Sciences po à la fac : à quoi s’attendre ?

Par Camille Stromboni, publié le 01 Février 2011
4 min

Sciences po ou une fac de science politique ? A priori, le match entre les 2 cursus semble déséquilibré tant le bruit médiatique autour des IEP est important. Et pourtant, moins, connue, la filière universitaire présente de nombreux atouts. En quoi les 2 cursus se distinguent-ils ? Comment rejoindre la filière science po de l’université ? Vers quels débouchés mènent les masters ? Voici de quoi de tout savoir sur cette filière et vérifier si cette voie est faite pour vous.

Dans l’esprit de nombreux lycéens, “faire Sciences po” veut dire viser le prestigieux institut de la rue Saint-Guillaume et ses cousins de région. Pourtant, la science politique s’étudie aussi à l’université. Voici ce qui distingue la filière universitaire des IEP.
 

Peu de sélection à l’entrée à la fac de science po

 
Contrairement aux IEP (instituts d’études politiques) qui recrutent sur concours – très sélectifs –, la fac de science politique est ouverte à tous, à condition d’obtenir le bac. Attention, comme partout à l’université, la sélection n’est pas absente : elle intervient à l’entrée du master 2. Il n’est donc pas question de se laisser aller !
 

Une plus grande autonomie

 
Vous êtes à l’université, ce qui signifie que personne ne viendra vous chercher si vous ne suivez pas les cours. Ce n’est pas le cas dans les IEP, qui s’organisent sur le format des grandes écoles, avec un effectif moins nombreux (hormis à Paris), un encadrement important et, au final, un cursus plus scolaire, comme au lycée.
À noter : l’université met désormais en place de nombreux dispositifs d’encadrement des étudiants avec le plan Réussite en licence. Certaines disposent également d’effectifs très faibles en science politique. On recense par exemple une soixantaine d’étudiants en licence 3 à Amiens, tandis que les masters 2 réunissent en général moins de 40 étudiants.
 

Un véritable enseignement de science politique

 
La science politique est au cœur des études en fac de sciences po. Une Lapalissade ? Cela mérite en tout cas d’être précisé quand on sait que les instituts d’études politiques offrent, contrairement à ce que leur nom peut laisser penser, une vaste palette de matières (droit, histoire, économie, institutions politiques, etc.), dont seulement une minorité en science politique “pure”.
À l’université, en revanche, vous allez rencontrer les principales disciplines de science politique : philosophie et théorie politique, action publique et politiques publiques, relations internationales et sociologie politique. L’accent sera d’ailleurs plus théorique qu’en IEP, ces derniers étant davantage tournés vers l’actualité politique.
 

Plus de recherche

 
Le point fort de la filière science po à l’université : l’importance du secteur de la recherche, avec de grands laboratoires. Quel impact cela a-t-il concrètement pour vous ? “Dans l’enseignement, dans la manière d’appréhender la matière, nous apprenons à nos étudiants à emprunter une posture de recherche, avec des modes de raisonnement critiques, c’est-à-dire à ne pas tomber dans le sens commun, explique Delphine Dulong, responsable de la licence de science politique de Paris 1–Panthéon-Sorbonne. C’est difficile, mais ça plaît aux étudiants. Finalement, regarder comment fonctionne l’État, comment se fabrique une politique publique – ailleurs que dans les arcanes d’un cabinet comme on pourrait le croire – c’est un peu magique pour eux.”
Côté débouchés, c’est d’ailleurs “la voie royale vers l’enseignement supérieur et la recherche, souligne Patrick Lehingue, professeur de science politique, responsable du master recherche savoirs et pratiques du politique à l’université de Picardie. Même si le ticket d’entrée est de plus en plus élevé pour atteindre ces métiers.”
 

Des “pointures” chez les profs

 
Plus que des “professeurs stars”, tel DSK – Dominique Strauss-Kahn – qui enseignait à Sciences po Paris, ce sont les grands noms de la science politique que vous allez rencontrer, ces derniers travaillant dans les labos de recherche des universités. Citons par exemple Jacques Gerstlé, Daniel Gaxie, Bastien François, Jacques Chevallier, etc. Avec souvent des masters 2 de prestige sous leur direction.


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