous !" : les anecdotes d’étudiantes en médecine générale / Classement des facs de médecine : lesquelles préparent le mieux aux ECN ? / Médecine : les spécialités les plus prisées

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