1. Portrait de fac : Montpellier 1, la santé et le droit pour piliers
Reportage

Portrait de fac : Montpellier 1, la santé et le droit pour piliers

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Sans campus, l'université Montpellier 1 niche un peu partout, notamment dans le centre médiéval d'une ville où un habitant sur trois est étudiant. Les juristes et carabins côtoient ici les étudiants en économie ou des sportifs de haut niveau. Certaines filières (nouvelles technologies et santé, droit pénal des affaires, sciences du mouvement humain...) rendent compte de cette diversité au travers de passerelles. Reportage dans une fac résolument tournée vers l'avenir.

C’est la plus ancienne faculté de médecine d’Europe occidentale, puisqu’on y enseigne cette discipline depuis le XIIIe siècle ! L’écrivain François Rabelais, l’auteur de Gargantua, y étudia au XVIe siècle. Fort heureusement, les amphis de l’université Montpellier 1 (où l’on étudie également le droit, la pharmacie, l’odontologie et les STAPS – sciences et techniques des activités physiques et sportives) ont été rénovés depuis ! Mais, cette université a conservé une aura particulière notamment grâce à ses vieux bâtiments classés aux Monuments historiques, situés dans le centre de Montpellier. Une proximité avec le cœur de ville qui fait le charme de l’université.
 

Une université sans campus
  

La faculté de droit occupe l'ancien couvent de la Visitation Sainte-Marie. Le cloître témoigne des bâtiments initiaux, construits à partir de 1632. "On a la chance de traverser tous les jours un lieu unique. Comme conditions de travail, il y a pire", commente Tania, étudiante en 1re année.

Quant à la faculté de médecine, elle est installée – entre autres lieux – dans un ancien évêché attenant à la cathédrale depuis 1794. De fait, pour des raisons historiques, l’université Montpellier 1 n’a pas de campus, contrairement à ses homologues en sciences (Montpellier 2) et en lettres et sciences humaines (Montpellier 3).

 
Plusieurs sites reliés par le tram
 

Au total, 11 sites (dont 9 à Montpellier) composent l’université qui accueille 24.715 étudiants. L’éclatement des lieux d’études ne pose pas de problème particulier. "C’est vrai que l’on est à 20 minutes en tram de la bibliothèque, mais celle-ci est bien équipée avec des accès Internet et on peut y bosser calmement", convient Romain, en master 2 de droit.

Côté médecine, "tout est accessible en tram et cela donne à la fac un côté plus humain. Cela ressemble finalement davantage à une école qu’à une fac", analyse Hélène, étudiante en 1re année de médecine. "Ce qui compte, c'est que les étudiants sont installés dans des zones proches des hôpitaux", affirme le professeur Maurice Hayot, responsable de la filière technologies de l’information-communication et santé pour l’université.

Pour aller dans ce sens, un nouveau bâtiment, pouvant accueillir près de 3.500 étudiants, va prochainement voir le jour tout près de l’hôpital. Objectif : installer le premier cycle de médecine, le deuxième cycle de médecine et l’Institut de recherche clinique y étant déjà implantés. Cette unité de lieu sera inédite pour l’université. "C’est ainsi, c’est l’héritage de notre histoire", résume Philippe Augé, le président de l’université.
 

Des entreprises aux portes des amphis
  

Une histoire, qui, selon Maurice Hayot s’est toujours inscrite dans le présent. Ainsi, les formations TIC (technologies de l'information et de la communication) et santé s’adressent aussi bien aux (futurs) médecins qu’aux ingénieurs puisque la formation est également habilitée par l’Institut Mines Télécom.

La faculté de pharmacie permet de son côté des débouchés dans un environnement immédiat avec la présence de deux laboratoires Sanofi dans la région (Montpellier et Aramon) et le siège français de Bausch+Lomb, une société internationale d’optique et d’ophtalmologie. C’est également pour répondre à une demande du monde de l’entreprise qu’a été créé un master pratiques pénales.

Par ailleurs, l’université délivre le diplôme national d’œnologue (2 ans d'études), dans une région où le secteur vitivinicole emploie, selon le ministère de l’Agriculture, plus de 30.000 personnes en Languedoc-Roussillon.

 
Une vie étudiante foisonnante

 
À Montpellier, un habitant sur trois est titulaire d’une carte d’étudiant. Et les 25.000 élèves de Montpellier 1 ne sont pas les derniers en termes d’organisation d’initiatives festives et culturelles. La fac recense plus de 50 associations.

Sans doute parce qu’elle estime ses étudiants responsables, la présidence de l’université octroie une certaine autonomie aux élus. Ainsi, ces derniers gèrent la Maison des étudiants avec un budget d’environ 300.000 €, dédié au FSDIE (Fonds de solidarité et de développement des initiatives étudiantes), auquel chaque étudiant cotise automatiquement à hauteur de 16 € via le paiement des droits d'inscription.

Un fonds qui vient en soutien de projets collectifs – comme l’organisation d'une semaine culturelle, d'une journée de valorisation de l'engagement étudiant ou encore l’achat de matériel pour la Maison des étudiants – ou individuels pour ceux qui rencontrent des difficultés financières.

L’université Montpellier 1 en chiffres
• Nombre d’étudiants : 24.715
• Nombre d’étudiants inscrits en médecine : 29 % ; en droit : 25,6%
• Taux de boursiers : 33 %, soit 8.238 étudiants
• Taux d’étudiants étrangers : 18 %, soit 4.602 étudiants
• Nombre de composantes : 9 (administration économique et sociale, droit et sciences politiques, économie, Institut des sciences de l’entreprise et du management, Institut de préparation à l'administration générale, médecine, pharmacie, odontologie, STAPS – sciences et techniques des activités physiques et sportives, ci-contre)
• Nombre de sites : 11, sur 190.000 m2
• Nombre d’enseignants et d’enseignants-chercheurs : 980
• Nombre de personnels administratifs : 803
• Budget 2011 : 161 millions d'euros
(Source : université Montpellier, janvier 2013)

Sommaire du dossier
Montpellier 1, un master 2 pratiques pénales qui autorise tous les droits