1. Université Stendhal-Grenoble 3 : des littéraires opérationnels pour l'emploi
Reportage

Université Stendhal-Grenoble 3 : des littéraires opérationnels pour l'emploi

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Dans les coulisses de la salle de spectacle Amphidice. À Stendhal, la participation à une association culturelle, caritative… peut être validée comme stage. // © Isabelle Dautresme
Dans les coulisses de la salle de spectacle Amphidice. À Stendhal, la participation à une association culturelle, caritative… peut être validée comme stage. // © Isabelle Dautresme

Ateliers CV, stages dès la licence, semaines “orientation, stage, emploi”… À Grenoble 3, les initiatives ne manquent pas pour faire mentir l’idée répandue de la mauvaise insertion des littéraires. Résultat : 89 % des étudiants de master se disent satisfaits de leur insertion un an après avoir obtenu leur diplôme (1).

"Il existe un discours alarmiste sur l'insertion des jeunes diplômés en communication, lettres et langues. Ce discours repose sur des a priori. En réalité, une fois leur master en poche, la quasi-totalité de nos jeunes trouvent un emploi en adéquation avec leur spécialité", martèle Denise Faivre, responsable du SIO (service d'information et d'orientation) de l'université.

 
“Ici, on ne diabolise pas l'entreprise”

 

L'explication ? "Elle est à chercher du côté de la qualité de la formation", lâche sans hésiter Claire, diplômée du master pro communication. "À Stendhal, contrairement à beaucoup d'autres universités, on ne diabolise pas l'entreprise, au contraire. Les enseignants sont connectés au monde du travail, la plupart ont d'ailleurs des intervenants extérieurs qui ont les deux pieds dans l'entreprise. Quant aux autres, ils entretiennent des liens étroits avec des personnes en activité. D'où une formation très professionnelle axée sur une véritable culture métier", explique la jeune femme.

Même son de cloche du côté de Mickaël, diplômé du master pro traduction : "L'enseignement est très axé pratique, du coup, quand on arrive sur le marché du travail on est tout de suite opérationnel et les employeurs le savent." Cécile, étudiante en M2 industrie de la langue apprécie quant à elle "les nombreuses rencontres avec de jeunes entrepreneurs et anciens de masters qui viennent à l'université raconter leur parcours et nous donner les ficelles (spécialisations, options, stage) pour mieux nous insérer une fois diplômés."

 
Des stages obligatoires dès la licence

 

Pour préparer les étudiants au monde du travail, l'université a fait le pari des stages, obligatoires dès la licence. "Nous avons une définition très large du stage", précise Élisabeth Lavault, vice-présidente à l'insertion professionnelle. Ainsi, la participation à une association culturelle, caritative, une initiative citoyenne, le fait d'être sportif de haut niveau... peuvent être validés. L'objectif de ces "stages"? "Sortir les étudiants de l'université, les responsabiliser et ainsi travailler sur leur savoir-être", explique la vice-présidente pour qui l'insertion commence par une familiarisation précoce avec le monde professionnel, que ce soit dans le cadre d'une entreprise, d'une association ou d'une institution.

Si les conditions de réalisation des stages sont très souples – les niveaux d'encadrement sont à la carte et varient selon les besoins des étudiants –, ils donnent lieu à un mémoire et permettent de valider un semestre d'options, soit trois crédits.

 
Des ateliers sur les codes de la recherche d'emploi

 

Pour aider les étudiants dans leur recherche de stage et même d'emploi, le SIO a mis en place des ateliers sur la pause méridienne et en fin de journée. Les thèmes abordés sont vastes : préparation aux entretiens d'embauche, rédaction de CV et lettres de motivation, réflexion sur le rôle des réseaux sociaux dans la recherche d'un emploi... "Les ateliers ne désemplissent pas. La preuve que les étudiants sont en demande", s'enthousiasme Denise Faivre.

Si Vivien, étudiant en L3 lettres classiques, reconnaît volontiers l'utilité de certains ateliers très pratiques, comme "apprendre à rédiger un CV", il est beaucoup plus dubitatif sur ceux aux intitulés plus abstraits. "Quand on a abordé la notion de travail sur soi, j'ai été nettement moins convaincu", explique l'étudiant qui a suivi l'option SIO "un stage pour préparer l'avenir".

Autre moment fort de l'insertion : la semaine OSE (Orientation, stage, emploi). Une semaine au cours de laquelle les étudiants rencontrent des diplômés et participent à des ateliers ou des conférences qui portent sur des thèmes très variés tels que : "Entre métier rêvé et contraintes de l'emploi" ou "Expérience, stage, emploi : osez l'international". "La semaine OSE se déroule juste après les examens du premier semestre ; on pouvait s'attendre à ce que les étudiants profitent de cet entre-deux pour prendre quelques jours de vacances. Or le nombre de participants a doublé en deux ans !" se réjouit Élisabeth Lavault.

 
Le levier du réseau, surtout en local

 

Comment trouver un stage ? Un emploi ? "Par le réseau que des enseignants, très proches des milieux professionnels ont su tisser au fil des années", affirme sans hésiter Denis Faivre. Un avis que tout le monde ne partage pas. "L'information circule mal à Stendhal, constate Claire. Entre le moment où, grâce à leurs relations, les professeurs entendent parler d'une offre et le moment où elle figure sur la liste de l'université, elle a toutes les chances d'être pourvue." L'étudiante suggère de "mettre en place un intranet et un mini-réseau social sur lequel les personnes échangeraient les informations."

Cécile, étudiante en M2 industrie de la langue, reconnaît que l'université met à la disposition des étudiants des listes d'offres d'emploi, mais elle déplore "qu'elles soient pour l'essentiel circonscrites au bassin de l'Isère. "Le réseau Stendhal est très local. Or pour trouver du boulot, il faut pouvoir en chercher partout", précise-t-elle.

Quant à l'annuaire des anciens que veut mettre en place l'ISO, "il est old school", déplore la jeune diplômée de communication, avant de concéder : "C'est vrai que les personnes qui m'ont recrutée une fois mon diplôme en poche l'ont fait car elles venaient de Stendhal et connaissaient la valeur de la formation."

Toujours dans le souci d'entretenir un réseau qui se révèlera précieux lors de la recherche de stages ou d'emploi, l'université Stendhal organise depuis trois ans une cérémonie de remise des diplômes de master LEA (langues étrangères appliquées). L'objectif est double : féliciter les étudiants et conforter les enseignants. "Ces événements nourrissent un sentiment d'appartenance", insiste Élisabeth Lavault, qui souhaiterait qu'à l'avenir, chaque promo soit parrainée à l'instar de ce qui se fait dans les écoles. De quoi donner à Stendhal des faux airs d'université américaine !

(1) Enquête de l'Obervatoire de l'insertion professionnelle de l'université Stendhal menés auprès de 590 diplômés.

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