1. Université franco-allemande : deux diplômes sinon rien
Reportage

Université franco-allemande : deux diplômes sinon rien

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Chaque année, 1.000 jeunes sortent diplômés de l’université franco-allemande (UFA), qui propose des cursus délivrés en partenariat entre les deux pays. Retour sur une formule qui rencontre de plus en plus de succès.

Ils s’appellent Jean, Sébastien, Inger-Luise, Tabea, Moritz, Othmane. Ils ont entre 19 et 25 ans, et étudient à Sarrebruck, en Allemagne, dans une petite ville frontalière avec la France. Dans quelques mois, ils rejoindront le réseau des anciens de l’UFA (université franco-allemande), qui compte chaque année un millier de nouveaux diplômés.

Ces étudiants de diverses origines, ont fait le choix de suivre des études dans un cadre binational. Une formation à cheval sur les deux pays, qui débouche sur deux diplômes à la fin et assortie d’une bourse : ce sont les avantages des 154 cursus de l’établissement.


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Les étudiants et les enseignants soulignent la convivialité des relations. Au centre, Patrice Neau, le président de l'UFA, à sa gauche, Patricia Oster-Stierle, la vice-présidente // © M. Oui

De la licence au doctorat


Lancée en 1997 avec un fort soutien politique des deux gouvernements, ce réseau binational associe un établissement (université ou école) français et un allemand au sein d’une formation qui débouche sur un double diplôme. Il s’agit principalement de licences et de masters, délivrés dans tous les domaines : droit, économie-gestion, sciences de l’ingénieur, sciences humaines… En matière de recherche, l’UFA propose différents programmes comme des cotutelles de thèses ou des collèges doctoraux. Les étudiants de l’UFA paient seulement des frais dans leur établissement d’origine et ils bénéficient d’une allocation annuelle de 2.700 €. Celle-ci est cumulable avec d’autres financements (bourses sur critères sociaux du CROUS – centre régional des œuvres sociales et scolaires –, aide à la mobilité du Ministère, allocation de stages du DAAD – enseignement supérieur allemand, etc.).

Inscriptions en hausse


"Nous sommes passés de 5.500 étudiants inscrits dans nos formations l’an dernier à plus de 6.000 à la rentrée 2013", se félicite Patrice Neau, le président de l’UFA. Surtout, les responsables de ces programmes veulent se démarquer du dispositif Erasmus. "La grande différence est l’accompagnement des étudiants et le fait que l’année à l’étranger est vraiment intégrée dans le cursus", insiste la vice-présidente Patricia Oster-Stierle. "Cela permet par exemple d’éviter les problèmes de validation des examens dans le pays d’origine."


Immersion sur la durée

Du côté des étudiants, le fait de se retrouver immergé au sein d’une seule promotion d’une vingtaine d’’étudiants pendant toute la durée du diplôme a aussi des avantages. Après une deuxième année de licence en communication interculturelle passée en France à Metz (57), Tabea (photo) a accueilli à la rentrée 2013 ses 9 condisciples français dans son pays, à l’université de la Sarre.

Tabea-UFA-Mathieu Oui

D'origine allemande, Tabea a suivi sa deuxième année de licence à Metz //© M. Oui

"Les relations amicales nouées l’an dernier au sein du groupe ont beaucoup facilité l’intégration des Français cette année", explique l’étudiante dans un français parfait. "À leur arrivée à Sarrebruck, nous les avons aidés à trouver un logement et dans leurs formalités administratives."


Communication interculturelle


"Ce séjour long à l’étranger est souvent l’occasion de réfléchir à sa propre culture", observe de son côté Patricia Oster-Stierle. Cette dynamique enseignante en romanistique (langues romanes) à l’université de la Sarre fait beaucoup travailler ses étudiants sur la communication interculturelle à travers des exemples précis. Parmi ses dernières initiatives : l’invitation d’un journaliste du "Canard enchaîné" à venir parler de son métier ou encore l’organisation d’un séminaire autour d’une exposition du Louvre sur l’art allemand qui a fait polémique outre-Rhin.


Une ouverture à l'international


Beaucoup sont convaincus que cette première expérience franco-allemande leur ouvrira d’autres portes à l’international. Certains ont déjà d’autres projets : un double master entre Sciences po et la London School of Economics pour Inger Luise ou une année sabbatique dans un service social ou une association d’un pays francophone pour Moritz.


L'Université franco-allemande en chiffres (source 2013)
– 154 doubles diplômes.
– 17 cursus trinationaux (avec l’Autriche, le Luxembourg, la Suisse…).
– Plus de 6.000 étudiants inscrits en 2013-2014.
– 1.000 diplômés par an.
– bourse annuelle : 2.700 € pour chaque étudiant (hors recherche).Comment s’inscrire à l'Université franco-allemande ?
Vous devez effectuer votre inscription directement auprès de l’établissement sélectionné. Pour trouver une filière qui vous correspond, passez par le moteur de recherche des formations du site. Chaque formation définit ses critères d’admission. Celle-ci s'effectue généralement sur dossier de candidature, vérification du niveau linguistique et, souvent, après un entretien avec un jury. Selon les cas, des examens écrits et oraux peuvent également être obligatoires. Le détail de la procédure de chaque cursus est consultable sur le site de l’université.
Plus d'infos sur : www.dfh-ufa.org

 

Sommaire du dossier
Othmane doctorant en physique : " À l’UFA, on bénéficie des bons côtés des deux systèmes universitaires !" Sébastien, en M1 sciences de gestion : "Tout le monde se connaît à l'UFA !"