1. Portrait d'université : Paris-Sud, la science pour tous
Reportage

Portrait d'université : Paris-Sud, la science pour tous

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Université Paris-Sud - La bibliothèque universitaire du campus Orsay. // © Sophie Blitman
Université Paris-Sud - La bibliothèque universitaire du campus Orsay. // © Sophie Blitman

Rassemblant 27.000 étudiants et une centaine de laboratoires de recherche, Paris-Sud est une université pluridisciplinaire qui s'étend sur 5 campus, dans 3 départements d'Île-de-France (91, 92 et 94). Cultivant sa réputation d'excellence notamment en sciences et en médecine, l'établissement s'attache néanmoins à remplir sa mission de service public en mettant en place des dispositifs de soutien et de réorientation.

Au bout de la ligne du RER B, une étendue verdoyante de plus de 200 hectares, souvent déserte aux heures de cours, traversée périodiquement par quelques bus et voitures : tel est le campus d'Orsay (91), le principal site de l'université Paris-Sud. Pour se plonger dans l'ambiance étudiante, il faut rejoindre, à l'heure du déjeuner, l'un des restos U ou cafétérias du campus, ou se rendre Chez Yvette après les cours : des concerts ont régulièrement lieu dans cette K'fet tenue par des étudiants du côté de Bures-sur-Yvette, notamment en fin de semaine.
  

Université Paris-Sud - l'une des cafét du campus d'Orsay © S.Blitman mars 2013

 Le campus d'Orsay s'anime à l'heure du déjeuner, notamment autour des cafétérias. © S. Blitman.

Une vie étudiante dispersée


Difficile, cependant, d'animer la vie d'une université de plus de 27.000 étudiants répartis sur 5 sites. Au total, Paris-Sud compte seulement une quarantaine d'associations, majoritairement regroupées dans la FAPS (Fédération des associations de Paris-Sud) et surtout présentes sur le campus d'Orsay. Rassemblant 13.000 étudiants, celui-ci regroupe les sciences, les STAPS (sciences et techniques des activités physiques et sportives) et la 1re année des études de santé, ainsi que quelques L1 (licence 1re année) et L2 (licence 2e année) de droit, économie et gestion.

Université Paris-Sud - Baptiste, vice-président de la FAPS © S.Blitman mars 2013Vice-président de la FAPS (Fédération des associations de Paris-Sud), Baptiste s'emploie à développer la vie associative pour fédérer les étudiants // © S. Blitman.


À chaque rentrée, une semaine d'accueil est organisée pour toutes les L1 d'Orsay. À cette occasion, "une après-midi est réservée aux associations", souligne Baptiste, vice-président de la FAPS. Celle-ci saisit l'occasion pour présenter aux nouveaux arrivants l'orchestre symphonique du campus, le club astronomie ou celui des passionnés de culture nippone. "Notre objectif, explique Baptiste, est d'avoir un BDE [bureau des étudiants] par filière pour fédérer les étudiants, ce qui n'est pas évident à faire quand ils sont éparpillés sur 5 campus", reconnaît-il.

Et de l'avis général, les autres sites sont beaucoup moins vivants que celui d'Orsay, qu'il s'agisse de la faculté Jean-Monnet (économie, droit et gestion) et de l'IUT à Sceaux (92), de la fac de pharmacie à Châtenay-Malabry (92), de l'IUT de Cachan (94) ou des filières de santé au Kremlin-Bicêtre (94).


Une université de recherche mondialement reconnue

Première université du classement de Shanghai, membre de la ligue des universités européennes de recherche, Paris-Sud jouit d'une excellente réputation liée avant tout à la présence de nombreux laboratoires actifs : près de 2.500 enseignants-chercheurs et chercheurstravaillent dans une centaine d'unités. Une présence de la recherche que nombre d'étudiants disent ressentir et ce, dès le début de leur formation. Même en PACES (1re année d'études de santé), largement centrée sur le concours, "il arrive, témoigne Lucie, qu'un professeur fasse allusion à un travail de recherche qu'il est en train de mener".


Des bâtiments souvent vétustes

Point noir de l'université : son patrimoine immobilier, largement dégradé. C'est même devenu un leitmotiv de certains enseignants qui plaisantent sur le contraste entre la réputation internationale de l'université et la vétusté de ses bâtiments. Lors de sa dernière évaluation en 2009, l'AERES (Agence d'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur) pointait le problème : seuls 9 % des locaux étaient dans un état qualifié de normal, tandis que "plus de 40 % nécessiteraient une réhabilitation lourde". Parmi les plus vétustes, la faculté de pharmacie : située à Châtenay-Malabry, elle a failli fermer pour raisons de sécurité. Aujourd'hui, elle perdure tant bien que mal, jusqu'à son déménagement un peu plus haut, sur le plateau de Saclay, prévu en 2018.

Université Paris-Sud - allée du campus Orsay - © S.Blitman mars 2013

Cinquantenaires, la plupart des bâtiments de l'université Paris-Sud sont dégradés // © S. Blitman.


Vers l'université Paris-Saclay


D'autres bâtiments devraient également être transférés dans le quartier du Moulon, notamment la physique et la biologie, dans le cadre de la construction de la future université Paris-Saclay qui doit officiellement être créée le 1er janvier 2014. Celle-ci rassemblera, outre Paris-Sud, l'université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, l'ENS (École normale supérieure) Cachan, 10 grandes écoles d'ingénieurs ou de commerce, ainsi que des organismes de recherche. Cependant, le processus est lent. "La majorité d'entre nous se sent peu concernée aujourd'hui, avance Baptiste, en L2 de maths informatique. Mais à terme, cela pourrait être un plus sur le CV d'avoir un diplôme de l'université Paris-Saclay, davantage connue au niveau international".

À côté du développement des partenariats avec les autres établissements, Paris-Sud continue pour l'heure à tenir son rôle d'université de recherche. Avec un double objectif : assumer une mission de service public en offrant une formation de qualité à un vaste public, y compris des étudiants non scientifiques, tout en proposant des parcours d'excellence à certains. Un pari pour le moins ambitieux.



L'université Paris-Sud en chiffres(Source : université Paris-Sud, 2013)

Vous envisagez d'étudier à l’universitéParis-Sud ? Zoom sur quelques chiffres clés pour savoir où vous mettrez les pieds.
Cinq campus : Cachan, Châtenay-Malabry, Kremlin-Bicêtre, Orsay, Sceaux.
Nombre total d’étudiants : 27.600 dont 15.700 au niveau licence (licences, DUT, DEUST, PACES…).
Répartition par disciplines :
sciences (faculté des sciences, école d'ingénieurs Polytech Paris-Sud, IUT à Orsay, ainsi que l'IUT à Cachan) : 11.300 étudiants.
médecine et pharmacie (Châtenay-Malabry et Kremlin-Bicêtre, Orsay) : 7.900 étudiants.
droit, économie, gestion (faculté Jean-Monnet et IUT à Sceaux) : 7.200 étudiants.
STAPS (Orsay) : 1.200 étudiants.
Pourcentage d’étudiants étrangers : 17 %.
Taux de boursiers : 23 %.
Nombre d’enseignants-chercheurs et chercheurs : 3.100.
Nombre de personnels administratifs : 2.900.
Budget : 400 millions d'euros dont 280 millions d'euros de masse salariale.
109 unités de recherche.
19 écoles doctorales accueillant 2.500 doctorants.

Sommaire du dossier
Paris-Sud : la PCSO, une remise à niveau pour les étudiants non scientifiques Le magistère de physique d'Orsay : un parcours d'excellence à Paris-Sud