1. Unilim, un DU pour trouver une nouvelle voie
Reportage

Unilim, un DU pour trouver une nouvelle voie

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Le Carrefour des étudiants vise à accompagner les étudiants tout au long de leur parcours. // © Isabelle Dautresme
Le Carrefour des étudiants vise à accompagner les étudiants tout au long de leur parcours. // © Isabelle Dautresme

Soucieuse d'accompagner ses étudiants, y compris ceux qui après plusieurs mois passés à l'université n'ont pas trouvé leur voie, l'Unilim (université de Limoges) a mis en place des dispositifs de réorientation. Notamment, le DU (diplôme universitaire) RéaGir. Son objectif ? Lutter contre le décrochage.

"Chaque année des étudiants réalisent, après quelques mois passés à l'université que cela ne correspond pas du tout à leurs attentes", explique Marie-Gersande Raoult, la directrice du Carrefour des étudiants, un service de l'université de Limoges, qui vise à accompagner les étudiants tout au long de leur parcours.

Pour ces étudiants, L'Unilim propose une semaine de réorientation, "mais pour les plus perdus, ce n'est pas suffisant", analyse la jeune femme. D'où l'idée du dispositif RéaGir, qui alterne huit semaines de cours et huit semaines de stage avec pour objectif, l'élaboration d'un projet professionnel. "Parce qu'à l'Unilim, on a le droit de se tromper", martèle Hélène Pauliat, sa présidente.

Première étape : se reconstruire

Université de Limoges - Marie-Gersande Raoult – Directrice du Carrefour des étudiants. © // Isabelle DautresmeConstruire un projet professionnel suppose de se connaître, et d'avoir identifié ses points forts. "Or, les jeunes qui arrivent chez nous, ont souvent perdu confiance en eux. Ils se dévalorisent", explique Marie-Gersande Raoult. D'où l'idée de faire commencer le DU par des cours axés sur "la préparation aux changements". Au programme : tests psychologiques et analyses comportementales. "Nous devons dédramatiser ce que ces jeunes considèrent comme un échec", explique la directrice du Carrefour des étudiants.

Université de Limoges - Ivanka – DU ReAgir. // © Isabelle DautresmeEt ça marche ! En témoigne Ivanka. La jeune fille a rejoint le DU à la fin du premier trimestre de sa deuxième année de BTS communication et industrie graphique. "J'étais convaincue que cette orientation me conviendrait puisque c'était ce que je voulais faire depuis la seconde. Quand j'ai réalisé que ça ne me plaisait pas, je me suis sentie complètement perdue. Les séances de préparation au changement m'ont permis de relever la tête", lâche l'étudiante dans un grand sourire.

Deuxième étape : recherche d'un projet professionnel


Une fois l'estime de soi restaurée, il faut passer à la phase "recherche d'un projet professionnel". "On fait des ateliers qui ont pour but d'aider les étudiants à cerner leur personnalité et leurs centres d'intérêt, ainsi qu'à leur faire découvrir le monde de l'entreprise", explique Marie-Gersande Raoult.

Ce qu'a particulièrement apprécié Yuri, un étudiant du DU ? "Ce sont les rencontres avec les professionnels. Ils connaissent bien leur sujet et savent en parler de manière concrète. Ils peuvent, par exemple, nous expliquer précisément le profil attendu pour exercer tel ou tel métier." "Ce qui est particulièrement important pour des jeunes qui ont besoin de se projeter", souligne la directrice.

Après les ateliers, les étudiants doivent participer à un "projet tutoré". Le principe : mener un projet professionnel avec l'aide des personnels du Carrefour des étudiants. Un moment particulièrement fort du parcours.

C'est dans le cadre de ce projet que Salima, en charge de l'organisation d'un spectacle de hip-hop, a découvert le travail en équipe : "J'ai réalisé que travailler à plusieurs suppose de se coordonner, de planifier le travail... ce que nous n'avons jamais l'occasion de faire à l'école. Au final, le projet tutoré donne aux étudiants, les clés du marché du travail et de l'insertion professionnelle", analyse la jeune fille. D'autant qu'il fait l'objet d'une soutenance devant un jury composé de professionnels. "Très formateur !", renchérit Ivanka.

Les stages : l'extase !

Université de Limoges- Salima – Accompagnatrice socioprofessionnelle – DU ReAgir. // © Isabelle DautresmeHuit semaines en entreprise, pour des jeunes qui, pour la plupart, n'ont jamais travaillé, cela peut sembler long. Dans les faits, non ! Pas un étudiant pour dénigrer l'expérience. Pour Salima, accompagnatrice socioprofessionnelle depuis un an, "il a même été le point de départ de [sa] vie professionnelle". Si les étudiants peuvent décider de ne faire qu'un stage de huit semaines, ils sont nombreux à en faire deux ou trois dans les secteurs qui correspondent aux projets qu'ils ont définis au cours de la première période du DU.

Université de Limoges - Yuri – DU ReAgir. // © Isabelle DautresmeÁ l'instar de Yuri qui affiche deux stages à son actif, l'un dans une agence Web, l'autre dans une chaine de télé. "Cela m'a permis d'acquérir des connaissances et des compétences et d'être conforté dans mes choix", lâche le jeune homme qui fera sa prochaine rentrée dans une école d'audiovisuel à Montpellier (34). Un seul regret : "Les stages interviennent après la date de clôture de la première phase d'Admission-postbac. Or, ils peuvent être décisifs dans nos choix", commente le jeune homme.

Des étudiants satisfaits

Être encadrés. Voilà ce qu'ont particulièrement apprécié les étudiants qui ont suivi le DU RéaGir. "Je n'ai pas appris grand chose en cours. Mais j'avais besoin d'être pris en mains" analyse Yuri. Même son de cloche du côté de Marion qui dit avoir été particulièrement sensible à l'implication de l'équipe du Carrefour des étudiants et des intervenants : "Il n'y a rien de plus motivant que de voir que l'on s'intéresse à votre projet".

Autre point fort : le travail en petits effectifs. Chaque groupe ne compte pas plus d'une quinzaine d'étudiants. "On se sent très vite à l'aise et on bénéficie d'un accompagnement individualisé", observe Yuri.

À l'issue du dispositif, la plupart des étudiants poursuivent des études dans une autre voie. Ainsi Marion, qui a rejoint le DU après un L2 d'anglais LLCE, compte poursuivre en licence pro techniques et activités de l'image à Rennes 2, ou Ivanka qui a abandonné un BTS communication et industrie graphique pour rejoindre un BTS assistante de management à Nantes (44). Les autres intègrent le marché du travail. À l'instar de Salima qui a fait le choix, une fois son DU en poche, d'exercer la profession d'accompagnatrice socioprofessionnelle et qui ne le regrette pas.

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