1. Étudiants handicapés : l’UVSQ les accompagne jusqu’à leur insertion professionnelle
Reportage

Étudiants handicapés : l’UVSQ les accompagne jusqu’à leur insertion professionnelle

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Au-delà des aides humaines et matérielles et de l’équipement des locaux, qui peuvent soulager les étudiants handicapés dans leur quotidien, l’UVSQ s’attache à mieux les intégrer dans l’université et à faciliter leur insertion professionnelle. En janvier 2010, l’AERES (Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur) avait distingué l’UVSQ en tant qu’« université pilote en matière de lutte contre le handicap ».

Un accompagnement spécifique

 

Au nombre de 60 en 1998, les étudiants handicapés étaient 98 à la rentrée 2008 et 133 en 2009. Une augmentation qui témoigne du "meilleur accompagnement dont bénéficient les élèves dans le secondaire, estime Laurence Braun, chargée de mission handicap de l’UVSQ et médecin directrice du SUMMPS (Service universitaire de médecine préventive et de promotion de la santé). Aujourd’hui, il existe de réelles possibilités de poursuivre ses études dans le supérieur".

Si l’accompagnement des étudiants handicapés existait depuis longtemps à l’UVSQ, il a trouvé une concrétisation plus formelle en 2007, avec l’instauration de la charte Université handicap et la création, l’année suivante, du SAEH (Service d’accueil des étudiants handicapés) : un lieu d’information et d’aide, mais aussi d’accueil et d’écoute.

Pour bénéficier d’un accompagnement spécifique, les étudiants concernés doivent se faire connaître auprès du SAEH. Un entretien avec un médecin du service évalue les conséquences de leur handicap sur leurs études et leurs besoins. "Certains demandent un aménagement de leurs études avec, par exemple, l’étalement d’une année universitaire sur plusieurs années. Ils ont aussi droit à des temps supplémentaires pour les examens", détaille Laurence Braun.

 
Aides humaines

 
Pendant l’année scolaire, les étudiants handicapés peuvent bénéficier du soutien d’autres étudiants pour se déplacer dans l’université avec leurs affaires, pour prendre des notes ou faire des manipulations en TP (travaux pratiques). Pendant les examens, un secrétaire peut également les assister. Selon le cas et le handicap, celui-ci, étudiant ou enseignant, lit les documents de l’épreuve et rédige les réponses sous la dictée du candidat.

À côté de ce volet études, certains handicaps demandent un accompagnement spécifique pour la vie quotidienne. Par le biais de la convention signée avec la MDPH (Maison départementale des personnes handicapées), les étudiants reçoivent l’appui d’une personne compétente qui leur dispense des soins médicaux ou les aide, par exemple, à prendre leurs repas.

 
Aides matérielles

 

L’UVSQ prête du matériel en fonction du handicap : dictaphones, claviers d’ordinateur avec des gros caractères, logiciels spécifiques adaptés au handicap visuel ou permettant la restitution orale d’un texte écrit (et réciproquement). Par ailleurs, les étudiants peuvent se rendre au SAEH qui dispose d’une machine permettant de traduire en braille des documents de cours. Les supports d’examens peuvent, eux aussi, être "embossés".

Mais tout dépend du cursus suivi – par exemple, manipulations en laboratoire –, du degré d’autonomie de l’étudiant et de son habitude à travailler sur des outils spécifiques : "Nous nous adaptons aux handicaps, mais surtout à la situation de chacun", souligne Laurence Braun.

 
Équipement des bâtiments

 
"Tous les bâtiments récents sont accessibles, affirme la chargée de mission handicap de l’UVSQ. Pour les autres, un audit a été réalisé en 2010 et des travaux vont être programmés pour améliorer l’accessibilité."

Mais si l’on pense en général d’abord aux handicapés moteurs, ce ne sont pas eux qui rencontrent le plus de difficultés : les aménagements sont plus rares pour les malentendants et les malvoyants. C’est pourquoi l’UVSQ a prévu d’équiper ses amphis d’un système de boucles magnétiques qui permettra de mieux entendre les cours, tandis que des voyants lumineux et des différences de couleurs prononcées entre les couloirs et les portes faciliteront le cheminement.

 
Mieux intégrer les étudiants handicapés

 

L’UVSQ met en place des actions de sensibilisation à destination des personnels administratifs et enseignants, ainsi que des autres étudiants. Des repas à l’aveugle, des parcours en fauteuil et une expérience de sport adapté ont ainsi été organisés lors de l’opération Handivalides, tandis qu’un rallye pédestre en forêt est prévu à l’automne 2011, "avec du matériel permettant à tous d’avancer sur des terrains accidentés", précise Laurence Braun.

 
Faciliter l’insertion professionnelle

 

"Il y a aujourd’hui davantage d’étudiants en L3, l’abandon est de moins en moins fréquent", se félicite Laurence Braun qui s’attache désormais à travailler sur le volet insertion professionnelle, à travers l’organisation d’un forum emploi spécifique sur le handicap ou la diffusion d’offres d’emploi en partenariat avec des entreprises.

La direction de l’insertion professionnelle s’est également équipée de bornes vidéo où les étudiants peuvent créer un CV vidéo, l’enregistrer et, s’ils le souhaitent, l’envoyer directement aux entreprises partenaires. Autant d’actions qui visent à "mettre en place, explique Laurence Braun, une dynamique ouverte sur l’emploi".
"L’université m’aide mais j’aime l’autonomie"
Dimitri, en M1 histoire économique et sociale, handicapé moteur

"J’ai passé une visite médicale pour voir quels étaient mes besoins et on m’a prêté un dictaphone et un ordinateur, ce qui me permet de mieux suivre les cours.

"On m’a aussi proposé un secrétaire pour m’accompagner pour les examens et les cours, mais j’aime l’autonomie, je n’ai pas envie de sentir une personne "à mes trousses". Pour me déplacer, j’ai une carte d’accès aux ascenseurs, mais mon emploi du temps n’a pas été aménagé : je me mets dans le même bain que les autres, comme dans les magasins, je fais la queue comme tout le monde.

"Mais j’aime bien venir au SAEH [Service d’accueil des étudiants handicapés, NDLR] : c’est un peu ma deuxième salle de classe ! Je viens souvent ici pour parler de tout et de rien, ils sont à l’écoute."
© Sophie Blitman



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