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Décryptage

Loi sur l'enseignement supérieur et la recherche : ce qui va changer pour les étudiants

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Assurer la réussite étudiante : l'un des objectifs premiers de la loi sur l'enseignement supérieur et la recherche, dont l'examen en séance publique a débuté à l'Assemblée nationale le 22 mai 2013. // © Camille Stromboni
Assurer la réussite étudiante : l'un des objectifs premiers de la loi sur l'enseignement supérieur et la recherche, dont l'examen en séance publique a débuté à l'Assemblée nationale le 22 mai 2013. // © Camille Stromboni

Assurer la réussite étudiante : voilà l'un des objectifs premiers de la loi sur l'enseignement supérieur et la recherche, dont l'examen en séance publique a débuté à l'Assemblée nationale le 22 mai 2013. À la veille de l'ouverture des débats parlementaires, retour sur plusieurs points clés pour les étudiants.

Priorité aux bacs pros et technos en BTS et DUT

Le projet de loi veut donner la priorité aux bacheliers professionnels en STS (sections de techniciens supérieurs) et aux bacheliers technologiques en IUT (institut universitaire de technologie). Celle-ci se matérialisera par des quotas qui seront fixés par les recteurs, en fonction des académies et des spécialités de diplôme.

Des places réservées aux meilleurs bacheliers dans les filières sélectives

La nouvelle loi souhaite élargir l’accès aux filières sélectives (IUT, BTS, classes préparatoires) à tous les lycées. Le texte, encore un peu flou, veut permettre aux meilleurs bacheliers de chaque lycée de se voir réserver un accès à ces filières sélectives. L’idée étant de contrecarrer le manque d’informations et l’autocensure sociale qui freinent des candidats pour intégrer certains établissements. Concrètement, les meilleurs élèves de chaque lycée devraient se voir proposer des inscriptions en IUT, BTS ou CPGE, qu’ils seront libres d’accepter ou de refuser.

Des classes prépas bientôt payantes

Chaque lycée qui compte une CPGE (classe préparatoire aux grandes écoles) devra conclure une convention avec une ou plusieurs universités de son académie. Un lien à mettre en place également pour les lycées disposant d'une STS (sections de techiciens supérieurs).

Cette convention devra prévoir des “rapprochements dans les domaines pédagogique et de la recherche et de faciliter les parcours de formation des étudiants”, établit le projet de loi. Soit une obligation encore large, qui pourrait être renforcée avec les amendements du rapporteur de la loi, Vincent Feltesse, autour des questions de co-inscriptions ou de frais de scolarité en commun. La loi revient aussi sur le principe de gratuité des CPGE. Les étudiants inscrits devront désormais s'acquitter des mêmes frais d'inscription que leurs camarades de l'université, soit 220 €, avec des exceptions pour les boursiers.

Une licence plus progressive et pluridisciplinaire

Le premier cycle a désormais une finalité supplémentaire : “permettre la constitution d'un projet personnel et professionnel, sur la base d'une spécialisation progressive des études”, indique le projet de loi. Cet ajout ouvre la voie à la mise en place d'une licence universitaire plus généraliste, défendue par la ministre de l'Enseignement supérieur et la recherche Geneviève Fioraso.

“La loi prévoit d’introduire davantage de pluridisciplinarité dans le cursus de la licence, afin de faciliter la spécialisation progressive et les réorientations”, expliquait-elle dans son discours de vœux. Ce qui se traduira par une première année de licence plus large, afin d'augmenter le nombre de choix possibles ensuite, et de diminuer les échecs.

Le comité de suivi de la licence a déjà émis ses propositions d'une nouvelle nomenclature des intitulés de licence générale, passant de 300 mentions à 36. Prochaine étape : la concrétisation de cette volonté inscrite dans la loi, avec une réforme de la licence.

Des expérimentations dans la filière santé

L'article 22 du projet de loi ouvre l'expérimentation sur de nouvelles modalités d’accès aux études médicales. Il pourra s’agir de réorientations pour les étudiants de première année n’ayant pas réussi les épreuves portant sur les enseignements dispensés en début d’année.

Également en option : la mise en place, pour des étudiants ayant suivi un premier cycle adapté qui conduit à un diplôme de licence, d’une admission différée en 2e ou en 3e année des études médicales, odontologiques, pharmaceutiques et de maïeutique.

Une mesure qui a provoqué une forte réaction de la Fage, confédération étudiante, qui dénonçait la possible sélection introduite dans les études de santé. La discussion avec le ministère et le rapporteur de la loi semble avoir diminué ces craintes.

À lire sur EducPros :
Les 15 points clés du projet de loi sur l'Enseignement supérieur et la recherche
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