1. L'Unilim, une université proche de ses étudiants
Reportage

L'Unilim, une université proche de ses étudiants

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Université de Limoges - Stade. // © Isabelle Dautresme
Université de Limoges - Stade. // © Isabelle Dautresme

Pas facile de faire émerger une vie étudiante et de développer un sentiment d'appartenance quand on est éclaté sur 13 sites, dont 6 pour la seule ville de Limoges. Pourtant les atouts ne manquent pas à l'Unilim (université de Limoges) : ambiance familiale, proximité entre enseignants et étudiants, offre de formation diverse. Les plus et les moins de la fac limousine.

Des conditions de travail agréables

Avec ses 15.000 étudiants, l'Unilim fait partie des petites universités. L'avantage ? "Les enseignants sont accessibles et à l'écoute", commente Thibault, en deuxième année d'économie, de son accent chantant. Et Émeline, doctorante en lettres modernes, d'ajouter : "On bénéficie de conditions de travail vraiment très agréables. Nous sommes peu nombreux, on nous identifie facilement."

Un enthousiasme que partage Émilie, en M1 sémiotique et communication. "Non seulement, ici, les enseignants sont proches de leurs étudiants mais, en plus, ce sont des pointures !", lâche, la jeune fille, une certaine fierté dans la voix. Conséquence : la transition du lycée à l'université "se fait en douceur", analyse Géraldine en L3 sciences de l'éducation.

Une ville bon marché

S'ils sont nombreux à souligner la qualité de l'encadrement et des enseignements à l'Unilim, ils sont au moins autant à regretter le peu de dynamisme de la vie étudiante. En cause : l'environnement. "Limoges est une très petite ville. On en a vite fait le tour", déplore Mathieu, originaire de Toulouse. Ce que confirme également Géraldine : "Il y a bien quelques cafés et restaurants où l'on se retrouve entre étudiants, mais ils sont peu nombreux."

Faut-il pour autant en conclure qu'étudier dans une petite ville rime nécessairement avec ennui ? Marion, qui a suivi une L2 d'anglais LLCE, n'est pas de cet avis ! "Limoges offre un cadre d'études plutôt agréable. Entre les bars du centre-ville et les espaces verts, il y en a pour tous les goûts. Et, quand on cherche bien, les événements culturels : concerts, festivals, ne manquent pas."

Autre avantage de suivre ses études à Limoges : le coût de la vie. "Loyers, transports, sorties culturelles, tout ici est nettement plus abordable que dans les grandes villes étudiantes", insiste Géraldine. Et côté logement, "on n'a pas de problème d'offre", fait valoir Christophe Bonnotte, vice-président délégué à l'attractivité des campus. Un argument qui a son importance quand on sait que l'université accueille 26 % de boursiers et plus de 2.000 étudiants étrangers.

Université de Limoges - Environnement verdoyant. // © Isabelle Dautresme

Des logements étudiants de l'université de Limoges. Selon son vice-président, Christophe Bonnotte,“il n'y a pas de problème d'offre”. // © Isabelle Dautresme

Une vie de campus a minima

Alors que plus de 38 % des étudiants inscrits en L1 ont décroché leur bac en dehors de l'académie de Limoges, on aurait pu s'attendre à ce que, loin de chez eux, ces derniers investissent la vie de campus. Mais il n'en est rien ! Autour des facs, l'ambiance est pour le moins tranquille.

En témoigne Salima, qui a rejoint la fac de lettres un bac STT (ancien nom du bac STMG) en poche : "Je m'attendais à trouver une ambiance à l'image des séries américaines, je n'ai pas été déçue !", ironise la jeune fille. "Rien n'est vraiment prévu pour nous donner envie de rester, on n'a pas d'espace pour nous retrouver. La preuve : il n'y a qu'un seul banc pour tout le campus", renchérit Émeline, doctorante en lettres modernes.

À quelques encablures de là, le campus de sciences fait figure de privilégié : courts de tennis, terrains de rugby verdoyant, salles d'escalade, de musculation... rien ne manque. Au risque de faire quelques jaloux : "Les étudiants en sciences ont plus de chance que nous, ils ont tout sur place", s'agace, Mathieu, en deuxième année de médecine, une raquette de tennis sous le bras.

Un argument que Christophe Bonnotte de l'Unilim, balaye d'un revers de main : "Ici, vous n'êtes loin de rien. La preuve : il faut à peine dix minutes pour rejoindre les deux sites les plus éloignés : la fac de langues et celle de sciences".

Des associations dynamiques, mais...

Les associations, quant à elles, sont plutôt nombreuses : une petite trentaine. En la matière, l'université fait preuve de volontarisme. Une "plate-forme engagement" a d'ailleurs été créée avec l'objectif d'aider les étudiants à monter des projets. "On les accompagne dans la recherche de fonds et dans la définition d'une stratégie de communication", explique Christophe Bonnotte.

Autre initiative : deux fois par an, un concours intitulé APE (Accompagnement projets étudiants) est organisé par l'université et le CROUS, en partenariat avec la Région Limousin. Le principe ? Un (ou plusieurs) étudiant(es) soumet(ent) un projet susceptible de présenter un intérêt pour l'université, les étudiants et/ou le territoire. "Chaque année une trentaine de dossiers sont retenus", se félicite le vice-président.

Malgré ce volontarisme, et les trois crédits ECTS accordés à ceux "qui s'engagent", la vie associative reste l'affaire de quelques-uns. Et Salima d'avancer une explication : "Ici, les gens sont très sérieux, ils viennent en cours, travaillent à la BU. Quand ils ont des loisirs, c'est à l'extérieur de l'université."

... pas toujours bien connues

Pour Géraldine, le problème ne vient pas tant des étudiants que d'un manque d'information sur ce qui se passe dans l'université. "Cela fait trois ans que j'étudie ici, et je suis incapable de vous citer le nom d'une association", regrette la jeune fille.

Jérôme, en deuxième année de licence de lettres, confirme : "Il y a bien des affiches dans les couloirs, mais on n'a pas le temps de les lire. Et au final, on découvre souvent trop tard l'existence de manifestations qui nous intéressent." Il faut dire, que "ce n'est pas facile de dynamiser la vie étudiante et faire émerger un sentiment d'appartenance quand les étudiants sont répartis sur 13 sites", remarque Christophe Bonnotte.

Pour tenter de remédier à ce déficit de culture commune, l'université multiplie les initiatives, comme celle de placer la fête des sports, un moment fort de la vie étudiante, lors de la journée d'intégration. "Bien nous en a pris. Plus de 1.000 étudiants y ont participé cette année. Un nombre nettement plus important que les années précédentes" se félicite Diane Daïan, directrice de la communication de l'université. L'Unilim est-elle en train de se réveiller ?

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