1. Universite d'Avignon : le contrôle continu contre l'échec en licence
Reportage

Universite d'Avignon : le contrôle continu contre l'échec en licence

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Entre le mastodonte marseillais et le pôle universitaire montpelliérain, l'université d'Avignon, qui compte 7.000 étudiants, a fait de la culture sa marque de fabrique. Avec un mode de fonctionnement bien particulier : le contrôle continu pour ses étudiants. Nouveau volet de notre série "Portrait d'université", en Avignon.

Comme au lycée … ou presque ! L'université d'Avignon a mis en place, en 2009, le contrôle continu dans ses formations. Bilan : le taux d'abandon a fortement diminué en première année de licence.


 
"Avec le contrôle continu, je n'ai pas trop ressenti le choc du passage du lycée à la fac, souligne Anaïs, étudiante en licence à l'université d'Avignon. Même si, quoi qu'il en soit, on est beaucoup plus autonomes qu'au lycée. Si on ne veut pas travailler du tout, on peut toujours !"

L'université d'Avignon fait figure d'exception : elle a instauré, en 2009, le contrôle continu pour ses étudiants. La règle ? Vous aurez, au minimum, 2 évaluations par matière, chacune ne pouvant excéder 50 % de la note finale. "C'est notre table de la loi. Dans la pratique, les enseignants peuvent organiser beaucoup plus d'évaluations", explique le vice-président CEVU (Conseil des études et de la vie universitaire).

 
"Si on se plante une fois, on peut se rattraper"

  
"Avec les partiels classiques : quand on rend les notes, c'est fini, déplore-t-il. Ce système permet à l'inverse un retour pédagogique de l'enseignant vers l'étudiant, avec une correction qui permet d'être conscient de son retard le plus tôt possible dans l'année. En général, la première évaluation est catastrophique, ce qui produit un électrochoc".

Les étudiants abondent en ce sens. "L'avantage avec plusieurs partiels, c'est qu'on peut équilibrer nos notes, se réjouit Anaïs, en L2 info-com. Si on se plante une fois, on peut se rattraper." Mais pas tous, question d'affinité. "Cela oblige à travailler toute l'année, ce qui n'est pas évident quand on fait plein de choses à côté, nuance son camarade Jules, qui gère l'association Radio Campus Avignon. Je préfèrerais plutôt mettre un gros coup d'accélérateur avant l'examen."

 
Le taux d'abandon en L1 a baissé de près de 10 points

 
Bilan de cette mesure : une baisse significative du taux d'abandon en première année, passé de 36% en 2008-2009 à 27 % en 2010-2011. Ce qui s'explique également par le renforcement de l'accompagnement en L1, notamment la mise en place d'enseignants référents, estime le vice-président CEVU.

Cependant, l'application du contrôle continu n'est pas encore totale. Si les enseignements de licence de droit restent pour la plupart limité à 2 évaluations, en raison de l'importance de l'effectif étudiant (600 élèves au 1er semestre en L1), plusieurs matières échappent même encore au contrôle continu, soulignent les étudiants.

"Il reste des matières où nous n'avons qu'un gros partiel à la fin du semestre", explique Jules. "Les professeurs l'appliquent plus ou moins, confirme sa camarade Anaïs. Les dossiers et les partiels se concentrent quand même encore pas mal sur décembre et mai."

Le contrôle continu s'accompagne enfin de la disparition des sessions de rattrapage.
Alexis, qui a redoublé sa première année, le regrette. "Avec des rattrapages, je serais passé de justesse, estime-t-il. C'est un peu à double-tranchant."
  
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