La licence pro en communication de la fac du Havre : un cursus couru

Par Camille Stromboni, publié le 24 Mai 2011
7 min

Étudier à la fac du Havre, c’est comment ? Au travers de reportages et de rencontres sur le campus, découvrez les coulisses de la plus jeune des universités normandes, ancrée au cœur de la cité portuaire. Au menu : les spécificités de cette fac de proximité, 2 filières emblématiques (communication et transport-logistique) racontées par des étudiants, et des témoignages sur la vie étudiante, pas si monotone qu’on pourrait le penser.

Les licences professionnelles sont l’une des spécialités de l’université du Havre. Parmi les plus demandées : la licence pro activités et techniques de communication, option stratégie et supports de communication, préparée à l'IUT. Trois étudiants racontent leur année, partagée entre cours et stages.

S’ouvrir à la diversité : c’est la philosophie de Jean-Jacques Desse, responsable de la licence professionnelle en communication proposée à l’IUT (institut universitaire de technologie) du Havre – qui réunit 17 des 23  licences pro de l’université. Et il a le choix : 250 étudiants postulent à ce diplôme accessible après un bac+2, pour seulement 25 places.

Université du Havre - Etudiants en licence pro activités et techniques de communication, option stratégie et supports de communication
De gauche à droite : le Havrais Benoît, la Rouennaise Laura et le Bordelais Thibault, qui se sont retrouvés au Havre pour suivre la licence pro en communication de l'IUT.

 
Le public : des étudiants aux profils très divers

 
Pour ce professeur au regard vif, qui enseigne la langue de Shakespeare, “l’idée est d’avoir au départ un groupe hétérogène, qu’il s’agisse du cursus ou de l’origine géographique, et d’aboutir à une certaine homogénéité, où chacun dispose des mêmes compétences. Je suis formé à l’anglaise : quelqu’un qui a une licence, cela signifie qu’il est bien structuré et donc capable de réussir, quelle que soit sa discipline.” Une seule tendance, les filles dominent : il n’y a ainsi que 6 garçons dans cette promotion.

De fait, les étudiants admis en 2010 que nous avons rencontrés ont des profils très variés : Rouennaise de 21 ans, Laura a décroché un bac L puis un BTS assistant manager. Havrais de 22 ans, Benoît est titulaire d’un master 1 en géopolitique à Paris et d’une licence de géographie, après une hypokhâgne et un bac scientifique. Quant à Thibault, 23 ans, bachelier ES et bordelais, il a passé 1 an en Australie après un DUT info-com option métiers du livre et du patrimoine à Bordeaux 3.

 
La spécialité : les supports et la stratégie de com’

 
Pourquoi ces étudiants aux parcours si variés ont-ils choisi cette même licence pro ? Pour Laura, c’est la spécialité du cursus qui a primé : “La licence de Rouen était plus tournée vers le graphisme, trop technique, explique-t-elle, contrairement à la licence pro du Havre, axée sur les supports et la stratégie de communication”.

De son côté, déçu par son master, Benoît a surtout été attiré par le volet “support”, avec la photo et la vidéo. Quant à Thibault, il avait envoyé de nombreux dossiers pour entrer dans un DUT en publicité, à Paris, Rouen, Nancy et Le Havre, lorsque l’IUT lui a conseillé de postuler plutôt dans cette licence pro pour éviter de recommencer à zéro.

 
Au programme : 25 heures de cours et des travaux de groupe

 
Université Le Havre - Entrée IUT La diversité se retrouve également dans les matières suivies. “On voit plein de choses. On fait du marketing, de la stratégie de communication, de la photo, de la vidéo, de la PAO (production assitée par ordinateur) avec plusieurs logiciels comme InDesign ou Photoshop… C’est vraiment complet”, estime Benoît.

La charge de travail, quant à elle, est correcte, expriment-ils d’une même voix. “Au niveau emploi du temps, je trouve ça un peu plus léger qu’en BTS. Nous avons environ 25 heures de cours par semaine, explique Laura. Mais tout le temps libre, on doit l’utiliser pour faire nos travaux de groupes !” “Les dernières semaines avant de partir en stage [en mars] sont vraiment intensives, souligne Thibault, il faut rendre tous les dossiers”.

Côté autonomie, “ce n’est pas la fac, mais ce n’est pas non plus le lycée. On est plus autonome qu’au lycée, et on fait beaucoup plus de travaux en groupe qu’à l’université”, explique la jeune fille qui a suivi une année de droit à Rouen avant son BTS.

 
Point fort : la professionnalisation

 
Pour eux, ce cursus a surtout un point fort : il est professionnalisant. Avec tout d’abord les intervenants extérieurs et l’étude de cas concrets en cours. “Nous avons par exemple étudié le dossier Nespresso, en travaillant comme une vraie agence de communication, raconte Laura. Pour nos projets tutorés, ce sont même de vraies entreprises qui font appel à nous. J’ai organisé un événement pour un ensemble de collèges et lycées sur le thème de la BD, en faisant des affiches, un petit clip promotionnel, etc.”

Mais “c’est surtout le stage de 16 semaines qui fait la différence”, ajoute Benoît. Le jeune Havrais a eu la chance de décrocher une place au sein du cabinet du président du Conseil général, via une connaissance. Laura va de son côté dans la mairie d’une commune proche de Rouen, tandis que Thibault doit retrouver l’atmosphère bordelaise dans une petite société de jeux sportifs en ligne.

 
Les débouchés : entre poursuite d’études et entrée sur le marché du travail

 
Quels sont leurs projets pour la suite ? Pas encore très clair. Peut-être un master en science politique pour Benoît, si possible en alternance, pour travailler ensuite dans la communication politique. Laura partirait bien 1 an à l’étranger, avant de rejoindre un master en alternance en communication ou marketing. Pour Thibault, c’en est fini des études : le jeune homme a hâte de prendre son indépendance, avec un job de chargé de com’ dans une entreprise ou en agence.

En 2010, 8 diplômés ont poursuivi des études, les autres se sont dirigés vers le monde du travail. À la sortie de la licence, il leur faut 8 à 9 mois pour trouver un emploi stable”, explique Jean-Jacques Desse, la communication étant un secteur où les employeurs n’hésitent pas à prolonger et multiplier les stages, avant de donner vraiment sa chance. “On pousse nos étudiants à travailler plutôt que de poursuivre des études, hormis s’ils obtiennent une école comme le Celsa [une école de référence], prévient l’enseignant. Ils ont toutes les compétences pour entrer sur le marché de l’emploi, et des diplômes supplémentaires ne leur seront pas forcément bénéfique dans notre secteur”. À bon entendeur.


QUEL PROFIL POUR LES ADMIS ?
Si vous avez un profil universitaire, sachez que vous avez plus de chances d’être pris que les autres ! “Je recrute environ 80 % des candidats de L2 ou L3 qui postulent”, indique Jean-Jacques Desse. À l’inverse, l'enseignant recrute peu d’étudiants issus de DUT info-com’ option publicité, ces derniers ayant déjà fait une partie du programme. Les étudiants en info-com qui ont suivi d'autres options (Gestion de l'information et du document dans les organisations, Métiers du livre et du patrimoine, etc.) peuvent quant à eux trouver dans cette licence pro un bon complément de formation.La sélection s’effectue par le responsable de la licence pro sur dossier, qui porte une attention particulière à certaines notes. “Sur les bulletins, je regarde d’abord l’histoire, les sciences éco ou les sciences naturelles, pour savoir si l’étudiant est capable de raisonner et bien structuré”, indique-t-il. Enfin, il appelle les 35 candidats présélectionnés pour un entretien téléphonique. Résultat : 25 admis.

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