1. L'UNEF annonce une rentrée dans le rouge

L'UNEF annonce une rentrée dans le rouge

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"Nous sommes très préoccupés par cette rentrée. Nous la jugeons insupportable » s’alarme Jean-Baptiste Prévost, le président de l’UNEF, lors de la conférence de presse de rentrée du syndicat étudiant, du 8 septembre 2009. Et de constater que le coût de la vie étudiante augmente de 3,2 % en moyenne à la rentrée, "principalement en raison de la hausse des dépenses obligatoires, dont les dépenses de logement et les frais obligatoires décidés par le gouvernement (frais d’inscription, cotisation à la sécurité sociale étudiante, prix du ticket de restauration universitaire…)".

Le syndicat demande des mesures d’urgence

L’UNEF a d’ores et déjà annoncé qu’elle lancera dès la rentrée une campagne de pétitions dans toutes les universités pour exiger des mesures d’urgence : la mise en place d’un 10ème mois de bourse, une aide à la recherche du premier emploi, l’augmentation de 10 % des aides au logement et l’accélération des constructions et des réhabilitations de logements étudiants.

"Le gouvernement est déconnecté de la réalité"

Lors de cette conférence de presse, le syndicat étudiant a ainsi rappelé que la revalorisation des aides accordées aux étudiants d’1,6 % annoncée par Valérie Pécresse était " insuffisante pour faire face à l’augmentation des dépenses des étudiants et aux conséquences de la crise". Pour Jean-Baptiste Prévost, "le gouvernement est complètement déconnecté de la réalité. Il continue de faire jouer l’orchestre sur le pont pendant que le Titanic sombre".

Un retard important dans les constructions

Sur la question du logement, l’UNEF réclame notamment une amélioration du plan Anciaux, et une revalorisation des aides au logement. "Quand on écoute Valérie Pécresse sur le logement étudiant, c’est : "Tout va très bien Madame la Marquise". Pourtant, moins de la moitié de l’objectif de constructions fixé en 2004 par le plan Anciaux a été atteint en 2009 (11 500 au lieu de 25 000)". Jean-Baptiste Prévost a d’ailleurs annoncé qu’il allait rencontrer très prochainement Benoist Apparu sur cette question. Sur la destruction annoncée des 548 chambres du bâtiment C de la Cité U d’Antony, l’UNEF a rappelé qu’elle exigeait la mobilisation des crédits nécessaires à la réhabilitation complète de la Cité U.

"L’alternance n’est pas une solution d’embauche"

Le syndicat étudiant a également lancé un "avis de recherche concernant Martin Hirsch". Pour Jean-Baptiste Prévost, il a "raté sa période d’essai notamment sur son intervention sur les stages hors cursus". Le président de l’UNEF a eu aussi un petit mot pour Nicolas Sarkozy : "Ses discours pour une nouvelle politique pour la jeunesse sont restés lettre morte". Quant à la seule réponse du gouvernement sur le chômage des jeunes c’est-à-dire l’alternance, c’est une solution de formation mais pas une solution d’embauche. Il y a urgence à agir. Il faut notamment mettre en place un bouclier social pour protéger les jeunes du chômage".

Et de conclure : "Il y a un réel sentiment d’injustice qui gronde dans la jeunesse. L’UNEF attend des réponses rapides".


8.09.09

Séverine Tavennec


Enquête 2009 de l’UNEF sur la rentrée étudiante : les principaux chiffres
Les dépenses de rentrée d’un étudiant en 2009 vont de 613 euros à 2 225 € selon les situations, alors qu’aucune aide n’est versée pendant le mois de septembre.
Un étudiant sur 20 seulement est concerné par la revalorisation annuelle de 3 % de la bourse maximale (10 € de plus par mois), les autres boursiers bénéficiant d’une revalorisation de 1,5 % (soit une hausse de 1,80 à 4,80 € par mois).
+ 8,3 % : c’est la hausse des loyers à l’emménagement à Paris qui dépassent souvent les 700 euros dans le parc privé. Cette hausse est de 3,3 % en province.
L’augmentation des dépenses obligatoires est de 41,5 % depuis 2001, alors que dans le même temps les aides n’ont augmenté que de 13 %.
6400 logements par an : c’est le nombre de constructions nécessaires pour respecter les engagements du Plan "Anciaux" (50 000 nouveaux logements construits entre 2004 et 2014).



Une rentrée trop chère selon la FAGE
Cette année, la rentrée étudiante est en hausse de 3 % par rapport à 2008, estime également la FAGE, deuxième organisation étudiante, qui publie, elle aussi, pour la septième année consécutive son indicateur du coût de la rentrée. Selon ses données, un étudiant en licence non-boursier disposant d’un logement individuel devrait débourser en moyenne chaque mois 1 200 euros en Ile-de-France et 983 euros en province auquel s’ajoutent respectivement 1 854 euros et 1 489 euros pour les frais spécifiques de septembre (inscription, Sécu…). Le principal responsable de cette hausse : le logement, dont le coût représenterait la moitié du budget étudiant, surtout à Paris. Autre facteur inflationniste selon la FAGE : la hausse des frais d'inscription (+1,2% en licence et +2,2% en master et doctorat), de la sécurité sociale étudiante (+1,5 %) et des tickets de resto U (+1,2%). "En 7 ans, la FAGE a vu le coût de la rentrée augmenter de près d’un tiers et cette année encore le coût de la rentrée devient un élément de sélection des étudiants, surtout des classes moyennes", souligne Claire Guichet, présidente de la FAGE qui réclame une allocation de rentrée étudiante de 400 euros sur le modèle de l'allocation de rentrée scolaire.EV
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