MT180 : à Paris-Saclay, une doctorante engagée dans la transition alimentaire

Par Florian Dacheux, publié le 25 Mars 2021
4 min

Doctorante en nutrition humaine, Alison Dussiot a remporté le 1er prix du jury lors de la finale de "Ma thèse en 180 secondes" de l’Université Paris-Saclay. Rencontre avec une jeune femme bien décidée à relever le défi de la transition alimentaire.

C’est avec beaucoup d’humour et de légèreté qu’Alison Dussiot, 30 ans, a fait la différence jeudi 11 mars sur la scène de l’amphithéâtre de l’ENS Paris-Saclay. Comme 14 autres doctorants, elle avait très exactement 180 secondes pour expliquer en des termes simples ses travaux de recherche lors de cette finale à huis-clos retransmise en direct sur Youtube et Facebook.

Doctorante en nutrition humaine au Laboratoire Physiologie de la nutrition et du comportement alimentaire d’AgroParisTech-INRAE, elle a reçu le 1er prix du jury, avec sa thèse intitulée : "Quelle prospective et quelles modalités nutritionnelles dans le cadre d'une transition proflexitarienne de l'alimentation en France ? Analyse des leviers et freins nutritionnels et diététiques à la diminution de la consommation de viande".

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"Combattre ma timidité"

Alors comment expliquer des mois de travail en trois minutes chrono ? Une question de préparation. "On a eu quatre modules de formation avec deux encadrants dont une comédienne issue des Cours Florent, témoigne Alison. C’était un challenge de combattre ma timidité et d’améliorer ma capacité à m’exprimer à l’oral. C’est important, surtout que l’enseignement public en France nous forme assez peu à communiquer à l’oral."

Originaire de Paris, Alison a effectué sa scolarité à Henri IV où elle obtient un bac S en 2008 avant d’y effectuer une classe préparatoire. Elle intègre ensuite le cursus ingénieur d’AgroParisTech dont elle est diplômée en 2013, tout en bouclant cette même année un master 2 à l’université Paris-Diderot.

Curieuse des rapports entre l’homme et l’animal, Alison se spécialise peu à peu dans les questions relatives à la nutrition. "Pour l’homme, l’animal est à la fois une nourriture, une source de revenus, un compagnon affectif, confie-t-elle. Pour l’animal, l’homme est à la fois un chasseur, un protecteur, un admirateur. Cette cohabitation comme les conditions d’élevage m’ont toujours interpellée."

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Des abattoirs au sujet de thèse

Après deux années en tant que fonctionnaire sous tutelle du ministère de l’Agriculture à l’Ecole nationale des services vétérinaires de Marcy-l’Etoile (69), elle file en Normandie en tant que cheffe de pôle du service régional de l’alimentation de la DRAFF (Direction régionale de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt). Sur place, au contact d’inspecteurs vétérinaires, elle y découvre pendant quatre ans l’univers impitoyable des abattoirs. Le déclic pour entamer son sujet de thèse en septembre 2019.

"Les abattoirs sont des lieux décisifs pour s’assurer de la sécurité alimentaire et mes visites régulières m’ont confortée dans le choix de faire une thèse sur la place des produits carnés dans notre alimentation. J’aimerais savoir si l’homme peut modifier son régime omnivore et réduire sa consommation de viande sans que ça nuise à sa santé. Tout le monde y gagnerait, en termes sanitaires, mais aussi en termes de protection animale avec des méthodes d’abattage plus éthiques."

Actuellement en seconde année de thèse, elle bouclera cette formation dite "complémentaire par la recherche" en août 2022. A terme, elle compte poursuivre sa mission dans le secteur public pour occuper un poste au sein d’une administration centrale ou d’un service déconcentré d’un ministère.

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