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Décryptage

Coronavirus : comment valider son année de Sciences po à l’étranger ?

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Avant le début de la crise liée au coronavirus, 1.770 étudiants de Sciences po étaient en cours de scolarité à l’étranger dans 80 pays. // © Fred MARVAUX/REA
Avant le début de la crise liée au coronavirus, 1.770 étudiants de Sciences po étaient en cours de scolarité à l’étranger dans 80 pays. // © Fred MARVAUX/REA

La pandémie de coronavirus qui touche plus d’un million de personnes dans le monde perturbe fortement le cursus des étudiants à l’étranger. À Sciences po, tous les étudiants passent obligatoirement une année à l’étranger. Les IEP trouvent des solutions pour que les étudiants valident leur semestre malgré un retour anticipé ou un confinement imposé.

"Lorsque la crise du coronavirus a éclaté en Chine, nous avions plus de 1.770 étudiants en cours de scolarité à l’étranger, à travers 80 pays dans le monde", raconte Vanessa Scherrer, directrice des affaires internationales à Sciences po Paris. Un vrai casse-tête pour l’institution, d’autant que ces étudiants ne sont pas tous de nationalité française.

La grande partie effectuait un échange universitaire ou un stage dans le cadre de leur 3e année à l’étranger. D’autres étaient en césure, en master, ou en doctorat.

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Un retour fortement conseillé

"La question était d’abord de savoir s’ils restaient ou pas dans le pays. La santé physique de nos étudiants passe en premier. Le retour n’a pas été imposé mais il a été fortement conseillé", poursuit la responsable. Aujourd’hui, 1.250 étudiants sont rentrés chez eux, que ce soit en France ou pas, et 450 ont souhaité rester dans le pays où ils étaient. Certains sont particulièrement suivis car ils veulent rentrer mais n’y arrivent pas, à cause de fermetures de frontières et ou d’annulation de vols.

Vient ensuite la question de la continuité pédagogique, puisque de nombreuses universités dans le monde ont dû fermer. Deux solutions pédagogiques ont été trouvées.

Continuer son semestre en ligne

La première consiste à continuer l’échange universitaire ou le stage, que ce soit en présentiel ou en ligne. L’année complète se déroule alors comme prévu, selon les modalités de continuation définies par l'université partenaire. Cette solution concerne 1.150 étudiants de Sciences po Paris.

La seconde concerne les 200 étudiants qui ne sont pas en mesure d’avoir une continuité pédagogique. Soit parce qu’ils ont quitté le pays et que l’université ne donne pas de cours en ligne, soit parce que les décalages horaires rendent les cours en ligne impossible, ou bien parce qu’ils ont des problèmes de santé.

Réaliser un "mini-mémoire"

"C’est là le vrai problème, et une déception pour ces étudiants. À la place, ils feront un travail personnel encadré depuis chez eux", explique Vanessa Scherrer. Ce travail d’une vingtaine de pages devra être proche de leur majeure et de leur séjour d’études. Un enseignant référent les aidera dans la rédaction de ce " 'mini-mémoire' ".

Ainsi, tous les étudiants valideront leur 3e année, malgré ce contexte particulier.

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Suivre les consignes de l’établissement partenaire

À Sciences po Bordeaux, 400 étudiants sont à l’étranger chaque année, dont 230 dans le cadre de la deuxième année obligatoire à l’étranger. L’établissement recommande fortement de rentrer en France, comme préconisé par le ministère de l’Enseignement supérieur, mais laisse aussi le choix à ses étudiants. Quant aux consignes, elles sont données par les écoles partenaires. "Nous demandons aux étudiants de se conformer aux décisions du pays et de l’école où ils sont. Nos partenaires ne nous disent pas quoi faire avec leurs étudiants en échange à Sciences po, c’est pareil dans l’autre sens. Nous leur faisons totalement confiance", explique Ludovic Renard, directeur des relations internationales à Sciences po Bordeaux.

Parmi les 230 étudiants qui étaient à l’étranger pour leur deuxième année d’études, 130 ont pris la décision de rentrer. Les autres sont, en très grande majorité également, confinés dans leur pays d’accueil. "Qu’ils soient sur place ou de retour en France, plus de la moitié des étudiants pensent pouvoir valider leur semestre grâce au plan de continuité de nos partenaires. Si les institutions leur ont demandé de se désinscrire d’un cours ou leur demandent de venir passer l’examen en présentiel, nous ne tiendrons pas compte du cours en question pour valider l’année", précise Ludovic Renard.

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Crédits ECTS neutralisés

Quant aux étudiants qui ne pourront suivre leurs cours, Sciences po Bordeaux a décidé de ne pas leur créditer le semestre d’emblée afin de les "responsabiliser". Une attention toute particulière sera portée aux étudiants qui ont eu un mauvais 1er semestre. Au moment de la validation, le jury délibérera sur leur cas. "Cela concerne seulement une dizaine d’étudiants et nous seront bienveillants au vu de la situation exceptionnelle", rassure Ludovic Renard.

Pour la petite moitié des étudiants qui n’a pas de plan d’activité dans son université partenaire, "les crédits ECTS seront neutralisés afin qu’ils puissent passer en 3e année". Un dispositif qui a déjà été utilisé, dans le cas d’un enseignant défaillant par exemple. Comme à Sciences po Paris, l’IEP de Bordeaux se veut donc rassurant : tous les étudiants pourront valider leur 2e semestre.

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