Portrait de fac : objectif licence à l'UPMC

Par Camille Stromboni, publié le 01 Octobre 2012
7 min

Avec près de 33.000 étudiants, l'université Pierre-et-Marie-Curie constitue un mastodonte, partagé entre les sciences – 70 % des étudiants – et la médecine. Zoom sur son campus principal, Jussieu, où la réussite en licence est désormais l'objectif n°1.

La prestigieuse université Pierre et Marie Curie s'est fixé un objectif prioritaire : la réussite en licence. Pour l'atteindre, l'établissement tente de mieux accueillir ses nouveaux étudiants, mais aussi d'adapter son cursus de formation. L'enjeu est de taille : encore plus de la moitié des étudiants en sciences ne valident pas leur 1re année.
 
"L'UPMC travaille à ce que la 1re année de licence de sciences ne soit plus "l'année casse-gueule" mais l'année tremplin !" résume Anthony Allali, vice-président étudiant. 50 % à 60 % des étudiants restent en effet pour l'instant sur le bord de la route à l'issue de leur L1 en sciences et technologie. C'est avec une rentrée festive que l'université scientifique a innové en 2012, pour accueillir au mieux ses étudiants : la Welcome Week.


Une Welcome week pour mieux intégrer les étudiants

Les nouveaux arrivants sur le Campus de Jussieu, qui réunit les formations de sciences, étaient agréablement surpris de voir autant de stands présentant les services de la fac pendant une semaine début septembre, avec des aires de pique-nique et des animations sur une scène ouverte avec DJ, quiz, concerts, etc. Sans oublier un challenge original : la Tour Zamanski agrémentée d'une fresque de post-it réalisée par un étudiant, représentant… des moutons. "Je ne comprends pas, nous, on n’a pas eu ça !", plaisante une étudiante en 2e année. Le constat est unanime : "très sympa" !
 
 
De nombreuses animations sont proposées lors de la Welcome Week, de quoi intégrer les nouveaux étudiants plus facilement.

"On est pas trop habitué à participer à des trucs comme ça", sourit deux étudiants qui viennent d'entrer à l'UPMC en licence professionnelle." "Cela permet aux étudiants de 1re année de voir qu'ils ne sont pas seuls. C'est important car l'entrée à l'université, c'est un changement assez énorme. Si on rate son intégration, la fac peut paraitre fade. On s'ennuie. Et souvent on échoue. Alors qu'ici, c'est un immense espace de liberté, et c'est justement le moment de bâtir sa vie, il ne faut pas passer à côté", souligne Anthony Allali.
 
 
À Jussieu, le sport reste primordial pour une vie étudiante épanouie.

"Avec cette semaine festive, nous voulons justement changer le regard de l'étudiant sur la fac, ajoute le président de l'université Jean Chambaz. Venir à l'université, ce n'est pas juste entrer dans un amphi, prendre son cours et repartir. C'est se développer de manière générale, en faisant du sport, en participant à une association, à la vie étudiante."


Journées de pré-rentrée : des étudiants pilotes pour se repérer

Outre cette initiative toute neuve, l'UPMC organise des journées de pré-rentrée, pendant lesquelles les nouveaux arrivants ont des amphis de présentation et sont accueillis par des étudiants "pilotes", qui leur montrent le campus, par petit groupes, section par section [BGPC/MIME/PCME].

"On les aide à finir leur inscription, on leur fait visiter les lieux qui leur seront utiles, comme la salle informatique, la bibliothèque. Et surtout, on répond à leurs questions sur les emplois du temps, qui sont toujours un peu compliqués à comprendre", explique Clémence, étudiante "pilote", en L2 Informatique.


Lors des journées de pré-rentrée, des "amphis de présentation" sont organisés pour les nouveaux venus.

"C'est aussi l'occasion de sympathiser avec d'autres étudiants, explique Manon, en L2 biologie. Parce que quand on arrive en 1re année, c'est très grand, plutôt impressionnant, les amphis sont énormes… et on est un peu tous seuls."


Éviter une spécialisation trop précoce

 
L'université parisienne suit une autre piste pour améliorer la réussite en licence : ouvrir son cursus de 1er cycle, pour éviter une spécialisation trop précoce. Aujourd'hui, quand un bachelier arrive en sciences à l'UPMC, 3 grands portails lui sont accessibles : maths-informatique-sciences de l'ingénieur (MIME) ; physique-chimie-mécanique-électronique (PCME) ; biologie-géologie-physique-chimie (BGPC).

"Dès la fin du 1er semestre, l'étudiant détermine le type de discipline qu'il va poursuivre ensuite. Nous voulons qu'il ne soit plus obligé de faire ce choix si tôt", explique Fabrice Chemla, vice-président Formation.
 
 
L'université souhaite un bébut de formation plus général, l'étudiant choisira sa spécialisation à partir de la 2e année.

Dès la rentrée 2013, et progressivement, un système de "majeure" [60% de la formation] et de "mineure" [le reste de la formation] sera mis en place. Ce qui permettra de choisir véritablement sa discipline seulement à la fin de la 2e année d'études, après avoir eu l'occasion de toucher un peu à tout. "Faire deux disciplines, c'est beaucoup plus motivant et cela permet d'acquérir des connaissances dans plusieurs champs disciplinaires", explique le vice-président.


Un soutien pour les étudiants en difficulté

Une manière d'étendre l'expérience des bi-cursus, qui rencontrent un grand succès [soit sciences/sciences, soit sciences/sciences humaines et sociales au sein du collège de la Sorbonne], mais sont réservés à un petit nombre d'étudiants. "À l'issue d'une licence classique, un étudiant pourra, s'il prolonge ses études en validant certains enseignements supplémentaires, obtenir aussi la licence dans la matière qu'il a suivie en mineure", prévoit Fabrice Chemla.

L'université envisage enfin de mettre en place, dans toutes les licences scientifiques, une unité d'enseignement pour travailler sur son orientation et son projet professionnel, et une unité d'enseignement de renforcement en une ou deux matières pour les étudiants en difficulté. Autant de projets qui devraient donner plus de chances aux futurs étudiants pour passer le cap de la 1re année.


3 conseils pour réussir sa 1re année à l'UPMC1.
Se prendre en main tout de suite"Il faut vraiment travailler dès le 1er semestre, parce qu'après c'est de plus en plus difficile", explique Clémence, en L2 Informatique.
2. Aller en coursOui vous êtes libres, c'est l'université, personne ne va faire la pelle en amphi… "Même si nous avons les polycopiés de la plupart des cours, il faut y assister car les profs ajoutent énormément de choses à chaque fois. Et ce sont eux qui préparent les examens et nous notent à la fin, insiste Clémence. N'oubliez pas non plus que les TD comptent pour un tiers de votre note.""Nos profs sont accessibles, on peut poser toutes nos questions, on n'est pas laissé à l'abandon", ajoute Manon, en L2 biologie, qui conseille d'être régulier, pour ne pas perdre pied.
3. Être curieuxL'université, c'est ce que vous en faites ! "Il faut profiter des toutes les opportunités pour s'ouvrir l'esprit, en faisant du sport ou en s'investissant dans une association, et surtout, ne pas rester seul", conseille le président de l'UPMC Jean Chambaz.


UPMC : où sont les médecins ?
C'est presque une autre fac. À l'UPMC, les scientifiques ne croisent quasiment jamais les 11.000 médecins. Ils ne sont en effet pas sur les mêmes campus : les étudiants en sciences et technologies sont à Jussieu, ceux en médecine sont à La Pitié-Saint Antoine.
La question de la réussite en 1re année se pose pour eux tout à fait différemment puisque la PAES [1re année d' études de santé] se termine par un concours, qui laisse plus de 75 % des 2.200 étudiants sur le bord de la route."Tous les ans, c'est une catastrophe. Même parmi les bacheliers qui ont la mention Très bien, 20 % échouent à cette 1re année, 50 % parmi ceux qui ont la mention Bien, 75 % des mentions Assez bien et environ 95 % des bacheliers sans mention. Ce sont des chiffres terribles que les lycéens doivent bien entendre avant de s'engager", souligne le vice-président Formation. D'autant que les réorientations après la PACES [en rejoignant une L2 en sciences par exemple] sont encore très limitées.

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