1. “J'ai choisi de camoufler mon handicap dans mon CV”

“J'ai choisi de camoufler mon handicap dans mon CV”

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Seuls 2 bacheliers en situation de handicap sur 10 poursuivent leurs études dans l'enseignement supérieur, et ils ne sont que 4 % à intégrer une grande école. Pourtant, universités et écoles se bougent pour inverser cette tendance, soutenues par les entreprises, soumises à de fortes pénalités financières si elles ne respectent pas leur quota de travailleurs handicapés. État des lieux et témoignages de 4 jeunes qui ont osé aller plus loin que le bac.

Inscrite en master 1 à l’université de Versailles-Saint-Quentin, cursus qu’elle suit en apprentissage chez Dassault Système, Lorraine, 23 ans, a préféré ne pas mettre en avant sur son CV qu’elle était atteinte d'une agénésie tibiale bilatérale pour sa recherche de contrat.

Plus exigeant avec soi. “Même si je me déplace en fauteuil, je ne me suis jamais sentie handicapée. J'ai juste l'impression d'avoir moins le droit à l'erreur que les autres, ce qui a toujours été un moteur. Je n'ai pas eu de problèmes pour trouver un collège et un lycée aménagés, et j'ai uniquement fait ma terminale ES dans un établissement spécialisé. En comparaison avec les autres handicaps représentés – très lourds pour la plupart –, je me sentais valide.”

Apprentie chez Dassault Système. “Après le bac, je me suis inscrite en droit à l’université de Versailles-Saint-Quentin. C'est une université très récente, donc il n'y a pas de souci d'accessibilité. Mon master stratégies de développement durable et responsabilité sociale des entreprises s’effectue en apprentissage et je travaille chez Dassault Système, que j'ai connu à l'occasion d'un forum organisé par l'association Tremplin. Le quotidien en fauteuil y est particulièrement simple, car tout est parfaitement adapté et je n'ai jamais de détours à faire, contrairement à d'autres structures. J'avais une appréhension avant de commencer, mais comme d'autres personnes sont en fauteuil, le regard de mes collaborateurs s'y était habitué. Et puis, j'ai ma propre voiture, donc, je suis totalement indépendante !”

Ne pas vendre son handicap. “Tout se passe très bien pour moi, mais je sais que beaucoup d'entreprises sautent sur les handicapés pour gonfler leurs effectifs, et proposent des postes qui ne sont pas à la hauteur du diplôme. Certains étudiants mettent leur handicap en avant, dans le titre même de leur CV, c'est un argument négatif. Sur les conseils d'une juriste handicapée, j'ai choisi de camoufler le mien. Dans la catégorie ‘Divers’, je mentionne simplement que j'ai fait de la natation-handisport. Pour comprendre que j’ai un handicap, le recruteur doit donc lire mon CV jusqu'au bout.”

Photo : Eric Garrault
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Marie-Anne Nourry
Mars 2011
Sommaire du dossier
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