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Université : j'ai raté mes partiels, est-ce la fin du monde ?

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Partiels ratés, année perdue ? Pas forcément si vous savez attraper la main tendue de votre université. // © plainpicture/fStop/Caspar Benson
Partiels ratés, année perdue ? Pas forcément si vous savez attraper la main tendue de votre université. // © plainpicture/fStop/Caspar Benson

Aïe ! Les résultats de vos partiels sont tombés, et ce n'est pas une franche réussite. Plutôt que de vous rouler en boule dans votre coin, démotivé, renseignez-vous auprès de votre université. Des solutions existent pour vous aider à traverser vos difficultés.

Vous avez raté vos partiels... Comment rebondir ? "Le premier réflexe doit être de vous adresser à votre professeur référent et au service d'orientation et d'insertion de votre université. Tout sauf rester isolé !" Tel est le conseil de Dominique Royoux, vice-président délégué à l'insertion et à l'orientation de l'université de Poitiers. Selon vos besoins et votre profil, ceux-ci vous aiguilleront vers des dispositifs adéquats.

Solution n°1 : Le tutorat

Le plus répandu de ceux-ci reste le tutorat, surtout si vous souhaitez persévérer dans votre filière et affronter victorieusement l'épreuve des rattrapages. "Nous en proposons tout au long de l'année dans les différentes disciplines pour les L1 et L2. Il est dispensé par des étudiants de L3 ou de master", explique Yves Markowicz, directeur du département de la licence sciences et technologies de l'université Grenoble Alpes. L'occasion de revenir sur les points de difficulté en groupes plus restreints.

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L'université d'Angers, quant à elle, s'est dotée d'un dispositif très organisé : le DARE (Dispositif d'accompagnement à la réussite des étudiants). Celui-ci est ouvert aux boursiers et/ou aux bacs pro et techno de 1re année tout au long de l'année. "Cela consiste en un accompagnement méthodologique, un tutorat en petit groupe par des étudiants des années supérieures, et des rendez-vous réguliers avec un assistant pour discuter de la situation et des besoins de l'étudiant", indique Laure Kerléo, cheffe de projet en charge du DARE. Lancé à la rentrée 2016 pour trois ans, celui-ci a déjà accueilli 200 étudiants. L'établissement souhaite ainsi augmenter son taux de réussite en licence, qui s'élève déjà aujourd'hui à 60 %.

Solution n°2 : La réorientation

Vos résultats peuvent également être l'occasion de vous poser des questions : et si vous vous étiez engagé dans la mauvaise voie ? "Environ 5 % de nos effectifs se réorientent chaque année, indique Dominique Royoux. En L1, nous avons mis en place des passerelles permettant de ne pas perdre une année. C'est le cas par exemple pour les étudiants de PACES [première année commune aux études de santé], qui échouent au premier semestre. Dès janvier, ils peuvent passer en biologie, en sciences du sport, en STAPS [sciences et techniques des activités physiques et sportives]...", cite-t-il. Toutefois, mieux vaut s'y prendre tôt, prévient-il, "entre novembre et janvier".

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À noter : il est plus simple de rejoindre une discipline proche de celle que l'on quitte, afin de limiter le nombre d'unités d'enseignement à rattraper. "Par exemple, le passage de maths appliquées à AES [administration économique et sociale] – qui comprend une forte composante d'économie mathématisée – est courant", affirme Thierry Burger-Helmchen, doyen de la faculté des sciences économiques et de gestion de l'université de Strasbourg. Pour Dominique Royoux, "passer d'une licence de biologie a une licence d'histoire est possible, mais cela demande énormément de motivation".

Solution n°3 : Se laisser du temps

Cependant, "la plupart des étudiants qui se réorientent le font après la première année", affirme Yves Markowicz. Prendre – plutôt que "perdre" – un an entier est parfois inévitable... En plus des conseils reçus auprès des services d'orientation, certains DU (diplômes d'université) spécifiques vous aident à faire le meilleur choix de filière.

L'université Paris 5 a ainsi conçu un accompagnement d'un an pour les étudiants de L1 en difficulté, démarrant au milieu du premier semestre. Découverte des disciplines, renforcement de la culture générale, acquisition de méthodes de travail, accompagnement à l'orientation... : "Le DU PaRéO (Passeport pour réussir et s'orienter), lancé en 2015, permet de choisir son orientation en connaissance de cause, et non sur une perception "fantasmée" des filières, indique Marion Petipré, chargée de mission réussite. À l'issue de cette année, les étudiants peuvent être réorientés vers une licence, un BTS (brevet de technicien supérieur), un IUT (institut universitaire de technologie), une école privée..."

Ouvert d'abord en novembre pour les décrocheurs de la Toussaint, PaRéO est aussi accessible dès septembre via la procédure APB... "Nous envisageons également une session démarrant en janvier", indique Marion Petipré. La popularité est telle que les places pour les cursus démarrant en novembre ont été doublées en 2016, passant de 35 à 70. Des initiatives approchantes se retrouvent dans d'autres établissements. "Notre DU 'Tremplin réussite' permet de se remettre en selle tout au long du semestre de printemps", explique ainsi Thierry Burger-Helmchen, à Strasbourg.

Quoi qu'il en soit, ne perdez pas de vue que ces dispositifs n'ont de sens que si vous vous montrez vraiment acteur de votre parcours. "Nous ne sommes pas un antidote. On ne peut aider que ceux qui veulent être aidés", résume Marion Petipré. Courage, à cœur vaillant rien d'impossible !