1. Portrait de fac : l'université de Savoie : la petite fac qui grimpe
Reportage

Portrait de fac : l'université de Savoie : la petite fac qui grimpe

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À proximité des facs mastodontes grenobloises et lyonnaises, la petite université pluridisciplinaire de Savoie doit se démarquer. Pour y parvenir, elle mise sur des filières atypiques, notamment dans les domaines du tourisme, de l’énergie, de la montagne, mais aussi sur l’international et ses relations avec les entreprises locales. Portrait d’un Petit Poucet qui fait son chemin.

À l’université de Savoie, on aperçoit la montagne de (presque) toutes les salles de cours. De quoi rêvasser en permanence ? Pas du tout. Les quelque 13.000 étudiants de cette petite fac pluridisciplinaire (sauf santé) travaillent dur. Pour preuve, le taux de réussite en licence en 3 ans (53%, selon le ministère de l’Éducation nationale) est l’un des meilleurs de France.
 
Le campus du Bourget-du-Lac, à dominante scientifique, est situé au pied des montagnes savoyardes.

L’université compte 8 composantes implantées sur 3 sites : le campus Jacob-Bellecombette à Chambéry (73), le campus du Bourget-du-Lac (73, la technopole) et le campus d’Annecy-le-Vieux (74)


De l’Amérique à Chambéry : un campus à taille humaine et accueillant

Éclatés, les 3 domaines universitaires sont reliés par des bus. Pas de tramway, ni de métro. Difficile de comparer avec les métropoles voisines, Lyon et Grenoble. Mais c’est aussi ce qui attire les étudiants… "Je suis originaire de la région lyonnaise. Ici, ce n’est pas une immense ville avec de grands campus. L’ambiance est plus conviviale. Les gens sont accueillants", se réjouit Gary, étudiant en M1 (master 1) management des événements sportifs et culturels en alternance.

Un sentiment partagé par Jaime (photo), étudiant en M2 LEA (master 2 langues étrangères appliquées) spécialité analyse de crises et action humanitaire. "Je viens d’une université américaine qui compte 36.000 étudiants. Difficile de trouver sa place… Ici, la taille des classes est plus raisonnable. D’autre part, j’adore le cadre : la montagne et les sports que l’on y pratique (kayak, escalade, randonnée, ski…). J’avais postulé dans 3 masters dans le domaine humanitaire en France – Aix, Chambéry et Paris – et c’est Chambéry que j’ai choisi."


Des filières atypiques

À la rentrée 2012, l’université de Savoie a gagné 10 % d’étudiants tous niveaux confondus, 16 % en L1 (licence 1). Si le cadre et l’ambiance attirent, ses formations, notamment dans les domaines du tourisme, de l’international, de la montagne, de la physique et de l’énergie, sont aussi plébiscitées. Citons, par exemple, le master LEA que suit Jaime, à la dimension linguistique et culturelle, ou encore les formations centrées sur la montagne mais pluridisciplinaires (géographie, sciences de la vie et de la Terre, STAPS – sciences et techniques des activités physiques et sportives) du CISM (Centre interdisciplinaire scientifique de la montagne).

"J’ai choisi ma formation car elle porte sur une nouvelle forme de chimie : la chimie verte. Il n’existe que 2 ou 3 masters de ce type en France. Bien sûr, le milieu d'implantation naturel de la fac influence grandement. Ailleurs, on se sent peut-être moins concerné qu’à la montagne", suppose Anthony, étudiant en M2 CEDD (chimie, environnement, développement durable) parcours Source (synthèse outils pour la réactivité en chimie et environnement).

Pour sa part, Chloé (photo) est en licence professionnelle activités sportives de montagne. "Je suis venue chercher à Chambéry une formation que je ne trouvais pas chez moi, à Grenoble. Diplômée, j’aimerais travailler pour une station de montagne ou une marque de glisse dans la région."


Au-delà des montagnes, l’international

Autre point fort : l’international. Depuis 2009, l’université de Savoie est la fac française qui envoie le plus haut pourcentage d'étudiants à l'étranger par les échanges Erasmus. Son gros avantage : elle bénéficie d’une installation transfrontalière. Au nord : Genève et la Suisse. Au sud-est : Turin et l’Italie.

Cette localisation a motivé l’établissement à faire de l’international l’un de ses principaux axes de développement, et à mettre en place (et les deux sont liées) l’orientation vers le tourisme et les services de la région, et par voie de conséquence des formations dédiées.

À l’IAE (institut des administrations des entreprises) Savoie – Mont-Blanc, on trouve ainsi le CITHEME (Centre international de tourisme, hôtellerie et management des événements). Celui-ci propose des licences, des licences professionnelles et des masters en tourisme, hôtellerie et événementiel. Un diplôme du CITHEME en poche, vous pouvez postuler dans les stations de montagne environnantes, en bord de mer, à Paris, ainsi qu'à l’étranger.

Pour les étudiants tournés vers l'humanitaire, la proximité de la Suisse, et donc du siège de nombreuses ONG (organisations non gouvernementales) est un atout.


Une terre fertile en emplois

D’une manière générale, l’insertion professionnelle des diplômés de l’université de Savoie est plutôt bonne. Après 30 mois, 84 % des diplômés 2009 de licence pro ou de master sont en emploi (1). La durée moyenne de la recherche de leur 1er travail s’élève respectivement à 2 et 3 mois…

Il faut dire que la région Rhône-Alpes, la 2e région économique de France, représente 10 % du PIB (produit intérieur brut) français. L’université de Savoie est donc implantée sur une terre "fertile"… Sa grande force est de savoir en profiter en créant des liens étroits avec les entreprises locales.

(1) Enquête de l’Observatoire de l'université de Savoie publiée en octobre 2012.


L’université de Savoie en chiffres
– Superficie des locaux des 3 campus : 113.114 m²
– Nombre d'étudiants : près de 13.000 (54 % originaires de la région)
– Nombre d'étudiants étrangers en 2011-2012 : 1.170
– Nombre de bibliothèques : 10
– Nombre d'unités de recherche : 19
– Nombre d'enseignants-chercheurs, d'enseignants et de doctorants : 698
– Nombre d'écoles doctorales : 10
– Nombre de personnels enseignant et de soutien : 1.260
– Budget 2012 : 101 millions d’euros de dépenses prévisionnelles

Source : université de Savoie, novembre 2012

Sommaire du dossier
L’université de Savoie et les entreprises : une union libre