1. “Malgré mon handicap, j’ai été reçue à 5 écoles du concours Passerelle”

“Malgré mon handicap, j’ai été reçue à 5 écoles du concours Passerelle”

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Seuls 2 bacheliers en situation de handicap sur 10 poursuivent leurs études dans l'enseignement supérieur, et ils ne sont que 4 % à intégrer une grande école. Pourtant, universités et écoles se bougent pour inverser cette tendance, soutenues par les entreprises, soumises à de fortes pénalités financières si elles ne respectent pas leur quota de travailleurs handicapés. État des lieux et témoignages de 4 jeunes qui ont osé aller plus loin que le bac.

Pour Émilie, 22 ans et en 2e année à l'ESC Chambéry, hors de question que la mucovisidose dont elle est atteinte constitue un frein à ses ambitions.

Aménager les horaires. “Ma maladie étant évolutive, ce n'est qu'à partir du lycée que j'ai commencé à avoir besoin d'aménagements. J'ai ainsi passé le bac en tiers temps. Mes professeurs voulaient que je fasse une prépa, mais les médecins s'y sont opposés, j'ai donc choisi un DUT [diplôme universitaire de technologie] techniques de commercialisation, dont le rythme est moins intensif. Pour mes recherches de stages, j'attendais la fin des entretiens pour mentionner ma maladie, en expliquant que j'avais besoin d'horaires aménagés à cause des perfusions le matin et des séances de kiné le soir. Je rattrapais mes heures le midi, bien qu'on ne m'y ait jamais obligée.”

La galère des concours. “Quand j'ai passé le concours Passerelle, il n'y avait pas encore de dispositif handicap. J'ai donc passé les écrits sans tiers-temps et sous perfusion portable. Ensuite, ne voulant pas me restreindre à une seule école, je me suis rendue seule dans 6 villes différentes pour les oraux. C'était compliqué pour organiser les soins et je dormais à l'hôtel pour des raisons d'hygiène, alors que les autres étaient logés chez l'étudiant. À mon retour, j'étais épuisée. Pour autant, ça ne m'a pas pénalisée, car j'ai été reçue à 5 écoles !”

L’ESC Chambéry, une école humaine. “J'ai choisi l'ESC Chambéry, car c'est la plus proche de chez moi et surtout celle qui m'a paru la plus humaine. Ayant été immédiatement placée sur liste d'attente de greffe bipulmonaire, j'ai suivi mes cours et passé mes examens par correspondance, ce qui nécessite beaucoup de rigueur. De la même manière, j'ai fait un stage de 4 mois par télétravail dans une PME de 25 salariés. J'étais présente dans l'entreprise un après-midi par semaine. Ça a très bien fonctionné.”

En attendant sa greffe, Émilie a marqué une pause dans sa scolarité. Comme elle va bientôt devoir commencer à rembourser son prêt, il est question qu'une entreprise la parraine pour financer ses 3 années d'école. En contrepartie, elle devra effectuer ses 2 derniers stages dans cette entreprise.

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Marie-Anne Nourry
Mars 2011
Sommaire du dossier
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