1. Supérieur
  2. Licence / Université
  3. Sélection illégale à l'université : l’Unef (re)jette le pavé dans la mare

Sélection illégale à l'université : l’Unef (re)jette le pavé dans la mare

Envoyer cet article à un ami
Des étudiants à l'université Paris 1 - Panthéon-Sorbonne (octobre 2013) // © Camille Stromboni
Des étudiants à l'université Paris 1 - Panthéon-Sorbonne (octobre 2013) // © Camille Stromboni

Des filières sélectives toujours plus nombreuses : dans son enquête annuelle publiée le 15 juillet 2015, l'UNEF, le syndicat étudiant, dénonce cette pratique "illégale" en pleine expansion dans les universités. Et s'inquiète du sort de milliers de bacheliers qui n'ont pas encore obtenu la place qu'ils souhaitaient sur les bancs de la fac.

54 universités pratiqueraient une sélection "illégale", avec 334 parcours de licence sélectifs. Ce sont les chiffres qu’avance l’UNEF (Union nationale des étudiants de France) dans son enquête annuelle, publiée le 15 juillet 2015. Le syndicat étudiant place en tête du palmarès des mauvais élèves les universités Paris 4 (Paris Sorbonne), Paris 1 (Panthéon-Sorbonne) et Cergy, avec chacune plus d'une vingtaine de parcours pour lesquels s'opère une sélection à l'entrée sur dossier ou via des tests de niveau.

Les parcours sélectifs au banc des accusés

Le débat n'est pas nouveau. L'université est l'unique filière de l'enseignement supérieur par principe non sélective. Elle développe pourtant, depuis plusieurs années, des parcours au sein desquels elle choisit ses étudiants sur des critères de niveau. Il s'agit principalement des doubles licences, des parcours internationaux ou des filières spécifiques comme les CMI (cursus master en ingénierie).

Les universités justifient ce mode de sélection dans des cursus à petits effectifs par la nécessité d'avoir un certain niveau pour réussir à suivre deux formations, comme en double licence. Les parcours internationaux, quant à eux, supposent une aisance minimum en langue vivante.

Mais l'UNEF dénonce cette "démarche élitiste" qui se répand, en particulier dans un contexte de pénurie de moyens des universités et d'accroissement constant du nombre d’étudiants. Le syndicat promet des recours en justice dans les mois qui viennent et demande au ministère de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la recherche de faire appliquer la loi.

Capacités limitées et tirage au sort

En outre, l'UNEF relève un autre phénomène qui participe à bloquer l'accès des bacheliers aux formations universitaires qu'ils visent : le développement des "capacités d'accueil limitées". Lorsque l'offre dépasse trop fortement la demande, comme en STAPS (sciences et techniques des activités physiques et sportives) ou en psychologie, les universités mettent en place un numerus clausus, au-dessus duquel elles refusent des candidats, dans un grand nombre d'académies. Le tri étant opéré par un tirage au sort.

Ce dispositif toucherait 30 % des cursus de licence, estime le syndicat étudiant, qui s'inquiète de la situation de plusieurs milliers de bacheliers sans inscription pour la rentrée universitaire, ou avec une inscription qui ne correspond pas à leurs projets. Le syndicat demande donc aux recteurs de trouver pour chacun une solution au plus vite. Des cas "problématiques" qui devraient se résoudre, comme les années précédentes, avec les dernières phases d'Admission postbac.

#SOSinscription
Depuis juin 2015, l'UNEF mène une campagne auprès des bacheliers afin de recenser les difficultés pour s'inscrire à l'université et accompagner ceux qui le souhaitent "pour que leurs dossiers soient signalés au rectorat" ou "lancer un recours juridique contre une sélection illégale".

Sur le même sujet sur EducPros.fr
- Universités : le système opaque des capacités d'accueil en question
- Sélection à l'université : le tirage au sort, un moindre mal ?

Pour aller plus loin : APB 2015 : les astuces pour s'inscrire à la fac / Vidéo : pour ou contre la sélection à la fac en licence ? / Kiné : une année de fac et 4 ans d'études requis pour avoir le diplôme / Ma vie d’étudiant à Nîmes : Frédéric, à la fac comme au lycée