1. Ce qui vous attend vraiment en licence de STAPS
Décryptage

Ce qui vous attend vraiment en licence de STAPS

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En handball, cours magistral au bord du terrain. // © Guillaume Mollaret
En handball, cours magistral au bord du terrain. // © Guillaume Mollaret

Vous rêvez de transmettre à des élèves votre passion pour le basket, travailler avec des équipes de haut niveau ou encore rejoindre un service de marketing sportif ? Une licence de STAPS peut être un bon départ. À condition de mettre de côté les clichés et de travailler dur.

Pour réussir en fac de STAPS (Sciences et techniques des activités physiques et sportives), il faut aimer le sport mais aussi les sciences. Pas de surprise vu que ces deux composantes sont spécifiées dans l'intitulé même de la licence, pourrait-on répondre. Pourtant, nombreux sont les lycéens qui se focalisent sur la première, oubliant la seconde. "Attention à ne pas confondre les STAPS avec les brevets délivrés par le ministère de la Jeunesse et des Sports qui permettent de devenir éducateur dans différentes disciplines", prévient Lionel Arnaud, vice-doyen de STAPS de Toulouse 3. En licence, le but est d'analyser la pratique sportive et d'acquérir une vision d'ensemble du secteur, pas de devenir le spécialiste d'un sport en particulier.

Test : Êtes-vous fait(e) pour une licence de STAPS ?

Polyvalence requise

Entre les cours de psychologie, de physiologie, de biomécanique ou encore d'histoire du sport, vous passerez en fait plus de temps en amphi ou en bibliothèque que dans des gymnases ou des stades. "Sur 30 ECTS à valider chaque semestre, huit sont dédiés au sport", précise Éric Duprat, responsable de la licence 2 STAPS à l'université d'Évry. Et au sein même de ces cours se mêlent théorie et pratique. "Il faut être capable de faire des liens entre les notions vues en cours magistral et la réalité du terrain, de situer les pratiques dans un contexte culturel et d'apprendre à les transmettre", précise Tarak Driss, directeur du département STAPS de Paris Ouest-Nanterre. Règles du jeu, consignes de sécurité, arbitrage ou matériel, voilà autant de questions qui seront abordées lors des enseignements consacrés au volley-ball, au ski ou bien à la gymnastique. Les activités vont d'ailleurs bien au-delà des disciplines olympiques : "Course d'orientation, danse ou arts du cirque font partie du panel que l'on propose", glisse Lionel Arnaud.

Une vision globale du secteur sportif

Vice-président étudiant à Toulouse 3, Yoann confirme qu'il faut être capable de s'adapter à des univers différents vu que "l'on ne choisit pas les activités au programme". Actuellement en master, lui-même a une carte professionnelle de nageur-sauveteur grâce à sa licence mention entraînement sportif, doublée d'un certificat de natation. S'il pratique ce sport de longue date, il assure qu'il n'a participé qu'à peu de compétitions. Nul besoin d'être un champion de haut niveau pour briller en STAPS. Plus que la performance, c'est l'analyse et le sens de la pédagogie qui comptent.

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De là à s'inscrire dans la filière sans jamais avoir eu de licence sportive dans un club d'une quelconque discipline, il y a un pas qu'il serait dommage de franchir... "La connaissance du terrain donne une crédibilité mais aussi des contacts précieux pour la suite", avance Tarak Driss. "Au-delà du fait d'avoir pratiqué telle ou telle activité, c'est intéressant de s'être impliqué dans la vie d'un club, d'une fédération, pourquoi pas d'avoir décroché le BAFA et encadré des séjours d'enfants", ajoute Lionel Arnaud. La diversité de ces expériences pourra aider à mûrir un projet professionnel, au-delà du métier de professeur. Si les concours de l'éducation nationale font rêver beaucoup de jeunes qui s'inscrivent en STAPS, il existe d'autres débouchés dans le management sportif, le coaching, le travail avec des personnes âgées ou handicapées, ou l'ergonomie. Au fur et à mesure de l'avancée dans le parcours de la licence, vous pourrez opter pour l'une ou l'autre voie grâce à des "parcours" de formation.

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Maîtriser son agenda

Avant ces premiers choix d'orientation, reste à passer le cap de la première année de licence et de son tronc commun assez chargé. Les emplois du temps varient selon les facs, mais il faut compter en moyenne de 25 heures à 30 heures de cours par semaine en STAPS. "La difficulté principale, c'est l'organisation, témoigne Yoann. Vu la variété des enseignements, on ne peut pas être bon partout. Il s'agit donc de repérer ses points forts et de se fixer des priorités." Un exercice d'équilibriste à conjuguer avec ses propres engagements associatifs. "Du sommeil à la nutrition, il ne faut pas négliger l'hygiène de vie pour être sur tous les fronts", conseille-t-il. Un esprit sain dans un corps sain, voilà une maxime à cultiver au plus vite.