Rentrée 2020 : comment les "première année" seront accueillis à l’université ?

Par Amélie Petitdemange, publié le 03 Juin 2020
5 min

En septembre 2020, pas de traditionnelle "welcome week" qui regroupe des centaines d’étudiants. Si les universités attendent encore d'en savoir plus sur les conditions sanitaires qui s’appliqueront à la rentrée, elles anticipent des modifications pour l’accueil des "première année".

Fin mai, lors d’une conférence de presse consacrée à l'organisation de la rentrée de septembre, la CPU (Conférence des présidents d’université) a insisté sur l’importance de l’accueil des "première année", qui ne connaissent ni leur future université ni leurs équipes pédagogiques. "Les modalités d’accueil dépendront grandement des sites, des types de formation et du cycle. Mais les "première année" sont les plus importants à voir", a affirmé Gilles Roussel, président de la CPU.

Accueillir "autant que possible" tous les nouveaux étudiants

À l’université de Strasbourg, les nouveaux étudiants, en particulier néo-bacheliers et étrangers, seront en effet privilégiés pour l’accueil et les cours physiques. "Nous essaierons de basculer le plus possible de présentations et de procédures en distanciel, mais nous tenons à accueillir, autant que possible, tous les nouveaux étudiants", explique l’université.

Le guichet multi-services, qui rassemble sur le campus des représentants de la préfecture, de la CAF, du CROUS, de la sécurité sociale et des transports, sera maintenu, ainsi que la brocante de rentrée baptisée "village solidaire".

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S’adapter aux conditions sanitaires

Les "village des services" et "village des associations", qui présentent traditionnellement en septembre les services et les associations étudiantes, seront quant à eux organisés sous forme numérique ou plus tard dans l'année.

L’université Côte d’Azur réfléchit elle aussi à adapter son accueil. "Selon les conditions sanitaires, la journée festive sera déclinée avec un nombre restreint de personnes. Il faudra s’organiser par tours pour que tous les étudiants soient accueillis", imagine Stéphane Azoulay, vice-président Formation à l’université Côte d'Azur. D’autres événements pourront être basculés en ligne, comme des webinaires ou des cours de sport.

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Créer un sentiment d’appartenance

Selon Stéphane Azoulay, les événements de rentrée devront être adaptés coûte que coûte : hors de question de les annuler. "Ils sont prévus dans le calendrier de rentrée et nous voulons les maintenir, il faut s’adapter aux restrictions".

Pour les nouveaux entrants à l’université, ces moments de partage créent en effet un "sentiment d’appartenance". "Le lien social au début de l’année est crucial, c’est à ce moment-là que les groupes se fédèrent", explique Stéphane Azoulay.

Un avis partagé par Jean Chambaz, président de Sorbonne-Université. "Les étudiants ont besoin d’un contact à la rentrée pour se réinscrire dans une vie sociale. Bien sûr, les conditions ne seront pas les mêmes, mais l’université s’adaptera pour les événements d’accueil".

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Assurer une rentrée en présentiel

À l’université Côte d’Azur et à Sorbonne-Université, la rentrée se fera en majorité en présentiel. "Tous les étudiants devront rencontrer leur équipe pédagogique, personne ne sera à distance pour les premiers jours de cours", assure Stéphane Azoulay. "Le passage à l’université est un grand changement par rapport au lycée, ce n’est pas raisonnable de tout faire à distance", souligne-t-il.

Un lien encore plus important pour des lycéens qui n’auront pas mis les pieds en classe depuis le mois de mars. La CPU s’inquiète d’un éventuel décrochage plus important l’année prochaine, surtout que certains cours seront donnés à distance.

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Proposer un accompagnement personnalisé

Les universités réfléchissent donc à accompagner encore plus cette génération un peu particulière. L’université Côte-d’Azur va ainsi ouvrir le dispositif "Oui, si" à davantage d’étudiants, afin de les faire bénéficier d’un accompagnement personnalisé. "Tous les étudiants qui le souhaitent, même ceux de bon niveau, pourront profiter des modules d’accompagnement. L’idée, c’est d’élargir les outils que nous avons déjà plutôt que d’en créer d’autres", affirme Stéphane Azoulay.

Dans la même optique, le tutorat sera renforcé à Sorbonne-Université. Les personnels et les étudiants pourraient aussi être formés s’ils ont besoin de travailler à distance. "Nous verrons ce que la distanciation physique nous permettra pour les cours en amphis mais ce ne sont pas les plus importants, assure Jean Chambaz. Le plus important, c’est de se mobiliser pour avoir le meilleur accueil possible".

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