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Masters de Sciences po : quelles études postbac pour rejoindre un IEP à bac +3 ?

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Vous avez raté les concours d’entrée aux IEP à bac+0 mais vous n’abandonnez pas pour autant l’idée de suivre vos études à Sciences po ? Quelles filières vous préparent le mieux aux sélections pour rejoindre Sciences po en master ? Entre les prépas littéraires, la fac ou l’étranger, quelle sera la filière la plus stratégique ? Nos conseils.

Avant tout, une règle à ne pas oublier : "Il ne faut pas tout miser sur Sciences po, indique Michèle Milet, directrice de la prépa Sciences po de Paris 1. Sachant qu’il y a à peine 8 à 9 % d’admis en M1 à Paris, cela reste très aléatoire".

En gardant cela à l’esprit, vers quelle filière est-il plus judicieux de se tourner après le bac avant de rejoindre un IEP à bac+3 ? Première option : passer 3 ans en fac pour décroche une licence ; deuxième option : se diriger vers une prépa littéraire et enchaîner après sa khâgne sur une L3. Petite subtilité, certains concours d’entrée en 4e année des IEP sont ouverts aux khâgneux (admissibles et sous-admissibles aux ENS, par exemple à l’IEP de Paris), également à ceux qui choisissent de cuber leur khâgne.

Si vous optez pour l’université, où s’inscrire ? "Tout simplement dans les filières classiques, c’est-à-dire celles les plus orientées vers les disciplines et spécialités que nous développons à Sciences po", indique Vincent Hoffmann-Martinot, à la tête de l’IEP bordelais.

Droit, histoire ("plutôt contemporaine qu’antique"), économie, géo ("surtout en aménagement et urbanisme"), socio, langues, ou même philo, détaille-t-il. "La plupart des étudiants qui entrent à Sciences po en master viennent des filières littéraires ou économique et juridique", confirme Michèle Milet, qui prépare une centaine d’étudiants chaque année au concours de l’IEP parisien.

La bi-licence : une option stratégique


Mais le plus important, c’est de se passionner pour la matière choisie, selon André de Séguin, directeur adjoint d’Ipesup-Prepasup, en charge du département Sciences po. "Sinon, l’étudiant n’aura pas le niveau nécessaire car le programme des options (1) du concours regroupe tout ce qu’ils ont fait dans la matière pendant leur licence."

Autre bonne carte à jouer, selon Pierre Mathiot, directeur de l’IEP lillois : la bi-licence (droit-langue, histoire-langue, droit-éco, etc.). "C’est un moyen de vous distinguer mais aussi de mobiliser des concepts venant d’autres disciplines lors des épreuves", confirme Hervé Crès, directeur des études de l’IEP parisien. D’autant que ces formations sont souvent plus exigeantes en charge de travail. »

La prépa littéraire : efficace mais pas obligatoire


Et pour ceux qui préfèreraient passer par une prépa pour se donner plus de chances à la sélection en master d’un IEP ? Les qualités rédactionnelles, la rigueur méthodologique, les heures de langues et d’histoire sont autant d’atouts non négligeables. A Sciences po Lille, sur les 40 élèves entrés en 4e année par le concours, près de 25 sont passés par une prépa littéraire. A Paris, près de 25 % des admissibles également. "Les khâgneux ont plus de facilités pour entrer à Sciences po", reconnait Michèle Milet.

"Il est certain qu’ils disposent d’un bagage scolaire plus lourd que celui d’un étudiant de fac. En tous cas, ils passent plus facilement l’écrit, estime André de Séguin. Mais moins bien à l’oral !". En effet, si vous réussissez l’écrit, ce n’est qu’une première étape. Un entretien d’admission vous attend dans la plupart des IEP et il n’a rien d’évident. "Etant donné l’investissement de travail qu’ils ont fourni en prépa, ils n’ont pas forcément la maturité nécessaire pour l’entretien", explique André de Séguin. "Souvent, ils n’ont jamais fait de stage", renchérit Michèle Milet. Un élément décisif car présenter un véritable projet professionnel n’est pas négociable pour réussir un oral d’entrée en master.

Prendre la filière la moins compétitive


Pour Hervé Crès, la meilleure stratégie est tout simplement de choisir les filières les moins empruntées par les autres candidats. Donc en l’occurrence : pas la khâgne ! Même s’il s’agit d’une très bonne formation selon lui. "Si les étudiants se donnent avec la même énergie dans les études à l’université qu’en khâgne, ils auront beaucoup plus de chances de se distinguer au concours", estime le responsable de l’institut parisien.

Pour prendre votre décision, un dernier conseil de Pierre Mathiot, à la tête de l’institut lillois : le principe de "plaisir" doit dominer votre choix. "Faites une prépa si vous en avez envie mais surtout pas parce que vous vous dites que c’est le meilleur moyen d’avoir Sciences po ! Si un jeune veut intégrer un IEP mais qu’il ne se sent pas d’aller en hypokhâgne, qu’il aille à l’université, sans hésiter !"

Entrer à Sciences po après 3, 2 ou 1 année d’études : La majorité des IEP ouvre aux étudiants une voie d’accès en quatrième année par concours. La condition : avoir validé 3 années d’études. Les khâgneux ont parfois un accès direct aux concours.

Une autre procédure d’entrée en 4e année pourrait également s’ouvrir aux khâgneux, admissibles ou sous-admissibles aux ENS, dans les 6 IEP du concours commun. Ces profils seraient dispensés des épreuves écrites de chacun des IEP du concours commun et passeraient simplement un oral (Lire l'article à ce propos, sur Educpros).

Autre possibilité : essayer d’entrer en deuxième année. La plupart des IEP de province organisent un concours d’entrée destiné aux étudiants qui ont validé une année d’études (hormis Rennes qui exige une L2 ou une khâgne). Attention, les épreuves des concours de chaque IEP sont bien spécifiques et commencent dès le mois de mars pour certains. Renseignez-vous sur le site de chacun des IEP.

Dernière option : retenter à bac+1 d’intégrer les IEP de province en première année. Au choix : en repassant le concours commun, celui de Grenoble, ou encore en essayant le concours d’entrée en 1ère année de l’IEP bordelais destiné aux bac+1.



(1) Par exemple, l’épreuve au choix du concours de Sciences po Paris : histoire, droit civil, droit économique, économie, gestion des entreprises, institutions politiques, droit public, méthodes quantitatives, note de synthèse ou connaissance et critique de l’actualité (uniquement pour les candidats à l’école de journalisme).
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Entrer en master à Sciences po : essayez de vous différencier