1. Lutte contre l'homophobie, les initiatives étudiantes

Lutte contre l'homophobie, les initiatives étudiantes

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Le 17 avril 2010, la FIDL (Fédération Indépendante et Démocratique Lycéenne) lance une nouvelle campagne de lutte contre l'homophobie.

Toute discrimination faite à l’égard de l’homosexualité est pénalisée depuis 1985. Pour autant, l’homophobie n’a pas disparu du paysage. Et encore moins des cours d’écoles. « Dans mon collège, il y avait beaucoup d’insultes homophobes. Un jour, j’ai fait un smack sur la bouche à une copine, par jeu, et les rumeurs et propos déplaisants ont fusé », se souvient Myriam Géraert, lycéenne en classe de seconde, au lycée Corot de Douai (59). Elle est chargée de la mise en place de cette campagne, qui se déroule du 17 avril au 26 juin 2010, date de la prochaine marche des fiertés à Paris.

Des événements pour la journée internationale contre l’homophobie

Affiche campagne homophobie FIDLwww.homophobie.fidl.org, site Internet dédié à cette campagne, propose une affiche et des plaquettes explicatives, et revient notamment sur le pourquoi et le comment de l’homophobie. Une information d’autant plus nécessaire que « l’homophobie [est] identifiée comme un facteur de risque de comportement suicidaire », rappelle l’INPES (Institut national de prévention et d’éducation pour la santé) sur son site Internet. Le temps fort de la campagne de la FIDL est prévu le 17 mai 2010, journée internationale contre l'homophobie (en référence à la date à laquelle l'homosexualité a été rayée par l'OMS de la liste des maladies mentales, en 1993). Concerts, pièces de théâtre et distributions de préservatifs sont déjà programmés. Et un concours photos devrait s’ajouter à la liste.

Buzz, flash mob et Gay Pride

Le réseau social Facebook et le service de micro-blogage Twitter, serviront également à mobiliser les lycéens autour de différents événements. Grâce à ces outils, Myriam Géraert imagine « des événements qui feront le buzz, dans tous les départements ». A la fin de la Marche des fiertés lilloise, le 5 juin 2010, elle prévoit déjà d’organiser un flash mob freeze [mobilisation éclair, qui consiste à rassembler un groupe de personnes dans un lieu public qui restent figées pendant un court instant pour mimer une scène, ndr]. Mot d’ordre : « des lycéens du même sexe s’immobiliseront quelques minutes pour former des couples homosexuels ». Une initiative originale, qui pourrait se décliner dans l’ensemble des Gay Pride organisées en France.

Homophobie et suicide

« La FIDL lutte contre toutes les formes de discriminations. « Mochophobie et grossophobie incluses ! », s’amuse la lycéenne. Et l’homophobie n’est pas de celles qui mobilisent le plus. D’après Myriam Géraert, « on parle beaucoup moins de l’homophobie que du racisme et de la violence en général ». « Si un lycéen en traite un autre de « sale arabe », on va réagir, alors qu’il peut le traiter de « sale pédé » sans que personne ne réagisse ».Ces insultes peuvent pourtant faire très mal.

QUI CONTACTER ?

* SOS Homophobie

L’association assure un service d'écoute téléphonique nationale pour les personnes victimes ou témoins, d'actes ou de discriminations homophobes.
0 810 108 135 à partir d’un fixe (prix d’un appel local)
01 48 06 42 41 à partir d’un portable

* Ligne Azur
Cette ligne a été mise en place par l’Etat pour les jeunes en questionnement sur leur sexualité.
0 810 20 30 40 (prix d'un appel local)

* Fil Santé Jeunes
Un chat, des forums, de la documentation, des réponses personnalisées avec des médecins et des psychologues autour de la sexualité. Ce site est réservé aux 12-25 ans.
Appel possible par Skype.
3224 depuis un poste fixe
01 44 93 30 74 depuis un portable

Isabelle Maradan
13.04.10
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Campagne contre l'homophobie dans les universités