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Décryptage

Présidentielle 2017 : les étudiants étrangers se sentent concernés

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Marie, Tabea, Vijay et Can ont des avis partagés sur ce qui les attend à l'issue de la présidentielle en France. // © Nawelle Beouche et Laura Hubert
Marie, Tabea, Vijay et Can ont des avis partagés sur ce qui les attend à l'issue de la présidentielle en France. // © Nawelle Beouche et Laura Hubert

Aujourd'hui, les étudiants étrangers en France payent les mêmes frais de scolarité que les étudiants français et ils peuvent bénéficier de cours dispensés en anglais. Qu'en sera-t-il à l'issue de l'élection présidentielle ? Les principaux concernés s'expriment.

Marine Le Pen propose “d'augmenter les droits de scolarité dont s'acquittent les étudiants étrangers quand ils étudient dans notre pays”. Emmanuel Macron ne souhaite pas augmenter les frais de scolarité des étudiants, mais le débat reste néanmoins “ouvert” pour les étudiants étrangers. Qu'en pensent ces derniers ?

Lire aussi : Emmanuel Macron vs Marine Le Pen : quels programmes pour les jeunes ?

“Je chercherai à étudier dans un autre pays”

Marie, une étudiante allemande de 21 ans en droit à Paris, estime que l'augmentation des frais de scolarité aurait forcément un impact. “En France, je ne paie pas de frais de scolarité. S'ils augmentaient, cela aurait un effet direct sur mon choix de destination”, avoue-t-elle.

Pour Tabea, son amie, cela sonne comme une évidence : “Si la France augmente les frais de scolarité, qui sont en moyenne de 500 € en comptant la Sécurité sociale, les étudiants préféreront d'autres pays. Nous payons déjà assez cher nos logements et les dépenses quotidiennes.En Allemagne, l'étudiante débourse 200 € par an pour ses études.

Can, étudiant turc de 24 ans, également en droit, évoque alors le mouvement “Érable” au Canada. “En 2012, le gouvernement voulait augmenter les frais de scolarité d'environ 1.600 dollars pour tous les étudiants, étrangers et Canadiens confondus. Il y a eu de longues manifestations et, au final, cette mesure n'a pas été mise en place.” Pour lui, la hausse des frais de scolarité provoquerait de vives réactions en France aussi : “Et je n'hésiterai pas à manifester !” déclare-t-il en buvant un café.

“Assez riches pour se payer des études”

Mais tous ne pensent pas de même… Selon Vijay, un étudiant indien en théâtre, l'augmentation proposée – ou sous-entendue – par les deux candidats à la présidentielle n'aura que très peu d'impact. “Les étrangers qui viennent étudier à Paris sont déjà assez riches pour se payer des études. La plupart paieront pour pouvoir étudier dans le pays souhaité. Cette mesure va juste allonger le temps d'études : les étudiants seront obligés de faire des petits boulots à côté pour pouvoir payer leurs frais de scolarité.”

Cours en français ou cours en anglais ?

Autre point sensible pour les étudiants étrangers : la proposition de Marine Le Pen d'“abroger les dispositions de la loi Fioraso qui permettent de restreindre l'enseignement en français dans les universités”. L'idée de la loi votée en 2013 était de faciliter le développement de cours en langue étrangère, en anglais essentiellement, pour attirer davantage d'étudiants étrangers. “Supprimer l'anglais des cours, ce n'est pas la bonne solution, car avec la mondialisation, on parle plus anglais que français. Si on parle anglais durant les cours, ce n'est pas un signe de désamour pour la France, mais plutôt d'ouverture”, réagit Giscard, étudiant congolais de 28 ans.

La langue de Shakespeare, un outil aussi nécessaire pour Tabea : “Moi, je fais du droit, et j'étudie les droits allemand, français et anglais. L'anglais est primordial pour faire des comparaisons de nos systèmes respectifs.”

Un point de vue que ne partage pas Marie : “Personnellement, je ne trouve pas cela dérangeant. Si on vient dans un pays étranger pour étudier, c'est avant tout pour apprendre la langue. Alors pourquoi ne pas parler uniquement français ?”

Des ambassadeurs à choyer

Dans tous les cas, la France gagne à choyer ses étudiants étrangers car beaucoup d'entre eux repartent travailler dans leur pays d'origine après leurs études dans l'Hexagone. Pour Giscard, c'est un moment clé pour la renommée de la France à l'international : “Quand nos études se sont bien passées, on donne une bonne image du pays. C'est comme faire le marketing de la France, sa publicité.”