Agroressources et biotechnologies : la licence pro innovante de l’UEVE

Par Sophie Blitman, publié le 07 Juin 2011
4 min

Créées en 1991, les 4 universités nouvelles d’Île-de-France visaient à proposer des formations professionnalisantes de proximité. Comment cela se traduit-il aujourd’hui pour les étudiants de l'UPC, de l'UEVE, de l'UPEMLV et de l'UVSQ ? Notamment par l’offre de licences pro de pointe dans des secteurs aussi variés que l’hôtellerie-restauration, l’import-export, le bâtiment ou les biotechnologies. Zoom sur 4 exemples.

Quand l’université d’Évry–Val-d’Essonne, spécialisée dans les biotechnologies, s’intéresse aux végétaux utilisés comme matières premières pour l’énergie, la chimie ou les matériaux, cela donne la licence professionnelle BAIA (biotechnologies appliquées aux industries des agro-ressources), qui ouvre à la rentrée 2011.

UEVE : filière biotechnologieSituée à proximité du bioparc Genopole et forte de ses nombreux laboratoires de recherche, en génomique et postgénomique, l’UEVE (université d’Évry–Val-d’Essonne) a fait des biotechnologies sa spécialité. Un secteur porteur qui ne cesse de trouver de nouvelles applications.

Parallèlement, à l’heure du développement durable, les agroressources, ces végétaux qui servent de matières premières renouvelables pour l’énergie, la chimie ou les matériaux, ont le vent en poupe. Du croisement de ces 2 domaines est ainsi née la licence pro BAIA (biotechnologies appliquées aux industries des agro-ressources).

 
Besoin des industriels

 
“Historiquement, explique Bénédicte Sturbois, directrice du département de biologie de l’UEVE, le travail sur les agroressources se faisait plutôt par la voie chimique, pour purifier par exemple certains produits. On utilisait très peu la voie biotechnologique. Mais récemment, diverses entreprises ont lancé des programmes pilotes de recherche et savent aujourd’hui qu’il y a un potentiel en la matière.”

Elles vont dès lors avoir besoin de personnes capables d'utiliser ces 2 techniques complémentaires : en fonction du type de plantes et de molécules, certaines transformations ne peuvent en effet se faire que de façon chimique ou, à l’inverse, que par la voie biotechnologique. Voilà ce qui a motivé la création de cette licence professionnelle BAIA, qui ouvre à la rentrée 2011 en partenariat avec la CCI (Chambre de commerce et d’industrie) d’Eure-et-Loir.

 
Une formation pratique accessible aux biologistes et aux chimistes

 
Exclusivement proposée en apprentissage, la formation se déroulera alternativement au CFA d’Évry et sur le campus de la CCI de Chartes. Des logements devraient être mis à disposition des étudiants pour leur permettre de suivre les cours aux deux endroits.

Comme c’est généralement le cas pour les licences pro, celle-ci affiche une orientation très pratique : la moitié des cours sera assurée sous forme de TP. Outre les biotechnologies et la chimie, une partie du programme s’intéressera, de manière très professionnelle, à la valorisation des agroressources du point de vue économique et industriel. “Un tiers des enseignements sera dispensé par des professionnels du secteur”, précise Bénédicte Sturbois, responsable de la licence BAIA.

Si elle s’adresse plutôt à des titulaires d’un BTS (brevet de technicien supérieur) ou d’un DUT (diplôme universitaire de technologie) en biologie ou en chimie, la formation accueillera aussi des étudiants de L2 (2e année de licence) dans l’une ou l’autre de ces disciplines. Pour remettre tout le monde à niveau, une semaine d’harmonisation est prévue au début de la formation.

 
BTP, environnement, cosmétologie… : des secteurs multiples

 
À l’issue de leur cursus, “les étudiants pourront travailler sur des missions de production ou fabrication qui intègrent par exemple la transformation des agroressources, mais aussi s’attacher à adapter un outil de production permettant d’utiliser une matière première qui a un intérêt économique important”, détaille Bénédicte Sturbois. Le contrôle qualité devrait aussi offrir des opportunités, tant en ce qui concerne l’application des normes que la vérification des processus de production.

Les secteurs d’activités, quant à eux, sont extrêmement variés. En effet, les agroressources sont utilisées aussi bien pour créer des lubrifiants que dans le BTP pour la fabrication de panneaux isolants, mais aussi la plasturgie, la pharmacologie et la cosmétologie. “De nombreux domaines dans lesquels les apprentis devraient trouver des entreprises d’accueil”, estime Bénédicte Sturbois.

Enfin, l’environnement au sens large reste pourvoyeur de débouchés dans les agroressources, à travers, par exemple, le travail sur des plantes plus résistantes à la sécheresse, l’étude des propriétés détoxifiantes d’autres espèces, la mise au point de biocarburants, ou encore l’utilisation de plantes à haut pouvoir calorifique dans le secteur des énergies renouvelables.

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