1. À l'université de Perpignan, le besoin de se renouveler, l'énergie pour y arriver
Reportage

À l'université de Perpignan, le besoin de se renouveler, l'énergie pour y arriver

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Rénover ses locaux, réinventer le tutorat pour les étudiants en L1, développer l'insertion professionnelle de ses diplômés… Pour relever les défis auxquels est confrontée aujourd'hui cette faculté pluridisciplinaire de moins de 10.000 habitants, l'UPVD dispose de réels atouts. Parmi eux des formations qui attirent des étudiants du monde entier, à l'image de sa filière phare consacrée aux énergies renouvelables. Zoom sur une université qui vise un développement durable.

À l'ombre des palmiers et des pins maritimes, il fait visiblement bon étudier pour les 9.600 étudiants de l'UPVD, répartis entre Perpignan et les 5 antennes (Font-Romeu, Tautavel, Mende, Narbonne et Carcassonne) que compte l'université. Reportage en terre catalane sur le campus principal, qui travaille à développer encore plus le bien-être de ses futurs diplômés.

Université Perpignan via Domitia - UPVD
Sur le principal campus de l'UPVD (université de Perpignan via Domitia),
situé dans la capitale des Pyrénées-Orientales.

"C'est une université à taille humaine", déclarent bon nombre d'étudiants de l'UPVD (université de Perpignan Via Domitia), où ils estiment qu’il est facile de s'intégrer. "Nous nous sommes rencontrées à l'occasion de la première soirée d'intégration organisée par des étudiants de L2 de la Corpo Droit Perpignan. L'avantage ici, c'est que l'on se stabilise rapidement, les gens sont avenants", racontent quatre étudiantes de L1 en droit.

Pour Théo et Thomas, deux étudiants en licence de sciences de la Terre et de l’environnement pour le premier et biologie-écologie pour le second, "il existe de nombreuses associations étudiantes, de sport notamment". Ceux-ci reconnaissent toutefois, comme beaucoup d'autres, ne pas connaître la Maison de l'Etudiant, qui chapeaute les activités sociales de l'université.

 
Une fac en voie de rénovation

 

Ces atouts ne doivent pas masquer quelques défauts… "Certains amphis sont très sales", regrettent certains élèves, même si plusieurs bâtiments ont été rénovés dans l'enceinte de l'université. Un problème que Fabrice Lorente, le jeune président de l'établissement - il est âgé de 35 ans - reconnaît notamment à propos de l'amphi 3, "une priorité absolue, à l'ordre du jour des prochains investissements".

En outre, l'accessibilité reste à améliorer, tant "pour les personnes handicapées", explique Julien, élu au CEVU (Conseil des études et de la vie universitaire), que du fait d'un manque de pistes cyclables et d'une desserte insuffisante par les lignes de bus.
  

Le plan vert : une action collective pour améliorer le campus

 

Face à ces problèmes, un "Plan Vert" d'aménagement durable du campus a été impulsé par David Giband, vice-président chargé du patrimoine. Une dynamique collective qui s'appuie sur un outil innovant : la "Carte Gulliver". "Il s'agit d'une carte de 7m par 5m posée au sol qui représente un plan de l'université et des quartiers voisins. Quelque 160 personnes de la communauté universitaire et riverains du quartier y ont inscrit leurs idées pour faire progresser le campus", expliquent Naoille, Elisa, Stéphanie et Constance, 4 étudiantes qui mènent l'enquête et qui remettront bientôt un cahier de doléances d'un nouveau genre aux dirigeants de l'université.

Ce projet est mené dans le cadre de leur master urbanisme, habitat et aménagement. Une formation très demandée au niveau national : "Près de cinquante étudiants sont admis pour environ 200 à 300 candidatures venues de toute la France chaque année", précise David Giband, son directeur.

 
Des formations qui attirent

  
Autre caractéristique de l'université : sa grande palette de formations, même si les disciplines de médecine et de pharmacie n'y sont pas représentées. Certains cursus suscitent un engouement important, comme la filière STAPS (sciences et techniques des activités physiques et sportives) ou les enseignements de biologie-écologie.

Mais la filière qui monte à Perpignan est celle consacrée aux énergies renouvelables. Elle attire des étudiants de tous les coins de France, voire du monde entier.

 
Un tutorat à réinventer

 
Reste un problème : au niveau L1, le taux d'échec atteint parfois 40% et certains étudiants manifestent le besoin d'être encadrés. "Il serait bienvenu que l'on puisse contacter des étudiants de L2 ou L3 pour qu'ils nous aident, car les profs partent trop rapidement après leurs cours", suggère Ann, étudiante en L1 de lettres modernes.

Le dispositif de tutorat existant devrait être arrêté cette année pour raisons budgétaires et "faute d'implication des tuteurs et des tutorés. Nous envisageons de le remplacer par un système d'enseignants référents, qui pourront répondre aux questions des étudiants", explique Romain Petiot, directeur de la DOSIP (direction de l'orientation, des stages et de l'insertion professionnelle).

 
L'insertion : un enjeu pour l'université

 
L'insertion professionnelle est également un enjeu pour l'université. Dans le département des Pyrénées-Orientales, le chômage touche près de 15% de la population active. Très mobilisé, le BAIP (bureau d’aide à l’insertion professionnelle) de l’université a établi un partenariat avec 15 entreprises locales, innovantes ou industrielles. Une dynamique mise en lumière à l'occasion d'un grand forum professionnel qui s'est tenu en octobre 2012 sur le campus.

L'UPVD en quelques chiffres
- Nombre d'étudiants : 9.600
- Nombre d'étudiants dans les cursus énergies renouvelables : 550
- Taux d'étudiants étrangers : 28 %- Nombre de nationalités : 108
- Taux de boursiers : 33 %
- Nombre d'enseignants-chercheurs titulaires : 455
- Nombre de personnels administratifs : 460
Sommaire du dossier
Les énergies renouvelables : une filière phare à l'UPVD