1. Université : les grandes nouveautés qui vont chambouler la licence
Décryptage

Université : les grandes nouveautés qui vont chambouler la licence

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Les changements apportés à la licence seront effectifs au plus tard à la rentrée 2019 dans l'ensemble des universités. // © Camille Stromboni
Les changements apportés à la licence seront effectifs au plus tard à la rentrée 2019 dans l'ensemble des universités. // © Camille Stromboni

Nouvelle compensation des notes, arrivée du contrôle continu intégral, moins de cours en présentiel, des licences à la carte… L'université va connaître d'ici la rentrée 2019 de sérieux changements, prévus par le plan Étudiants. Un projet de texte juridique est en phase de finalisation. Voici ce qu'il faut en retenir.

Le plan Étudiants devient plus concret et, par conséquent, les changements pour la licence aussi ! L'Etudiant a pu consulter le projet d'application de la réforme de l'entrée à l'université qui modifie le premier cycle. Des évolutions qui ne deviendront pas réalité avant la rentrée 2019 pour l'essentiel. Décryptage.

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À chacun son parcours

Première nouveauté : à votre inscription vous devrez signer un "contrat pédagogique" avec l'université. Ce dernier détaillera votre parcours de formation, les dispositifs de remédiation à suivre notamment dans le cadre des "oui, si" sur Parcoursup ainsi que le rythme auquel vous pourrez valider les 180 crédits de votre diplôme. Ce sont les licences sur-mesure annoncées par le ministère de l'Enseignement supérieur en deux, trois ou quatre ans selon le profil des étudiants et leurs projets personnels et professionnels. Ce contrat n'aura pas de portée juridique et pourra être modifié tout au long de votre parcours avec votre accord par la direction des études.

Ces contrats et ces parcours différenciés ne seront pas pour autant en place dès la rentrée 2018. La faute au calendrier très serré et à des moyens insuffisants pour installer des directions des études dès septembre. Ils ne devraient d'abord concerner que les étudiants ayant accepté un "oui, si" avant de se généraliser en 2019.

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La fin de la compensation des notes ?

C'était l'un des points chauds en négociation : l'évolution du système de compensation des notes à l'université qui permet de valider une unité d'enseignement en tenant compte de la moyenne du semestre, voire d'équilibrer ces notes entre deux semestres de l'année universitaire. Dès l'automne, la ministre de l'Enseignement avait prévenu : il fallait revoir ces modalités car si l'on modifie l'organisation de l'année universitaire, la compensation entre semestres n'a plus lieu d'être. Que prévoit le nouveau système ? Liberté serait donnée aux universités pour organiser la compensation.

Concrètement, les établissements arrêteront les modalités d’obtention du diplôme qui font l’objet d’une compensation des résultats pour chaque licence. Les notes pourront se compenser au sein d'unités d’enseignement ou de groupes d'UE qui iraient ensemble. Les universités attribueront à chaque unité d'enseignement un coefficient et un nombre de crédits.

Par ailleurs, un dispositif spécial pourra être proposé à un étudiant pour obtenir un bilan global de ses résultats et la validation correspondante en crédits européens s'il souhaite se réorienter ou aller dans un autre établissement français ou à l'étranger.

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Bienvenue au contrôle continu intégral

Fini les partiels ? Non, mais… Là encore, le projet d'arrêté laisse la liberté aux établissements d'organiser l'évaluation comme ils le souhaitent et de mettre en place notamment le contrôle continu intégral. Selon ce texte, les universités doivent privilégier "une évaluation continue qui permet une acquisition progressive tout au long de la formation". Elle pourra revêtir des formes variées, en présentiel ou en ligne, comme des épreuves écrites et orales, des rendus de travaux, de projets et des périodes de mise en situation ou d’observation en milieu professionnel.

L'université fixera, par unité d’enseignement, le nombre minimal d’évaluations qui devront être réparties de manière équilibrée au cours du semestre. Dans le calcul des moyennes, aucune de ces évaluations ne pourra compter pour plus de 50 %.

Cette nouvelle organisation signifie-t-elle la fin des rattrapages ? Pas vraiment. Le projet d'arrêté prévoit que chaque étudiant bénéficie "d’une seconde chance". Celle-ci peut prendre plusieurs formes : une évaluation supplémentaire organisée après publication des résultats de l’évaluation initiale ou, en cas d’évaluation continue intégrale, elle sera comprise dans les modalités de mise en œuvre. Sachez aussi qu'une évaluation de substitution devra être organisée par les établissements en cas de "contraintes particulières" empêchant les étudiants de participer aux contrôles.

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Moins d'heures en présentiel ?

Dernier changement : le face-à-face élève-professeur dans un amphi ne sera pas la seule modalité d’apprentissage. Ce texte précise que l'ensemble du parcours de formation de licence correspond à une charge de travail pour l’étudiant comprise entre 4.500 et 5.400 heures, avec au minimum 1.500 heures d’enseignement et d’encadrement pédagogique. Ces activités comprendront des enseignements en présentiel (dont des cours magistraux, travaux dirigés, travaux pratiques) mais aussi à distance et via des outils numériques ou encore des projets individuels ou collectifs.

Toutes ces nouveautés ne gagneront pas l'ensemble des universités dès la rentrée 2018. Comme pour la mise en place des contrats de réussite pour chaque étudiant, l'organisation des nouveaux systèmes de compensation des notes et d'organisation des examens prendra du temps. La deadline fixée par le ministère : la rentrée 2019 au plus tard, et ces changements peuvent encore évoluer.